La ministre des Outre-mer Annick Girardin a défendu la politique du gouvernement mercredi à La Réunion, tout en égrenant des mesures spécifiques pour l'île, secouée par des troubles nés du mouvement des "gilets jaunes".
Arrivée mercredi, la ministre a eu un premier contact avec les "gilets jaunes" rassemblés sur un barrage non loin de l'aéroport à Saint-Marie (nord). Elle a ensuite échangé pendant près de trois heures en préfecture avec une cinquantaine de "gilets jaunes" et des représentants de la société civile.
Alors qu'un appel à un blocage total circulait depuis lundi soir sur les réseaux sociaux, les "gilets jaunes" ont réussi le pari d'imposer un large black out. Une grande majorité de commerces ont gardé leurs rideaux baissés.
La vingtaine de barrages dressés sur les points stratégiques du réseau routier ont grandement entravé une circulation peu abondante, beaucoup d'automobilistes ayant fait le choix de rester chez eux.
Lors d'un discours, Mme Girardin a rappelé les mesures gouvernementales: suppression progressive de la taxe d'habitation pour 80% des foyers, revalorisation de 365 euros net par an de la prime d'activité pour les 60.000 Réunionnais qui en bénéficient, minimum vieillesse porté à 900 euros par mois.
Ces "mesures concrètes" prendront effet "dès le 1er janvier 2019" sur l'île, a indiqué la ministre.
La ministre des Outre-mer Annick Girardin (C) et le préfet de La Réunion Amaury de Saint-Quentin (C, gauche) arrivent à Sainte-Marie, le 28 novembre 2018, alors que des "gilets jaunes" protestent contre la hausse des prix des carburants et le coût de la vie
AFP
Mme Girardin a également annoncé des mesures spécifiques: création de 1.500 nouvelles places de crèches, de 15 nouveaux centres sociaux de proximité, de 5 "points conseil budget" pour accompagner les familles.
Elle a également annoncé un programme "pour permettre de baisser le prix des produits alimentaires pour les tout petits, comme le lait maternisé", et promis "des petits déjeuners offerts" dans les écoles "là où les enfants viennent le ventre vide le matin".
Lors des échanges, les revendications, exprimées parfois vivement, mais toujours avec courtoisie, ont souvent porté sur la cherté de la vie, le manque d'emploi, les inégalités sociales, sur la corruption supposée des élus, mais également sur les difficultés des entreprises touchées par la paralysie du réseau routier.
Le rectorat a annoncé en début de soirée qu'à l'exception des communes de Saint-Denis (nord) et de Sainte-Rose (est), toutes les écoles resteraient fermées jeudi. L'université ne rouvrira pas non plus jeudi.
Tous les collèges et lycées seront eux ouverts aux élèves et aux enseignants dès jeudi matin alors que la quasi totalité des compagnies de transports scolaires ont maintenu la suspension de leurs services.
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