Afghanistan : la France arrête ses opérations d’évacuation vendredi soir
Ministres, sénateurs, et députés étaient réunis, mercredi soir, pour faire un briefing sur la situation en Afghanistan. L’occasion pour les élus de revenir sur la manière dont vont se dérouler les prochains jours.

Afghanistan : la France arrête ses opérations d’évacuation vendredi soir

Ministres, sénateurs, et députés étaient réunis, mercredi soir, pour faire un briefing sur la situation en Afghanistan. L’occasion pour les élus de revenir sur la manière dont vont se dérouler les prochains jours.
Public Sénat

Par Elodie Hervé

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En visio et à huis clos, les ministres Jean-Yves le Drian (Affaires étrangères) et Florence Parly (Armées) avaient donné rendez-vous, ce mercredi soir, aux deux chambres du Parlement pour faire un « briefing » sur la situation en Afghanistan. Côté Sénat, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées était présente et côté Assemblée nationale, deux commissions avaient fait le déplacement : celle sur la défense nationale et des forces armées et celle des affaires étrangères.

« Nous avons eu la confirmation qu’après le 31 août, plus aucun avion ne pourra décoller de l’aéroport de Kaboul », racontent plusieurs parlementaires présents ce mercredi soir. « Pour la France, les opérations vont s'arrêter vendredi soir », ajoute Christian Cambon (LR), sénateur et président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Une date butoir imposée par les Américains. 

LIRE AUSSI // En Afghanistan, les femmes attendent de savoir si elles vont être évacuées

L’aéroport sous contrôle américain

Confronté à un ultimatum des talibans, le président américain Joe Biden a confirmé, mardi, que les évacuations s’achèveraient la semaine prochaine, soit le 31 août. Et cela alors que des milliers d’Afghans sont massés depuis la prise du pouvoir par les talibans à l’aéroport de Kaboul dans l’espoir d’être évacués. Les Etats-Unis ont opposé une fin de non-recevoir pour une prolongation de leur présence sur place.

L’aéroport est totalement sous le contrôle américain, ajoute Gilbert Roger, sénateur socialiste de Seine Saint Denis.

« Par exemple, continue le sénateur socialiste, il y a trois accès différents à cet aéroport et certains jours, sans aucune raison ni explication, ils n’ouvrent qu’un seul accès. Leur décision de quitter Kaboul a dérouté l’intégralité de la communauté internationale.»

Pour contrer ses accusations, l’US Army publie depuis une semaine des photos de militaires américains qui s’occupent d’enfants. Des familles afghanes qui redoutent de mourir et / ou de ne pas pouvoir fuir confient leurs enfants en bas âge aux militaires dans l’espoir qu’eux survivent à cette situation chaotique.

« Il va y avoir des morts »

Avec le retrait américain de l’aéroport de Kaboul « cela va devenir de plus en plus compliqué de mettre à l’abri des personnes », continue le sénateur socialiste. « Chaque jour qui passe est un jour de plus en plus dangereux », ajoute Christian Cambon.

Depuis la prise de Kaboul par les talibans, la France a évacué 2500 personnes dont plusieurs Afghans, Afghanes et leur famille, souligne le sénateur LR.

Le 31 août, quand il n’y aura plus d’avions militaires à Kaboul, il va y avoir des morts, redoute Christian Cambon. Il est nécessaire d’accélérer pour faire sortir un maximum de personnes en une semaine.

« Le vrai visage des talibans »

Lui se dit inquiet aussi de la présence de la France au Mali et appelle de ses vœux à une réflexion sur la place des pays occidentaux dans les opérations extérieures. Il souligne aussi que les personnes évacuées doivent maintenant être bien prises en charge en France. « Il est nécessaire que ces personnes ne se retrouvent pas dans des hôtels miteux. Nous devons les accueillir avec respect et dignité et non les parquer comme on l’a fait avec les Harkis. »

En attendant la fin de la présence américaine à Kaboul, aucun parlementaire ni aucune association n’a été en mesure de savoir combien d’avions pourront décoller en une semaine. Et combien la France va pouvoir encore évacuer en un temps si court. « Une chose est sûre, souligne Claude de Ganay (LR), député du Loiret, passé cette date, nous redoutons des règlements de compte. Là, on verra le visage des talibans. »

LIRE AUSSI // Afghanistan : « On va avoir du sang sur les mains », dénonce la sénatrice Nathalie Goulet

MAJ 26 aout : le retrait de la France a été acté au vendredi soir.

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