Audiovisuel public et numérique : objectif jeunesse
La commission sénatoriale de la culture, de l’éducation et de la communication, organisait jeudi, un colloque : « Comment réenchanter l’audiovisuel public à l’heure du numérique ? ». Les défis sont d’envergure.

Audiovisuel public et numérique : objectif jeunesse

La commission sénatoriale de la culture, de l’éducation et de la communication, organisait jeudi, un colloque : « Comment réenchanter l’audiovisuel public à l’heure du numérique ? ». Les défis sont d’envergure.
Public Sénat

Par Maud Larivière

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La commission sénatoriale de la culture, de l’éducation et de la communication a organisé, jeudi, un colloque sur l’audiovisuel public et le numérique. Pour cette occasion, elle a commandé un sondage : 56 % des Français déclarent être satisfaits des programmes proposés par l’audiovisuel public, selon Opinionway, alors qu’à titre de comparaison, 86 % des Britanniques approuvent les programmes de la BBC.

« Comment réenchanter l’audiovisuel public à l’heure du numérique ? ». Voilà la question à laquelle devaient répondre plusieurs professionnels de l’audiovisuel public européen et américain, présents aux différentes tables rondes tout au long de la journée.

S’adapter aux nouveaux usages et renouveler son public

Multiplications de canaux, réseaux sociaux, apparition de fake news, gratuité de l’information, dilution des sources. Avec le numérique, l’audiovisuel public fait face à de nombreux défis. « On a une vraie responsabilité de transformation en tant que service public » appuie Jean-Paul Philippot, administrateur général de la Radio Télévision Belge francophone (RTBF).

À l’heure du tout numérique, une chaîne appartenant à l’audiovisuel public ne s’en sort pas si mal. ARTE, la chaîne franco-allemande, a compris très rapidement l’importance d’adapter ses formats. « Nous nous sommes saisis très vite du numérique, cela fait plus de 10 ans que nous avons mis en place un « télé rattrapage » sur notre site internet, qui s’appelle ARTE +7, et nous avons été les premiers » explique Anne Durupty, directrice générale d’ARTE France, qui annonce que d’ici 5 à 7 ans, la chaîne sera prête pour la télévision délinéarisée. Son objectif : s’adapter aux nouveaux usages et renouveler son public. « Pour ce qui est de notre public, celui de la télévision a une moyenne d’âge de 65 ans. Pour le web, elle est de 45 ans. Et pour les réseaux sociaux, de 35 ans » indique-t-elle. « D’où l’importance et le besoin d’innovation pour capter un large public ».

« Je ne vois pas le numérique comme une menace, mais plutôt comme une véritable opportunité » estime-t-elle. « Le numérique permet de s’affranchir du diktat du prime-time, et de s’affranchir des frontières ».

L’audiovisuel public, un public vieillissant ?

Les directeurs des chaînes et radios publiques sont unanimes : le numérique touche un public plus jeune que celui atteint par les canaux plus traditionnels. « La BBC célèbre ses 100 ans en 2022. Nous savons que les jeunes utilisent davantage les réseaux sociaux, nous essayons donc de nous adapter et d'y être, pour donner l'information là où on la cherche » déclare David Clementi, président de la BBC, qui est rejoint par Jean-Paul Philippot : « Les médias sociaux, internet en général, c’est la première source d’information des mois de 50 ans. On ne parle plus de « jeunes », de « geeks », on parle de l’ensemble de la population ».

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