Après le cas Collomb, le casse-tête des ministres candidats aux municipales
Garder des poids lourds au gouvernement ou bien lancer des têtes d'affiche aux municipales? Le possible départ de ministres LREM...

Après le cas Collomb, le casse-tête des ministres candidats aux municipales

Garder des poids lourds au gouvernement ou bien lancer des têtes d'affiche aux municipales? Le possible départ de ministres LREM...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Garder des poids lourds au gouvernement ou bien lancer des têtes d'affiche aux municipales? Le possible départ de ministres LREM à la conquête de mairies risque d'affaiblir dès 2019 un navire gouvernemental déjà bien secoué, comme l'illustre le cas Gérard Collomb.

En annonçant mardi sa candidature pour redevenir maire de Lyon en 2020 à plus d'un an et demi du scrutin, et son départ après les européennes de mai 2019, le ministre de l'Intérieur a tenté de clarifier son statut. Mais il a surtout déclenché une salve de critiques de l'opposition sur le "Titanic" gouvernemental, deux semaines après le départ des ministres Nicolas Hulot et Laura Flessel.

Avec le départ annoncé de Gérard Collomb, Emmanuel Macron aura perdu le troisième de ses trois ministres d'Etat de son début de quinquennat, après François Bayrou et Nicolas Hulot.

Or plusieurs ministres se préparent ou envisagent d'être candidats, dont des cadres du gouvernement comme le porte-parole Benjamin Griveaux, Gérald Darmanin (Comptes Publics) ou Christophe Castaner (Relations avec le Parlement). Les secrétaires d'Etat Mounir Mahjoubi et Marlène Schiappa, pourraient également se présenter.

Devront-ils aussi partir après les européennes dès 2019, comme le suggère Gérard Collomb dans l'interview à l'Express annonçant sa candidature ?

"La décision du ministre de l'Intérieur n'influe pas sur la décision du président de la République" quant au timing d'un remaniement pour les ministres candidats aux municipales, souligne-t-on à l'Elysée. "Le président et le Premier ministre décideront le temps voulu, c'est ce qui leur appartient de façon constitutionnelle", poursuit-on au palais présidentiel.

Selon un proche du chef de l'Etat, confirmant une information du Canard enchaîné, Emmanuel Macron veut appliquer comme règle que les ministres candidats aux municipales quittent le gouvernement après les européennes.

Reste à savoir avec quelle rigueur cette règle s'appliquera, alors que LREM n'a pas un réservoir immense de personnalités expérimentées ou rodées à la vie politique susceptibles d'endosser le rôle de ministre.

L'absence de poids lourds dans un gouvernement qui a intégré de nombreuses personnes de la société civile peut être un handicap pour Emmanuel Macron qui, confronté à une rentrée difficile, peine parfois à trouver les relais pour porter son message et donner la réplique.

- Des précédents sous Hollande et Sarkozy -

"Il n'y a pas une position qui se ressemble, entre ceux qui vont vouloir diriger la liste d'une grande ville comme Lyon ou Paris et ceux qui veulent être sur une liste, parfois d'une petite ville", souligne une source gouvernementale.

"Ce n'est pas la même chose de briguer la mairie de Paris, Lyon ou Marseille que Vernon ou Tourcoing", abonde un membre du gouvernement, appelant le tandem exécutif à clarifier rapidement sa position.

Sous François Hollande, lors des élections municipales de 2014, 17 membres du gouvernement socialiste Ayrault figuraient sur les listes de candidature. Mais seulement deux étaient têtes de liste, à Boulogne-sur-Mer et dans une mairie d'arrondissement de Marseille.

En 2008, sous Nicolas Sarkozy, plusieurs ministres étaient restés au gouvernement tout en étant têtes de liste, notamment Christian Estrosi pour une grande ville (Nice), mais également Laurent Wauquiez (Le Puy-en-Velay) ou encore Xavier Darcos (Périgueux).

Légalement, rien n'oblige un ministre candidat à démissionner du gouvernement. Mais la double casquette crée une "ambiguïté", juge-t-on au gouvernement.

Avec l'image négative véhiculée par l'annonce de M. Collomb mardi, il est peu probable que d'autres ministres se déclarent candidats si tôt dans le processus.

Benjamin Griveaux par exemple "a toujours dit qu'il ferait connaître sa décision pour Paris au printemps 2019, soit entre le 21 mars et le 21 juin", selon son entourage.

S'il se lance officiellement dans la course à la mairie de Paris, "il démissionnera le jour où il est candidat", assure la même source.

Partager cet article

Dans la même thématique

Après le cas Collomb, le casse-tête des ministres candidats aux municipales
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Après le cas Collomb, le casse-tête des ministres candidats aux municipales
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le