Après les « gilets jaunes », un peu plus de 10.000 « foulards rouges » défilent à Paris
Quelque 10.500 "foulards rouges", selon la préfecture de police de Paris, ont défilé dimanche, sous la pluie, de la place de la Nation à la...

Après les « gilets jaunes », un peu plus de 10.000 « foulards rouges » défilent à Paris

Quelque 10.500 "foulards rouges", selon la préfecture de police de Paris, ont défilé dimanche, sous la pluie, de la place de la Nation à la...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Quelque 10.500 "foulards rouges", selon la préfecture de police de Paris, ont défilé dimanche, sous la pluie, de la place de la Nation à la Bastille pour "défendre la démocratie et les institutions" face aux violences qui ont émaillé la crise des "gilets jaunes".

Le chiffre est finalement conforme à l'espoir d'avoir 10.000 participants "minimum" affiché par les organisateurs de cette "Marche républicaine des libertés".

Alors que la tête du cortège scandait "Oui à la démocratie, non à la révolution !" sous une banderole "Stop aux violences", les manifestants, avec dans leurs rangs une proportion élevée de tempes grises et de sympathisants de La République en marche (LREM), arboraient quelques drapeaux français et une poignée de drapeaux européens.

Ils répondaient à un "appel à la majorité silencieuse qui reste terrée chez elle depuis dix semaines", selon les termes de l'initiateur de la marche, l'ingénieur toulousain Laurent Soulié. C'est depuis sa page Facebook que celui-ci a lancé mi-décembre l'idée de cette marche, avant d'être rejoint par le collectif des "foulards rouges", né fin novembre pour protester contre les blocages des "gilets jaunes".

Ce collectif a pu se joindre au défilé à condition qu'il ne se soit pas une manifestation de soutien au président Macron mais, plus largement, à la République.

- "Les extrêmes à longueur d'interview" -

Début de la manifestation des
Début de la manifestation des "foulardss rouges" le 27 janvier 2019 à Paris
AFP

Le cri de "Le fascisme ne passera pas" a été souvent entendu dans la manifestation.

"Je ne veux pas voir mon pays basculer dans la dictature", a témoigné Christine, 63 ans, une cadre bancaire retraitée venue de Villeparisis (Seine-et-Marne).

Selon elle, "tous les extrêmes sont en train de parler à longueur d'interview, et on voit la montée des extrémistes partout en Europe, avec des chefs d'Etat comme Trump qui ont envie de voir l'Europe se liquéfier".

"Je comprends qu'il y ait des problèmes de fin de mois, mais quand on veut évoluer on doit faire ce qu'on doit faire pour réussir", poursuivait-elle. "On ne peut pas attendre gentiment dans son fauteuil des aides qui vont tomber".

Nombre des "foulards rouges" prévoyant de participer à la manifestation disent avoir partagé certaines revendications des "gilets jaunes", mais rejeter la violence "contre les institutions".

Manifestation de
Manifestation de "foulards rouges" à Paris, le 27 janvier 2019
AFP

Marie-Line, 62 ans, est venue de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Cette cadre infirmière dans un hôpital public, qui n'était "pas contre l'idée originale (des "gilets jaunes") de râler un peu", est "venue pour dire stop aux violences verbales ou physiques."

"Ce n'est pas une manifestation contre les +gilets jaunes+, c'est une manifestation pour (leur) dire: vous avez des revendications, nous les entendons mais il y a un autre lieu que la rue pour discuter, on ne va pas bloquer le pays et l'économie parce qu'on considère que le président est illégitime", a déclaré à l'AFP le sénateur François Patriat (LREM), qui était sur place.

- LREM en retrait -

Si Laurent Soulié est un sympathisant assumé de La République en marche (LREM), le parti présidentiel et la majorité se tiennent pourtant à l'écart de cette initiative, malgré la présence d'une quinzaine de députés -dont Olivia Grégoire et Jean-Michel Fauvergue- et de six sénateurs à la manifestation.

"Cette marche et cette démarche ont toute ma sympathie, et pourtant je n'y participerai pas", car "on dirait tout de suite que c'est une récupération", a ainsi déclaré Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, au micro du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

A l'arrivée place de la Bastille, les participants ont essuyé les huées et invectives de quelques dizaines de "gilets jaunes" postés sur les marches de l'opéra, sous deux banderoles : "Macron Destitution", et "Tout brûle déjà".

Partager cet article

Dans la même thématique

Carte sénatoriale 2026 candidats
2min

Politique

CARTE. Elections sénatoriales : découvrez les candidats dans votre département

Les élections sénatoriales auront lieu dimanche 27 septembre. 178 sénateurs sur 348 que compte la chambre haute, vont être élus ou réélus dans 63 départements et dans la circonscription représentant les Français établis hors de France. Découvrez les noms et les listes des candidats par départements.

Le

PARIS – GATHERING FOR RIMA HASSAN AT PARIS COURT.
3min

Politique

Rima Hassan porte plainte devant la CJR contre Laurent Nuñez pour « violation du secret de l’enquête »

Après les révélations de l’émission de France Télévisions, « Complément d’enquête », Rima Hassan porte plainte devant la Cour de Justice de la République contre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour « violation du secret de l’enquête », suite à la diffusion d’une fausse information dans la presse selon laquelle une petite quantité de drogue de synthèse avait été trouvée dans le sac de l’eurodéputée LFI, lors d’une garde à vue en avril dernier.

Le

Budget 2027 : qui sera touché par les économies proposées par le gouvernement ?
7min

Politique

Budget 2027 : qui sera touché par les économies proposées par le gouvernement ?

Fonctionnaires, retraités, assurés sociaux, ministères hors sphère régalienne ou secteurs d’avenir comme l’écologie ou la recherche, familles : les textes budgétaires devraient concerner de larges pans de la société, en se basant sur les premiers éléments communiqués par le Premier ministre.

Le

Direct. Suivez la conférence de presse d’Emmanuel Macron
8min

Politique

« Attaques hybrides russes », hausse des prix du carburant : revivez la conférence de presse d'Emmanuel Macron

Le président de la République s’est exprimé après avoir reçu vendredi matin les principaux chefs de parti et/ou leurs candidats à l’élection présidentielle, à propos de la situation géopolitique et de ses conséquences pour la France. « La nature de l’agressivité russe et de ses menaces en Europe change », a alerté Emmanuel Macron. Il a également annoncé la convocation d’un G7 autour de l’énergie.

Le