19 millions de Français sont concernés par le revenu universel de Benoît Hamon
Benoît Hamon a expliqué sa proposition de revenu universel, ce jeudi à Paris. 19 millions de Français sont concernés par cette mesure, dès le 1er janvier 2018.

19 millions de Français sont concernés par le revenu universel de Benoît Hamon

Benoît Hamon a expliqué sa proposition de revenu universel, ce jeudi à Paris. 19 millions de Français sont concernés par cette mesure, dès le 1er janvier 2018.
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Jeudi 15 mars à Paris, lors de la présentation de son programme, Benoît Hamon a rappelé sa proposition de revenu universel d’existence. "Cela représente un gain de pouvoir d’achat pour tous les citoyens dont les revenus sont inférieurs à 2 200 euros net. Dès le 1er janvier 2018, 19 millions de Français verront une évolution de leur revenu net."

Relancer la croissance par la consommation

Pour un salarié au SMIC, ce revenu universel représenterait 2 mois de salaires supplémentaires. "Le SMIC net passera de 1150 euros à 1350 euros par mois. Je suis le candidat du pouvoir d’achat et de la feuille de paie." Selon lui, cette mesure "va permettre d’injecter des milliards d’euros dans la consommation et aura des conséquences positives pour la croissance."

Le revenu d'existence de Benoît Hamon est-il vraiment universel ?

La première étape du revenu universel de Benoît Hamon
01:54

Les opposants au revenu universel d’existence proposé par Benoît Hamon évoquent un coût exorbitant pour les finances publiques, de l’ordre de 300 milliards d’euros, soit l’équivalent du budget de l’Etat. Le candidat socialiste répond que son revenu coûtera en réalité dix fois moins. Il l’a chiffré, la semaine dernière, à 35 milliards d’euros, un coût légèrement en-dessous de celui du pacte de responsabilité.

Mais ces deux chiffres ne désignent pas le même revenu universel. Les 300 milliards d’euros concernent un revenu de 750 euros, versé à tous les citoyens majeurs, ce qui serait le projet à long-terme de Benoît Hamon, au-delà de son quinquennat.

Un revenu décent comme première étape du revenu universel

Le chiffre de 35 milliards d’euros, sur lequel s’est engagé Benoît Hamon, concerne la première étape de la mise en place de son revenu universel, c’est-à-dire un revenu de 600 euros versé à tous les bénéficiaires du RSA, aux jeunes de 18-25 ans sous conditions de ressources, et aux salariés touchant jusqu'à 1,9 SMIC. Benoît Hamon réaliserait cette première étape dès 2018.

Ce RSA augmenté n’est donc pas universel et se rapproche du revenu décent proposé par Manuel Valls lors de la primaire de la gauche : un revenu versé à tous dès 18 ans, mais sous conditions de ressources. L’Institut Montaigne avait évalué le coût de ce revenu décent à 32 milliards d’euros.

Benoît Hamon recule sur le revenu universel des jeunes

Le revenu universel de Benoît Hamon sera versé aux jeunes sous condition de ressources
00:49

Dans la première étape de son revenu universel, le candidat socialiste avait prévu de verser l’allocation de 600 euros à tous les jeunes de 18-25 ans, sans condition de ressources, afin de leur donner une autonomie durant leurs études et de leur éviter des petits boulots trop contraignants.

Mais Benoît Hamon a finalement assuré, jeudi soir sur le plateau de l’Emission politique, que ce revenu serait versé aux jeunes sous conditions de ressources et non à tous les jeunes : “Non pas tous... pas tous... Si vous sortez d'HEC et que vous êtes à 3 000 euros, vous êtes aussi au-dessus d'1,9 SMIC. Tous les jeunes quand ils sont étudiants, de 600 euros ou d'un peu moins quand ils ont un petit boulot, mais [pas] pour tous les autres qui travaillent”

La deuxième étape de la mise en place du revenu universel de Benoît Hamon consistera en une grande conférence citoyenne organisée en 2019 pour dessiner les contours du futur revenu universel. Le but serait alors de verser 600 euros à tous les citoyens puis au final 750 euros. Ce revenu aurait alors bien un caractère universel mais son coût n’est pas précisé par le candidat...

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le