Bonus-malus, transfert des indemnités journalières: pour le Medef, c’est toujours non
Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a redit jeudi à l'exécutif son opposition à l'instauration d'un bonus-malus pour...

Bonus-malus, transfert des indemnités journalières: pour le Medef, c’est toujours non

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Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a redit jeudi à l'exécutif son opposition à l'instauration d'un bonus-malus pour pénaliser les entreprises abusant des contrats courts ainsi qu'à un transfert des indemnités journalières aux entreprises pour contrer la hausse des arrêts maladie de courte durée.

"On a rappelé notre opposition au système du bonus-malus, quels qu'en soient les paramètres, non pas pour des raisons dogmatiques ou idéologiques (mais) parce que c'est la nature de l'activité qui amène à avoir des contrats courts ou un turn over important", a-t-il déclaré en sortant d'une entrevue avec le Premier ministre, citant par exemple "les extras dans la restauration".

Edouard Philippe a débuté mercredi des rencontres avec toutes les organisations patronales et syndicales sur la nouvelle réforme de l'assurance chômage et sur la santé au travail. Celles-ci s'achèveront en début de semaine prochaine.

Sur la santé au travail, "nous sommes ouverts à une refonte du système", mais "pas forcément un système qui soit totalement national car les métiers ont des spécificités", a-t-il dit. Un rapport sur la santé au travail remis mardi préconise un organisme national pour la coordination et un "guichet unique" par région pour accompagner les entreprises.

Par ailleurs, "j'ai rappelé très fortement au Premier ministre notre opposition au déremboursement éventuel des indemnités journalières", a-t-il dit. "Il faut essayer de réfléchir à des solutions en prenant le temps du diagnostic".

Pour Alain Griset, président de l'U2P (artisans, commerçants et professions libérales), reçu également, faire payer les entreprises serait "une double pleine": "quand vous avez trois, quatre salariés, le fait d'en avoir un en maladie c'est déjà contraignant pour l'entreprise au sein de l'organisation, mais si en plus il faut payer l'arrêt maladie, c'est la double peine".

Il s'est en outre dit "favorable à une simplification des dispositifs" sur la santé au travail ainsi qu'à "une différenciation au niveau de la visite médicale" en fonction des métiers. "Celui qui est couvreur ou charpentier (...) il peut avoir besoin d'avoir des contrôles un peu plus poussés, à notre avis c'est pas tout à fait la même chose pour une secrétaire ou une comptable dans une entreprise", a-t-il dit.

Si le Premier ministre a affirmé dimanche écarter l'idée d'un "transfert brutal" du financement des arrêts de courte durée de la sécurité sociale vers les entreprises, il souhaite que les partenaires sociaux trouvent des solutions pour que l'absentéisme cesse d'augmenter.

Ce projet de mettre à la charge des entreprises quatre jours d'indemnités journalières pour les arrêts d'une semaine avait été révélé début août par Les Echos.

Opposée à cette mesure, la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait suggéré, selon une lettre révélée par L'Express, de la présenter "comme une solution ultime au cas où les partenaires sociaux ne trouveraient pas une autre source d'économies par la négociation".

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert, également reçue par Edouard Philippe jeudi, a réaffirmé que la réforme de l'assurance chômage n'était "pas adaptée" pour son secteur, essentiellement formé d'indépendants. "Le dispositif marchera pour les salariés du monde agricole, mais pas pour les chefs d'entreprise", a-t-elle dit à l'AFP. La réforme des arrêts de travail ne lui semble pas non plus adéquate.

Elle a par ailleurs redit la "ferme" opposition de la FNSEA à la suppression du dispositif TO/DE (travailleurs occasionnels demandeurs d'emploi), qui permet de faire bénéficier les employeurs du secteur agricole d'exonérations de cotisations patronales. "Nous avons 930.000 contrats concernés (...). Si on supprime le TO/DE, beaucoup d'activités s'arrêteront, les asperges, les cerises et même la viticulture (seront) touchées", a-t-elle déclaré.

La FNSEA a remis au Premier ministre un tableau comparant l'évolution des surfaces de fraises ou d'asperges en France et en Allemagne depuis 20 ans, montrant une réduction de 29 à 56% des surfaces alors qu'elles ont progressé de 72 à 112% en Allemagne. "La différence vient des cotisations sociales", a-t-elle dit.

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