A un mois des élections européennes du 26 mai, En Marche et le Rassemblement national sont solidement en tête des intentions de vote dans les...
A un mois des européennes, incertitude totale entre En Marche et le RN
A un mois des élections européennes du 26 mai, En Marche et le Rassemblement national sont solidement en tête des intentions de vote dans les...
Par Dominique CHABROL
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
A un mois des élections européennes du 26 mai, En Marche et le Rassemblement national sont solidement en tête des intentions de vote dans les sondages, mais l'incertitude est totale sur l'ordre d'arrivée, avec une campagne qui peine à démarrer, parasitée par l'actualité.
-Campagne express-
Court-circuitée jusqu'à présent par le grand débat pour sortir de la crise des "gilets jaunes", la campagne électorale patine. Alors que les instituts de sondage percevaient une légère hausse de l'intérêt des Français, celui-ci est retombé avec l'émotion suscitée par l'incendie de Notre-Dame et l'attente des annonces jeudi d'Emmanuel Macron. OpinionWay enregistre une baisse de 5 points des personnes qui se disent intéressées, à 52%, et Harris Interactive une baisse de 2 points à 57%. Rien d'alarmant, les campagnes pour les européennes ne s'animent habituellement que dans les toutes dernières semaines. La participation s'annonce en revanche plutôt en retrait par rapport aux 42,4% de 2014, autour de 40%/41% selon OpinionWay et l'Ifop. Ipsos l'évalue pour sa part dans une fourchette de 40%/44%.
-Trois listes au-dessus de 10%-
Contrairement aux précédents scrutins européens, où une liste s'était nettement détachée, LREM et le RN sont au coude-à-coude depuis plusieurs mois. "On est dans une incertitude très très forte, jamais vue sur une élection européenne ces dernières années", constate Frédéric Dabi directeur général adjoint de l'Ifop. Les lignes ne sont pas figées pour autant: si LREM a jusqu'à présent fait la course en tête avec de 21% à 24% d'intentions de vote, les instituts (Ifop et OpinionWay) ont donné à deux reprises le RN devant ces derniers jours, avec de 22,5% à 24%. Les électorats macronistes et lepénistes sont en outre de loin les plus mobilisés: autour de 80% de leurs électeurs potentiels se disent sûrs de leur choix.
Jordan Bardella, tête de liste RN aux élections européennes, le 20 avril 2019 à Beaucaire (Gard)
AFP
Derrière le duo de tête, seule la liste Les Républicains franchit la barre symbolique des 10%, avec 13% à 15% d'intentions de vote. Certains sondeurs y voient un petit "effet Bellamy" et relèvent le bon début de campagne de la tête de liste LR (François-Xavier Bellamy). Aucune autre liste n'atteint les 10%, dont La France Insoumise (9%) se rapproche cependant dans les dernières enquêtes. La dispersion à gauche, avec EELV crédité de 7% à 8%, le PS/Place publique à 6%, Générations et le PCF à 3%, empêche jusque-là le phénomène de vote utile qui conduit habituellement ses électeurs à se reporter sur la liste la mieux placée à gauche. A droite, Debout la France semble faire les frais de la remontée de la liste LR et n'est pas assuré d'obtenir les 5% nécessaires pour envoyer des élus au Parlement européen. Quant à une éventuelle liste Gilets jaunes, elle n'est créditée que de 2% à 3%.
-Effet Macron ?-
Les annonces d'Emmanuel Macron "peuvent faire bouger les choses dans le sens où le potentiel électoral d'En Marche est clairement indexé sur la popularité ou l'impopularité présidentielle", note Frédéric Dabi. Selon un sondage Harris interactive jeudi soir, 37% des Français qui ont au moins entendu parlé des annonces faites par le chef de l'Etat l'ont jugé "convainquant", contre 63% d'un avis contraire. L'attitude des électeurs de centre-droit, notamment des retraités, qui peuvent aller vers la liste LREM ou revenir à droite vers celle de LR en fonction des annonces présidentielles, sera selon les experts une clé du scrutin.
Principales têtes de liste françaises aux élections européennes
AFP
Plusieurs sujets émergent en ce début de campagne: le pouvoir d'achat, l'immigration, les impôts et la fiscalité, le développement durable... Mais les interrogations sur le rôle de l'Europe sont également présentes. "Sur les sujets uniquement de la campagne européenne, deux thèmes se détachent": les questions régaliennes, contrôle des flux migratoires et lutte contre le terrorisme, d'une part, les questions environnementales de l'autre, note Bernard Sananès président de l'institut Elabe. "Ca correspond à une opinion publique européenne qui s'est constituée ces dernières années sur ces deux grands sujets." Avec une prise de conscience que les solutions sont d'abord à l'échelle européenne sur les questions climatiques, migratoires ou sécuritaires.
Les têtes de liste ont jusqu'à présent privilégié les débats, moins coûteux que les meetings. La clôture du dépôt des listes, le 3 mai, et l'ouverture de la campagne officielle, le 13, devraient booster une campagne encore atone.
Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications
La création d’un droit à l’aide à mourir a été définitivement adoptée par les députés ce mercredi. Un dénouement législatif qui ne signifie pas une entrée en application immédiate. Le texte doit encore passer l’obstacle du Conseil constitutionnel et faire l’objet de décrets d’application qui mettront plusieurs mois à être publiés.
Avec le renouvellement sénatorial de septembre, les présidences des groupes politiques sont remises en jeu. Pour les écologistes, c’est la sénatrice des Français établis hors de France Mélanie Vogel qui est candidate, sans adversaire.
Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.