Attaque de Strasbourg: pour Belloubet, pas besoin de déclencher l’état d’urgence
La garde des Sceaux Nicole Belloubet a estimé mercredi que la France pouvait "réagir" après l'attaque de Strasbourg qui a fait...

Attaque de Strasbourg: pour Belloubet, pas besoin de déclencher l’état d’urgence

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a estimé mercredi que la France pouvait "réagir" après l'attaque de Strasbourg qui a fait...
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La garde des Sceaux Nicole Belloubet a estimé mercredi que la France pouvait "réagir" après l'attaque de Strasbourg qui a fait deux morts la veille, "sans avoir à déclencher l'état d'urgence", une mesure d'exception.

"Je pense que nous pouvons être à la hauteur des événements sans pour autant déclencher l'état d'urgence", a déclaré la ministre de la Justice sur Public-Sénat. Ce régime d'exception avait notamment été mis en place après les attentats jihadistes de Paris en novembre 2015 (130 morts), puis avait été levé.

"Les lois adoptées récemment par notre gouvernement permettent de déployer un certain nombre de mesures qui nous ont permis d'éviter jusqu'à présent au moins six attentats", a souligné Mme Belloubet.

La France a été placée en "urgence attentat", ce qui permet d'effectuer des "contrôles d'identité renforcés" et une "surveillance renforcée des marchés de Noël partout en France pour éviter un éventuel mimétisme", a indiqué la ministre.

Après la fusillade mardi soir sur le marché de Noël de Strasbourg, qui a fait deux morts et 14 blessés selon un nouveau bilan revu à la baisse, la section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie.

Les autorités françaises, prudentes, n'ont pas évoqué pour le moment un acte jihadiste.

"A partir du moment où la section antiterroriste du parquet de Paris est saisie, on peut effectivement parler d'attentat", a néanmoins considéré la garde des Sceaux.

Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez a de son côté invité à la "plus grande prudence" sur la qualification des faits, "la motivation terroriste (n'étant) pas encore établie".

Le tireur, toujours en fuite, s'est radicalisé en détention. "C'est quelqu'un qui a été condamné à de nombreuses reprises pour des faits de droit commun. Il a effectué en France deux peines de prison de deux ans chacune qu'il avait purgées. Il est sorti (de prison) il y a trois ans de sa dernière condamnation", a détaillé Mme Belloubet.

La ministre s'était déjà opposée début décembre, après les violences commises à Paris lors d'une manifestation des "gilets jaunes", à un retour de l'état d'urgence, réclamé par des syndicats policiers, et auquel le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner n'avait pas fermé la porte.

Compte tenu de l'"événement dramatique" de Strasbourg et des "réponses apportées par le président de la République" aux revendications des "gilets jaunes", Mme Belloubet a par ailleurs considéré que "le mouvement (devait) cesser".

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