La députée Agnès Thill, farouche opposante au projet gouvernemental d'étendre la PMA à toutes les femmes, a fini par être exclue mercredi de La...
Agnès Thill, farouche opposante à la PMA, exclue d’En Marche
La députée Agnès Thill, farouche opposante au projet gouvernemental d'étendre la PMA à toutes les femmes, a fini par être exclue mercredi de La...
Par Ludovic LUPPINO
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
La députée Agnès Thill, farouche opposante au projet gouvernemental d'étendre la PMA à toutes les femmes, a fini par être exclue mercredi de La République en Marche, en raison de "propos polémiques" et "pernicieux", sanction qu'elle a jugée "scandaleuse".
Déjà rappelée à l'ordre, l'élue de l'Oise, 55 ans, n'a cette fois-ci pas échappé à la sentence ultime de la commission des conflits du parti présidentiel, que réclamaient plusieurs membres du gouvernement, de la majorité parlementaire et des associations LGBT.
"Ces propos sont préjudiciables à la cohésion du mouvement et nuisent à son image", a estimé la commission qui, en février, n'avait adressé qu'une simple "mise en garde" à celle qui voulait incarner une "voix dissonante" au sein de la majorité sur la PMA (procréation médicalement assistée).
"La procédure est scandaleuse (...) Il n'y a rien dans ce dossier qui justifie de mon exclusion. Cela s'appelle un délit d'opinion que je contesterai", a réagi dans les couloirs du Palais Bourbon Mme Thill, jugeant l'attitude de son mouvement "sectaire".
Son avocat Me Richard Sebban avait évoqué mardi la possibilité d'engager "une saisine du tribunal de grande instance pour demander sa réintégration" en cas d'exclusion, après l'audition de sa cliente par la commission pendant près de deux heures mardi.
"C'est uniquement mes pensées différentes sur la PMA pour toutes qui valent mon exclusion. Et que l'on ne vienne pas me dire: +Non c'est la façon dont vous le dites+", estime l'ancienne directrice d'école qui tire à boulets rouges depuis des mois sur l'ouverture de la PMA aux couples lesbiens et aux femmes seules, une promesse du candidat Macron.
Le projet de révision des lois de bioéthique, qui inclut la PMA pour toutes, doit être présenté en Conseil des ministres en juillet puis examiné par le Parlement fin septembre. Et ce, avec une "liberté de vote" pour les "marcheurs", a promis le délégué général de LREM Stanislas Guerini.
- Pas de "police de la pensée" -
La procréation médicalement assistée
AFP
Souffrance des femmes seules ayant recours à la PMA comparée à celle de "drogués", existence d'un "puissant lobby LGBT" au Palais Bourbon et "absence de genre dans le mot parent" qui "favorise(rait) l'éclosion d'écoles coraniques"... cette femme menue à lunettes a nourri la controverse à plusieurs reprises sans pour autant perdre sa place au sein d'En Marche.
Mais depuis la dernière mise en garde du parti, d'autres propos ont provoqué l'exaspération de quelques collègues députés qui ont menacé de quitter LREM si elle n'était pas exclue.
En avril, reprenant un article du magazine Têtu qui faisait part du "coming out médiatique" du secrétaire d’État Gabriel Attal sur son homosexualité et son désir de paternité, Mme Thill avait tweeté: "Au moins la couleur est annoncée. #bioéthique en juin". "Chacun de tes tweets t'éloigne de ce que nous sommes", lui avait répondu le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.
Une interview publiée le 5 juin dans le magazine L'Incorrect, fondé par des personnalités entre droite et extrême droite, avait aussi dérangé. Elle y affirmait que la révision des lois de bioéthique "restera dans l'histoire comme celle qui aura évincé les pères de la naissance et de l'éducation des enfants".
"Il est impératif que nous puissions avoir un débat apaisé, ce que ne permettaient pas les propos et prises de position d'Agnès Thill", a commenté mercredi dans un communiqué Stanislas Guerini. Le chef de file des "marcheurs" à l'Assemblée Gilles Le Gendre proposera jeudi au bureau du groupe parlementaire son exclusion, "dans le prolongement" de la décision de la commission des conflits.
Pas de "police de la pensée" mais "une décision qui se base sur des faits insupportables et récurrents", a salué sur Twitter le député Guillaume Chiche (LREM), en se réjouissant de l'exclusion de l'élue de l'Oise qu'il demandait depuis des mois.
"Enfin les propos homophobes d'Agnès Thill sont sanctionnés", s'est également félicité Joël Deumier, co-président de SOS Homophobie: "On peut s'opposer à la PMA mais on n'a pas le droit d'être homophobe dans son opposition".
L’ancien Premier ministre de la dernière cohabitation à ce jour, Lionel Jospin est décédé ce lundi 23 mars à l’âge de 88 ans. Artisan de la « gauche plurielle » qui a vu naître le PACS, les 35 heures, était l’une des dernières figures socialistes, salué aujourd’hui par son camp et au-delà.
Invité à commenter l’issue des élections municipales, Alain Joyandet (LR) estime que ce scrutin a montré la nécessité pour la droite de se rassembler avec le bloc central en vue de la présidentielle de l’an prochain. « On voit dans ces résultats (...) qu’il y a un espace politique entre le RN et la gauche », explique, dans la matinale de Public Sénat, le sénateur de Haute-Saône.
L’ex-Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l’âge de 88 ans. Les hommages venus du parti à la rose affluent depuis l’annonce de sa disparition. « C'était un grand homme de gauche » salue ce lundi 23 mars Chloé Ridel, eurodéputée PS, sur l’antenne de Public Sénat.
Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a estimé lundi que Jean-Luc Mélenchon était « devenu le boulet de la gauche » et que des villes, comme Toulouse et Limoges, auraient été gagnées lors des élections municipales sans ses « outrances » et « dérives antisémites ».