Après Mayotte et un crochet par les îles Éparses, Emmanuel Macron est arrivé mercredi après-midi dans une île de La Réunion toujours en...
Arrivé à La Réunion, Macron tente de répondre à la vie chère
Après Mayotte et un crochet par les îles Éparses, Emmanuel Macron est arrivé mercredi après-midi dans une île de La Réunion toujours en...
Par Cécile AZZARO
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Après Mayotte et un crochet par les îles Éparses, Emmanuel Macron est arrivé mercredi après-midi dans une île de La Réunion toujours en situation de crise sociale aigüe, un an après le mouvement des "gilets jaunes".
Pour le chef de l'État, qui poursuit son voyage dans l'océan Indien en faisant une escale de près de trois jours à La Réunion, la mobilisation importante des "gilets jaunes" en novembre 2018 était le fruit d'une "colère qui s'est exprimée (...) sur les difficultés du quotidien".
Mais "le gouvernement est engagé tout entier avec les élus" pour "apporter des solutions concrètes", a-t-il assuré à son arrivée dans l'île où un appel à la grève générale a été lancé pour jeudi, estimant toutefois que "sur la vie chère, il n'y pas de recette miracle".
Emmanuel Macron lors du sommet "Choose La Reunion" à Saint-Denis de la Reunion le 23 octobre 2019
AFP
"Pendant longtemps, on a répondu en mettant des aides. Il en faut parfois, mais ça marche mieux quand on crée plus d'emplois et qu'on crée plus de concurrence pour faire baisser les prix", "de l'agro-alimentaire à la grande distribution en passant par le bâtiment, l'import-export", a-t-il ajouté en début de soirée, en appelant à "aider les chefs d'entreprise de tous les secteurs de la réunion à travailler davantage avec la région et s'inscrire pleinement dans l'océan Indien"
Le chef de l'État était attendu aux abords de l'aéroport par une centaine de personnes répondant à l'ensemble des syndicats réunionnais qui espèrent mobiliser jeudi pour dénoncer "la situation sociale de La Réunion". Aux jets de bouteilles et de pierres par des manifestants, les forces de l'ordre ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes, selon des sources concordantes.
Malgré des appels au blocage diffusés sur les réseaux sociaux, les "gilets jaunes" contactés par l'AFP ont déclaré qu'ils n'avaient "pas l'intention d'aller au contact ou à l'affrontement avec les forces de l'ordre".
Emmanuel Macron à la Grande Glorieuse dans l'archipel des Îles Eparses au nord du canal du Mozambique, le 23 octobre 2019
POOL/AFP
Dans ce territoire de plus de 850.000 habitants, 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage atteint 24%, et même 42% chez les jeunes.
Le coût de la vie pour un budget moyen de ménage réunionnais est majoré de 7,1% par rapport à la métropole, selon l'Insee, alors que le revenu médian réunionnais est inférieur de 30% au niveau national (AFD, 2015). Après une inflation record en 2018 (+1,8%), les prix augmentent toujours en 2019 (+0,6% depuis le début de l'année).
"On comptait nos sous avant les +gilets jaunes+, on les compte encore plus maintenant", s'agace Kévin, qui participait au mouvement il y un an.
- "Projets concrets" -
Manifestation de "gilets jaunes" pendant la visite de la ministre des Outremer, Annick Girardin,à Sainte-Marie, le 28 novembre 2018
AFP/Archives
Une des réponses évoquée par le chef de l'État est la mise en place d'un dispositif "Choose La Réunion" ("Choisissez La Réunion"), forum économique en présence d'une cinquantaine de grands investisseurs français et étrangers, destiné à renforcer l'attractivité du territoire et "projeter les acteurs économiques réunionnais" vers les régions voisines, l'Afrique australe et le sous-continent indien.
"Nous avons un rôle à jouer, nous avons un dialogue stratégique à jouer, nous avons des partenaires avec lesquels nous voulons travailler encore davantage", a martelé le président de la République dans son discours, en rappelant que "la France doit prendre conscience - évidemment ici à La Réunion, mais dans tout le territoire - de cette réalité, de cette chance que nous avons".
Au cours de son séjour, qui s'achèvera vendredi, le président, accompagné notamment par les ministres de l'Économie, du Travail et de l'Agriculture, devrait rencontrer jeudi des demandeurs d'emploi dans une mission locale de Saint-Paul, s'entretenir avec des participants aux nouvelles "représentations citoyennes" mises en place après la crise des "gilets jaunes", et pique-niquer avec des représentants des filières de la production agricole locale à Petite-île (sud).
"J'aurai des messages très forts sur l'agriculture et l'emploi", a assuré le chef de l'État.
Ce déplacement intervient après une brève escale mercredi matin aux îles Glorieuses, un petit archipel de 7 km des îles Éparses, présumées riches en hydrocarbures, administrées par la France et revendiquées par Madagascar.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.