Au meeting de LR à Belfort, l’assistance doute et s’interroge
"Il faudrait un coup de barre, mais vers où?" A Belfort, où les Républicains tenaient leur séminaire de rentrée jeudi et vendredi, militants et...

Au meeting de LR à Belfort, l’assistance doute et s’interroge

"Il faudrait un coup de barre, mais vers où?" A Belfort, où les Républicains tenaient leur séminaire de rentrée jeudi et vendredi, militants et...
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"Il faudrait un coup de barre, mais vers où?" A Belfort, où les Républicains tenaient leur séminaire de rentrée jeudi et vendredi, militants et sympathisants venus au meeting s'interrogent sur l'avenir du parti après sa débâcle aux européennes.

En cette soirée de réunion publique, l'audience reste clairsemée. 200 personnes au maximum, plutôt âgées, assistent au meeting organisé à l'issue d'un "séminaire de travail" pour lequel une soixantaine de parlementaires se sont déplacés.

A l'heure où Xavier Bertrand, qui a quitté le parti, avoue sur France 2 "penser" à la présidentielle, Chantal reconnaît que son parti traverse une phase délicate. Mais "ça va s'arranger", veut croire cette adhérente de 72 ans, "de droite depuis la naissance" et qui se voit bien voter pour Christian Jacob, le patron des députés LR - même si celui-ci a déjà prévenu qu'il ne se présenterait pas à la présidentielle - parce qu'il n'est "pas un violent".

Sa voisine Elisabeth, elle, se veut optimiste "si une personnalité sort du lot et qu'on ne lui savonne pas la planche". Mais pour le moment cette personnalité "n'est pas là", soupire-t-elle.

D'autres se montrent plus pessimistes. "Ils sont mal, Jacob il fait partie du passé", affirme Claude, un ambulancier de 58 ans.

Lui est là "par curiosité", comme il serait venu "à un meeting du PS" ("mais pas d'En marche, ça non, ils tapent que sur les travailleurs"). Pas tenté par les extrêmes, il se désole du déclin industriel de la région et est convaincu qu'"en matière d'immigration il vaut mieux être ferme que laisser entrer tout le monde".

- Les Républicains "sont cuits" -

Rien ne lui a échappé des récents déboires des Républicains qui selon lui "sont cuits. Ils auront du mal à rebondir, il leur faut des jeunes".

"Il faudrait un coup de barre, mais vers où?" s'interroge son voisin.

Christian Jacob au meeting LR de Belfort le 19 septembre 2019
Christian Jacob au meeting LR de Belfort le 19 septembre 2019
AFP

Cette question des jeunes est un vrai défi pour le parti: "95% n'ont pas voté pour notre liste aux européennes", reconnaît Christian Jacob.

Assise au troisième rang, Coralie, étudiante de 20 ans, explique avoir adhéré aux Républicains parce qu'elle "apprécie ce que fait le maire" sur le terrain. Cela ne l'empêche pas de trouver qu'il faut "redynamiser le parti". Et "il y a du travail", reconnaît-elle. Comment faire? Elle hésite et déplore le peu de place du parti dans les médias: "On ne parle plus que des extrémistes".

A Belfort, où un plan social menace 1.044 emplois de General Electric, les attentes sont palpables: "Le milieu parisien ne se rend pas compte qu'ici, c'est l'industrie qui fait bouffer tout le monde. Le jour où GE ferme, ça va devenir un ghetto", lance Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC chez General Eletric que les députés LR ont rencontré vendredi.

Depuis 2014, la droite a repris dans ce département, à gauche depuis 40 ans "l'ensemble des postes", a rappelé lors du meeting le maire de Damien Meslot.

"Nous l'avons fait en étant unis" et "en rajeunissant nos cadres", et "si nous voulons exister face à la machine médiatique de Macron, nous devons nous rassembler", a-t-il lancé.

Car le dilemme se pose en termes crus: "Unis nous nous releverons, divisés je suis convaincu que nous risquons de disparaître", selon le député de Belfort Ian Boucard.

Meeting Les Républicains à Belfort le 19 septembre 2019
Meeting Les Républicains à Belfort le 19 septembre 2019
AFP

Un défi pour le prochain président du parti qui sera élu le 12 octobre. Trois candidats sont sur les rangs: le député de Vaucluse Julien Aubert, celui de l'Yonne Guillaume Larrivé, absent de Belfort, et Christian Jacob qui fait figure de grand favori.

En interne, certains jugent la campagne "pas enthousiasmante". "Les militants sont très inquiets et attendent l'homme providentiel qu'ils ne trouvent pas dans l'offre actuelle", estime un député.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le