Le premier secrétaire du PS a conclu la rentrée socialiste, à Blois, par un long discours centré sur le nouveau projet du parti, alors qu’Anne Hidalgo s’apprête à être candidate. Olivier Faure rêve d’« un 2022 qui résonne comme un nouveau 10 mai 1981 ».
Après le « Président des riches », Olivier Faure veut élire « une Présidente pour tous les autres »
Le premier secrétaire du PS a conclu la rentrée socialiste, à Blois, par un long discours centré sur le nouveau projet du parti, alors qu’Anne Hidalgo s’apprête à être candidate. Olivier Faure rêve d’« un 2022 qui résonne comme un nouveau 10 mai 1981 ».
Par François Vignal (envoyé spécial à Blois). Photos : Quentin Calmet
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Olivier Faure veut y croire. En clôture des universités d’été du PS, rebaptisées Campus 2021, le premier secrétaire a fixé le cap. Il mène à la présidentielle de 2022. Après le « tour de piste » d’Anne Hidalgo, lors d’un week-end en forme de rampe de lancement pour la quasi candidate socialiste, Olivier Faure a surtout parlé de fond. Il a centré son intervention sur le projet, sur lequel Boris Vallaud, député et porte-parole du parti, a planché ces derniers mois. Il a même un titre : « Il est temps de vivre mieux ». « Notre projet est socialiste, s’inscrit dans nos valeurs, mais propose une nouvelle synthèse », précise Olivier Faure.
Le PS, un grand brûlé un peu miraculé
A écouter le premier secrétaire, candidat à sa réélection à la tête du parti pour le congrès de Villeurbanne, les 18 et 19 septembre, le PS est un grand brûlé, un peu miraculé. Il n’a pas tout à fait tort. En 2017, la candidature Hamon avait été un terrible échec, après le retrait de François Hollande. « Oui, nous avons avalé la poussière, connu notre part de désert, fait face à l’entreprise de débauchage de la Macronie ». Mais « après avoir perdu tous les scrutins pendant 7 ans, nous avons enfin retrouvé la victoire, sortis de notre isolement et conjuré le risque d’effacement ». Les bons scores des municipales et des régionales sont en effet venus redonner un peu d’air aux socialistes… et au premier secrétaire. Une « renaissance par les territoires », résume le député de Seine-et-Marne.
Olivier Faure, le premier secrétaire du PS a redit son soutien à la candidature d'Anne Hidalgo à l'élection présidentielle.
Photo : Quentin Calmet
Pour « mettre fin à l’aventure macroniste » et à son « libéralisme autoritaire », Olivier Faure va chercher l’âme de François Mitterrand. Ça ne fait jamais mal chez les socialistes. Pour « renouer avec cette volonté de changer la vie », « les forces de l’esprit, il faut y croire ». Il confie son rêve : « Un 2022 qui résonne comme un nouveau 10 mai 1981 ». On ne voudrait pas freiner ses ardeurs mais il risque d’être déçu, à la vue des sondages. « Depuis 1974, les pronostics n’ont eu aucune valeur prédictive », rappelle le numéro 1 du PS.
« Nous limiterons les écarts de salaires dans les entreprises »
Face à « l’échec » du libéralisme, il appelle à « des ruptures, un changement de modèle », qu’il résume ainsi : « Pour nous, socialistes, les choix sont clairs : universalisme républicain, la justice sociale, l’égalité réelle et la justice écologique ». Le PS entend « renationaliser les réseaux de transports d’électricité et de gaz ». Constatant « l’écart de 1 à 300 des salaires dans certaines entreprises », le patron du PS annonce la couleur : « Nous limiterons les écarts de salaires dans les entreprises ». Et le soutien affiché d’Anne Hidalgo de lancer : « Il y a 5 ans, nous avons élu un Président des riches. En 2022, nous élirons une Présidente pour tous les autres ».
Photo : Quentin Calmet
Côté institutions, il veut « déconnecter présidentielle et législatives » et « rendre tout son rôle au Parlement en rééquilibrant les pouvoirs au sein du couple exécutif, en transférant au premier ministre le droit de dissolution ».
« Le moment est venu de reprendre l’offensive idéologique et culturelle »
Pour Olivier Faure, « la laïcité n’est pas négociable. Elle n’a à être ni ouverte, ni fermée ». Et « en ce mois d’août 2021, Marianne est Afghane ! » lance le premier des socialistes. Il continue sur le thème de la République, dont la vision divise parfois son camp. La gauche, « plutôt que de s’égarer sur les chemins du woke ou de l’indigénisme, doit tenir fièrement le drapeau républicain, c’est ainsi qu’elle restera éveillée », estime Olivier Faure.
C’est pourquoi, « le moment est venu de reprendre l’offensive idéologique et culturelle, et de ne plus se laisser dicter notre propre agenda par les néolibéraux », demande Olivier Faure. La salle apprécie, répond à son discours par quelques standings ovations. Les militants ressortent sûrement remotivés du Campus de Blois. Il reste – menu détail – à motiver aussi les Français à revoter socialiste, cinq après François Hollande.
Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.
Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.
Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.