« Autoritarisme » ou « confiance »: l’école de Blanquer en débat à l’Assemblée
"Autoritarisme" ou "confiance": l'Assemblée a donné lundi le coup d'envoi des débats sur le projet de loi Blanquer, vanté comme...

« Autoritarisme » ou « confiance »: l’école de Blanquer en débat à l’Assemblée

"Autoritarisme" ou "confiance": l'Assemblée a donné lundi le coup d'envoi des débats sur le projet de loi Blanquer, vanté comme...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"Autoritarisme" ou "confiance": l'Assemblée a donné lundi le coup d'envoi des débats sur le projet de loi Blanquer, vanté comme porteur de "justice sociale" par le gouvernement, mais accueilli fraîchement par les oppositions, comme les syndicats d'enseignants.

Instruction obligatoire abaissée de 6 à 3 ans, refonte de la formation, nouvelles écoles internationales, devoir d'"exemplarité", mais aussi nouveau Conseil d'évaluation: le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a défendu devant un hémicycle clairsemé un premier texte du quinquennat sur l'école ayant pour "clé de voûte" de "libérer, responsabiliser, unir".

Voyant dans l'école "la réponse fondamentale" aux défis contemporains, cet ex-directeur général de l'enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy, devenu un poids lourd de la macronie, a mis en avant une volonté de faire "réussir pleinement" tous les élèves avec son projet "pour une école de la confiance".

Preuve de l'intérêt des élus pour ce texte de 25 articles qui touche à la matière sensible qu'est l'Éducation nationale, premier employeur de France: plus d'un millier d'amendements sont au menu d'ici vendredi, avant un vote solennel mardi 19 février.

Mais de la gauche de l'hémicycle à sa droite, le projet est critiqué, même si l'UDI-Agir et Libertés et Territoires l'abordent plutôt favorablement.

Hostiles à un texte jugé "désespérant" sur son blog par Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont défendu en vain son rejet préalable, dénonçant la mise en place d'"une start-up éducation" et un détricotage de "l'organisation de l'école républicaine".

Ils ont eu l'appui des communistes qui fustigent un texte au ton "autoritaire" et une communication "orwellienne" du ministre, tandis que pour le PS se dessine un projet éducatif "rétrograde".

Les Républicains, qui ne voteront pas le projet de loi, ont aussi tenté de renvoyer le texte en commission. "Pas convaincu" par sa mesure phare sur l'instruction obligatoire, leur orateur Frédéric Reiss critique "une loi d'affichage", tandis que Patrick Hetzel estime que derrière un "fourre-tout" apparent se cache "une inquiétante volonté de reprise en main de l'ensemble du système éducatif".

Le texte est contesté dès son premier article qui rappelle le devoir "d'exemplarité" des enseignants et le respect que doivent leur manifester élèves et familles, une façon selon la gauche de "museler" les profs.

- "À sa botte" -

Vantée comme "emblématique" par le ministre, l’instruction obligatoire à trois ans, engagement du chef de l’État prévu à l'article 2, doit inclure quelque 25.000 nouveaux élèves chaque année. La mesure fait crier LR "à l'injustice", les collectivités devant à l'avenir financer les maternelles privées sous contrat, tandis que la gauche y voit un "cadeau" au privé.

Le gouvernement, qui promet de compenser le surcoût pour les communes, évoque 100 millions d'euros (50 pour les écoles privées et 50 pour les publiques).

Toujours sur cet article 2, une bataille a été engagée sur le retrait - voulu par le gouvernement - de la mention de l'instruction obligatoire "pour les enfants des deux sexes, français et étrangers", incluse dans le Code de l'éducation, au nom de la "concision". La gauche et certains élus LREM craignent que cela ne freine la scolarisation d'enfants étrangers.

La possibilité de confier aux assistants d'éducation (ex-"pions") des "missions d'enseignement" fait aussi débat. "Mesure sociale" qui permettra "d'accompagner financièrement de futurs professeurs", selon le ministre, elle est décriée par la gauche comme une façon d'"ubériser le métier d'enseignant".

Avec la création du Conseil d'évaluation de l'école (CEE), si le ministre récuse toute "évaluation punitive", mais plutôt une "évaluation-levier", PCF, PS ou LR dénoncent la mise en place d'une structure "à sa botte".

Un amendement LREM adopté en commission entend aussi permettre de regrouper les classes d’un collège et d’une ou plusieurs écoles environnantes au sein d'"établissements publics des savoirs fondamentaux". "Encore plus d’écoles qui fermeront" dans les zones rurales, dénonce M. Mélenchon, tandis que le PCF y voit "une nouvelle brique dans la construction d’une école à plusieurs vitesses".

Dans les ajouts du gouvernement attendus en séance: des mesures pour l'inclusion des élèves handicapés, une obligation de "formation" pour les 16-18 ans, ou encore des sanctions pour les parents ayant inscrit leur enfant dans un établissement privé interdit.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen came to support the candidate of the Rassemblement National during a visit to La Fleche in the Sarthe region.
14min

Politique

« Ce n’est pas acquis, mais probablement à notre portée » : quelles sont réellement les chances du RN d’avoir un groupe au Sénat ?

Pour les sénatoriales, le RN espère créer son premier groupe à la Haute assemblée. « C’est un objectif qu’on s’est donné mais qui n’est pas si simple à atteindre », reconnaît le vice-président du RN, Sébastien Chenu. Le RN pourrait-il louper le groupe de peu ? On fait le point, département par département, sur les possibilités de victoires du RN. Mais en cas de difficultés, le RN a déjà noué quelques « contacts » avec des sénateurs d’autres groupes qui pourraient faire le transfert…

Le

The back-to-school campus of the Republicans party – Pavillon Baltard, Nogent-sur-Marne, 2026-09-12
4min

Politique

Logement : Bruno Retailleau propose de déduire de l’impôt, les intérêts d'emprunt pour un prêt immobilier, en fonction du nombre d'enfants

Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.

Le

La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 (source au sein de l’exécutif)
7min

Politique

Sondage : Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent le second tour face à Marine Le Pen

Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.

Le

Bloche
11min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : que retenir de l'audition de Patrick Bloche au Sénat ?

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

Le