Agriculture, environnement: Didier Guillaume voudrait réconcilier « paysans et citadins »
Le nouveau ministre de l'Agriculture Didier Guillaume ambitionne de faire le lien entre "les paysans et les citadins" sur des sujets comme les...

Agriculture, environnement: Didier Guillaume voudrait réconcilier « paysans et citadins »

Le nouveau ministre de l'Agriculture Didier Guillaume ambitionne de faire le lien entre "les paysans et les citadins" sur des sujets comme les...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le nouveau ministre de l'Agriculture Didier Guillaume ambitionne de faire le lien entre "les paysans et les citadins" sur des sujets comme les productions biologiques, l'utilisation des pesticides, les pratiques culturales, mais aussi le prix des produits agricoles.

"Les bonnes pratiques peuvent avancer et nous allons arriver à faire le lien entre les paysans et les citadins", a assuré le ministre sur France Inter lundi matin, en se présentant comme le "ministre des transitions", économique, environnementale et sociale de l'agriculture.

Après le recours au "principe de précaution" la semaine dernière pour suspendre en France l'utilisation pendant trois mois des pesticides contenant du metam-sodium, M. Guillaume estime que "si nous devons aller plus loin et l'interdire pour (des) raisons de sécurité, nous le ferons".

Le ministre a rappelé que les pesticides "vont baisser de 50% d'ici 2025". "Mais on ne peut pas tout arrêter d'un coup, sinon on met en péril notre agriculture et notre sécurité alimentaire".

Le ministre français de l'Agriculture Didier Guillaume lors d'une visite d'une ferme d'élevage bovin, le 26 octobre 2018 à Montzeville, dans l'est de la France
Le ministre français de l'Agriculture Didier Guillaume lors d'une visite d'une ferme d'élevage bovin, le 26 octobre 2018 à Montzeville, dans l'est de la France
AFP/Archives

Didier Guillaume a dit ne pas vouloir "opposer le consommateur et l'agriculteur". "Il y a eu l'exode rural au siècle dernier, il ne faudrait pas qu'il y ait une sécession rurale".

Sur le plan local, M. Guillaume a estimé qu'agriculteurs et riverains doivent "se parler" pour faire évoluer les façons de cultiver puisqu'"il y a des possibilités pour que les méthodes de traitement n'incommodent pas les riverains".

"La transition vers le bio est irréversible" en France, a-t-il estimé, comme la "transition vers les produits avec forte traçabilité". "Je suis persuadé au fond de moi-même que c'est bien de manger bio et de manger de bons produits", a-t-il dit, tout en affirmant que la France a aussi besoin "d'une agriculture productive qui exporte".

En réponse aux agriculteurs qui s'inquiètent de ne pas gagner leur vie avec leurs produits, le ministre a assuré que "les industriels (de l'agroalimentaire, NDR) et la distribution" devront payer la hausse des prix à l'achat des produits agricoles sans la transférer aux consommateurs.

"Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que les Français sont prêts à payer plus cher pour avoir des produits de qualité, il faut que la montée en gamme se fasse pour tous", a-t-il dit en référence à la Loi sur l'alimentation et l'agriculture, dont les décrets d'application seront signés "dans les six mois qui viennent".

Sur le lait, il s'est contenté de souhaiter "courage" aux producteurs qui "vivent des moments difficiles", sans pistes précises sur les moyens de les soutenir.

Il s'est inquiété de la "déprise" agricole, c'est-à-dire l'utilisation croissante pour l'urbanisation de terres agricoles, qui réduit les surfaces de production et s'accélère "depuis des années", appelant les maires à "changer les plans locaux d'urbanisme". "Il faut faire en sorte qu'il reste de bonnes terres agraires, arables pour faire de la production".

Partager cet article

Dans la même thématique

Agriculture, environnement: Didier Guillaume voudrait réconcilier « paysans et citadins »
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le