A Evry, ex-fief de Manuel Valls: « +Adios+ » et « bonne chance » à Barcelone
Alors que Manuel Valls vient d'officialiser sa candidature à la mairie de Barcelone, dans son ex-fief d'Evry où il a été maire...

A Evry, ex-fief de Manuel Valls: « +Adios+ » et « bonne chance » à Barcelone

Alors que Manuel Valls vient d'officialiser sa candidature à la mairie de Barcelone, dans son ex-fief d'Evry où il a été maire...
Public Sénat

Par Alexandra DEL PERAL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que Manuel Valls vient d'officialiser sa candidature à la mairie de Barcelone, dans son ex-fief d'Evry où il a été maire pendant onze ans, puis député, on lui souhaite "bonne chance" tout en assurant vouloir "tourner la page".

"Ah Manuel, c'était notre champion !", s'exclame Yves Braun, retraité de 64 ans. "Ca me rend triste de le voir partir à Barcelone parce que c'était un excellent maire", enchaîne-t-il.

A ses côtés, Véronique Daurey, retraitée de l'enseignement, ne peut s'empêcher de froncer les sourcils. "Pour moi c'est un arriviste", finit-elle par lâcher.

"Je l'aimais bien au départ, j'ai même voté pour lui plusieurs fois. Il était dynamique et avait cette façon de parler qui était très directe et franche... Mais tout ça, c'était juste pour servir ses ambitions. Alors qu'il s'en aille ! Et bon vent !", s'emporte-t-elle.

"On lui souhaite bonne chance", tente de nuancer Yves sous le regard réprobateur de son amie.

Assise à la terrasse d'un café du centre-ville, Fatou, 24 ans, étudiante en gestion, explique d'abord ne pas "(s)'intéresser à la politique" puis, admet avoir un avis "tranchant et tranché" sur Manuel Valls, qui a officialisé sa décision au Centre de culture contemporaine de Barcelone.

"La seule chose que j'aie envie de dire, c'est +Adios+. Les polémiques sur tout et tout le temps, c'est fini. Il fera ça ailleurs", exulte-t-elle avant de reprendre une gorgée de café.

A l'évocation de l'ancien député-maire, les réactions sont souvent tranchées, voire pour certains épidermiques. Habitué du "parler cash" et des saillies sèches, Manuel Valls s'est construit en briseur de tabous à gauche et a aussi dérouté et heurté nombre de ses administrés.

- "On l'aime ou on le déteste" -

"Valls, on l'aime ou on le déteste. Il n'y a pas de juste milieu", résume Marie, une infirmière de 31 ans qui veut garder l'image d'un maire "présent et disponible".

Lancé très jeune en politique, Manuel Valls, arrive à la tête de cette ville nouvelle de plus de 50.000 habitants en 2001.

Située à une heure de Paris, cette commune populaire, métissée et jeune (un quart de la population a moins de 30 ans), aux allures parfois futuristes, sera un véritable tremplin pour le natif de Barcelone, lui offrant sa première expérience à la tête d'une collectivité.

A Evry, il développera les thèmes qui deviendront les piliers de sa politique: sécurité, laïcité intransigeante et goût pour l'entreprise.

Il fait installer des caméras de surveillance dans la ville et augmente les effectifs de la police municipale.

En 2003, il n'hésite pas à prendre un arrêté municipal ordonnant la fermeture d'un magasin qui commercialise uniquement des produits "hallal", arguant d'une forme de "ségrégation".

"Il a beaucoup fait pour la sécurité. Il y a eu un avant et un après Valls", salue Christine, une commerçante du centre-ville.

Avec l'élection de François Hollande en 2012, il quitte sa ville pour devenir ministre de l'Intérieur, puis Premier ministre. "Même lorsqu'il était au gouvernement, il revenait souvent à Evry. C'était une présence discrète mais il était là", se souvient Christine.

Pourtant, depuis son élection sur le fil à la tête de la première circonscription de l'Essonne en juin 2017, "on ne l'a pas beaucoup vu à Evry", déplore Marie, l'infirmière.

"Qu'il aille à Barcelone ça ne me dérange pas. Après tout, il est catalan ! Ce qui me dérange un peu, c'est sa façon de faire. Nous sommes les derniers au courant alors qu'il est notre député. A nous de tourner la page", poursuit-elle.

Son adversaire de la France insoumise, Farida Amrani, qui réclamait sa démission depuis plusieurs semaines, s'est félicitée sur Twitter de l'annonce de Manuel Valls d'abandonner son mandat de député, regrettant toutefois une annonce "en catalan depuis Barcelone".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

A Evry, ex-fief de Manuel Valls: « +Adios+ » et « bonne chance » à Barcelone
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le