« 45 jours en centre de rétention, c’est trop et ça ne sert à rien » alerte Adeline Hazan
Invitée de l’émission Sénat 360, Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de liberté, s’est montrée sévère sur les conditions et la durée de placement en centre de rétention administratif des personnes en situation irrégulière.

« 45 jours en centre de rétention, c’est trop et ça ne sert à rien » alerte Adeline Hazan

Invitée de l’émission Sénat 360, Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de liberté, s’est montrée sévère sur les conditions et la durée de placement en centre de rétention administratif des personnes en situation irrégulière.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La commission nationale consultative des droits de l’Homme s’est alarmée, hier, « de certaines orientations des politiques migratoires envisagées par le nouveau gouvernement et de la multiplication des violations des droits fondamentaux des personnes migrantes observées sur le terrain ». Sur Public Sénat, Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de liberté ne dit pas autre chose. « Ce que nous constatons dans les centres de rétentions administratifs, c’est que les droits des personnes sont mal respectés » (…) Mais la véritable question c’est aussi la durée de placement en centre de rétention(…) 45 jours, moi j’ai toujours dit que c’est trop et que ça ne servait à rien » a-t-elle affirmé. La rétention administrative permet de retenir un étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement dans l'attente de son renvoi forcé. 

« Par expérience », selon elle, le délai suffisant est de 12 jours pour renvoyer une personne dans son pays d’origine. « Sinon, ça veut dire qu’elle ne pourra pas l’être (expulsée) parce que cela veut dire que pays d’origine refuse de la reconnaître comme ressortissant ». Adeline Hazan rappelle également que le projet de loi immigration à pour objet notamment de faire passer ce délai de placement en centre de rétention à 90 jours. « Ce qui serait un recul extrêmement important des droits fondamentaux. D’autant qu’on sait qu’il y a de plus en plus d’enfants dans ces centres de rétentions administratifs »

En ce qui concerne les mineurs justement, Adeline Hazan a réagi à un reportage de Public Sénat sur les mineurs isolés. Ils seraient 18000 en France. La contrôleure générale des lieux de privation de liberté a fustigé « une pratique qui est en train de s’accélérer, de retour immédiat de ces mineurs sans que l’on puisse vérifier s’ils sont bien mineurs ». Alors « que dans l’attente de cette vérification, les mineurs doivent être placés sous la protection de l’aide sociale à l’enfance ». Édouard Philippe s’exprimera sur ce sujet jeudi devant l’Assemblée des départements de France.

Enfin, Adeline Hazan  a déploré que depuis quelques années,  la notion de droit fondamental passe au second plan « comme un luxe qu’on ne peut plus se permettre ». « Les droits fondamentaux doivent être respectés quel que soit le contexte ».

« Les droits fondamentaux doivent être respectés quel que soit le contexte » rappelle Adeline Hazan
00:57

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

« 45 jours en centre de rétention, c’est trop et ça ne sert à rien » alerte Adeline Hazan
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le

« 45 jours en centre de rétention, c’est trop et ça ne sert à rien » alerte Adeline Hazan
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le