A Marseille, un conseil municipal sous pression après le drame de la rue d’Aubagne
Le dernier conseil municipal de l'année s'est ouvert jeudi matin à Marseille sous la pression de quelque 300 manifestants...

A Marseille, un conseil municipal sous pression après le drame de la rue d’Aubagne

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Le dernier conseil municipal de l'année s'est ouvert jeudi matin à Marseille sous la pression de quelque 300 manifestants rassemblés une nouvelle fois devant l'Hôtel de ville, un mois et demi après l'effondrement mortel de deux immeubles vétustes du centre-ville.

Face aux manifestants, une cinquantaine de CRS protégeaient la mairie derrière un imposant barriérage, alors que les entrées au sein du bâtiment étaient minutieusement filtrées. Huit faux cercueils noirs en carton ont été alignés contre les barrières, une évocation des 8 personnes mortes dans l'effondrement de ces immeubles du quartier de Noailles.

"Ils ont peur, mais ils ont raison en même temps", ironisait un des manifestants de la Plaine, le surnom d'une grande place du centre-ville dont la rénovation fait polémique. Agé d'une trentaine d'années, lui est venu, avec ses camarades, pour "dénoncer l'incurie de la mairie et de son maire", Jean-Claude Gaudin.

A l'intérieur, ce dernier, au centre des critiques depuis la catastrophe, a ouvert le conseil par une minute de silence, en hommage aux victimes de la rue d'Aubagne, avant de prendre la parole: "J'ai entendu les douleurs, les colères et les critiques, et j'ai fait face dans la tempête".

"Il est facile pour certains de se transformer en procureur et de tirer des accusations et conclusions dans le moindre fondement", a poursuivi l'élu, appelant à "ne pas préjuger" des résultats de l'enquête judiciaire ouverte notamment pour "homicides involontaires".

Jean-Claude Gaudin a également annoncé devant le conseil municipal son intention de demander à l'Etat la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour l'effondrement mortel de la rue d'Aubagne --que la mairie avait attribué après le drame aux fortes pluies tombées sur Marseille dans les jours précédents, s'attirant les quolibets de nombreux habitants du quartier, qui ont de leur côté dénoncé l'inaction de la mairie contre l'habitat insalubre.

L'annonce de cette demande de classement en catastrophe naturelle a d'ailleurs été accueillie par les manifestants devant l'Hôtel de ville par des huées: "Gaudin, c'est toi la catastrophe naturelle!".

"20 millions pour détruire la Plaine, pas une thune pour sauver Noailles", "Plus de 12.000 personnes dorment à la rue. Marseille, réquisition inconditionnelle des logements vides", "L'école publique n'est pas à vendre" --une référence au partenariat public-privé à un milliard pour refaire les écoles souvent en mauvais état de la ville: les banderoles fleurissaient devant la mairie, traduisant la diversité de la colère des manifestants.

Et une heure environ après le début des débats, comme lors des précédentes manifestations qui ont suivi la catastrophe de la rue d'Aubagne, des "Gaudin démission!" ont été scandés.

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