Vente d’Alstom : Emmanuel Macron devrait rendre des comptes, pour Arnaud Montebourg
Interrogé sur la responsabilité d’Emmanuel Macron dans la vente controversée d’Alstom à l’américain General Electric, l’ancien ministre du Redressement productif a rappelé que tout responsable devait rendre des comptes sur le plan politique, comme cela se fait depuis l’Athènes antique. À ceci près que la procédure s’est bien assagie.

Vente d’Alstom : Emmanuel Macron devrait rendre des comptes, pour Arnaud Montebourg

Interrogé sur la responsabilité d’Emmanuel Macron dans la vente controversée d’Alstom à l’américain General Electric, l’ancien ministre du Redressement productif a rappelé que tout responsable devait rendre des comptes sur le plan politique, comme cela se fait depuis l’Athènes antique. À ceci près que la procédure s’est bien assagie.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La vente en 2014 de la branche énergie d’Alstom au groupe américain General Electric reste en travers de la gorge de l’ancien ministre socialiste du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Auditionné au Sénat sur les cessions d’entreprises, et les manières de les prévenir, le prédécesseur d’Emmanuel Macron à Bercy a reproché à François Hollande et à son cabinet de l’époque d’avoir manqué de combativité dans ce dossier, et d’être à l’origine d’une « erreur majeure ».

L’annonce en mai de la suppression de plus de 1000 emplois par General Electric sur le site de Belfort d’Alstom, a sonné comme un coup de massue dans ce territoire. Martial Bourquin, le sénateur (PS) du Doubs, le département voisin, a évoqué le rôle d’Emmanuel Macron dans la cession, finalisée à une époque où il était en poste comme ministre de l’Économie. « Si demain il y a procès qui s’ouvre, est-ce que la responsabilité personnelle d’Emmanuel Macron n’est pas engagée sur ce dossier ? »

« Bon, non n’en sommes heureusement pas là »

« La responsabilité politique d’un ancien ministre, c’est d’accepter de rendre des comptes », a répondu Arnaud Montebourg, avant de se lancer dans un cours d’histoire. L’actuel entrepreneur (dans le secteur du miel) a rappelé que la reddition des comptes se pratiquait dans l’Athènes de Périclès, au Ve siècle avant notre ère. Les fins de mandat pouvaient être redoutées. Et les sanctions variables, allant d’une simple exclusion de la cité (l’ostracisme) à d’autres, bien plus sévères, pour les fautes les plus graves. « Vous savez, à l’époque, la reddition des comptes, lorsque dans l’agora, un magistrat avait mal agi, cela pouvait se terminer par la lapidation », a exposé l’ancien ministre. Avec un petit sourire, il a précisé que le contrôle des décisions publiques était tombé aujourd’hui dans l’excès inverse. Et qu’il s’agirait de rehausser l’exercice.

« Bon, non n’en sommes heureusement pas là. Nous avons des commissions d’enquête amicales, courtoises, où on répond de nos actes. Nous avons civilisé la reddition des comptes. Je trouve parfois qu’on devrait la durcir […] L’action du Parlement doit être plus agressive, plus offensive sur son contrôle. Je ne peux que vous y encourager. »

Premier ministre de l’Économie du quinquennat de François Hollande, il a répété qu’il s’était soustrait de bon cœur à l’invitation des sénateurs. « Dans le cas des différentes procédures ouvertes, on vient me demander mon avis, mon témoignage, je le donnerai volontiers. Je réponds de mes actes. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le