Bonus-malus, transfert des indemnités journalières: pour le Medef, c’est toujours non
Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a redit jeudi à l'exécutif son opposition à l'instauration d'un bonus-malus pour...

Bonus-malus, transfert des indemnités journalières: pour le Medef, c’est toujours non

Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a redit jeudi à l'exécutif son opposition à l'instauration d'un bonus-malus pour...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a redit jeudi à l'exécutif son opposition à l'instauration d'un bonus-malus pour pénaliser les entreprises abusant des contrats courts ainsi qu'à un transfert des indemnités journalières aux entreprises pour contrer la hausse des arrêts maladie de courte durée.

"On a rappelé notre opposition au système du bonus-malus, quels qu'en soient les paramètres, non pas pour des raisons dogmatiques ou idéologiques (mais) parce que c'est la nature de l'activité qui amène à avoir des contrats courts ou un turn over important", a-t-il déclaré en sortant d'une entrevue avec le Premier ministre, citant par exemple "les extras dans la restauration".

Edouard Philippe a débuté mercredi des rencontres avec toutes les organisations patronales et syndicales sur la nouvelle réforme de l'assurance chômage et sur la santé au travail. Celles-ci s'achèveront en début de semaine prochaine.

Sur la santé au travail, "nous sommes ouverts à une refonte du système", mais "pas forcément un système qui soit totalement national car les métiers ont des spécificités", a-t-il dit. Un rapport sur la santé au travail remis mardi préconise un organisme national pour la coordination et un "guichet unique" par région pour accompagner les entreprises.

Par ailleurs, "j'ai rappelé très fortement au Premier ministre notre opposition au déremboursement éventuel des indemnités journalières", a-t-il dit. "Il faut essayer de réfléchir à des solutions en prenant le temps du diagnostic".

Pour Alain Griset, président de l'U2P (artisans, commerçants et professions libérales), reçu également, faire payer les entreprises serait "une double pleine": "quand vous avez trois, quatre salariés, le fait d'en avoir un en maladie c'est déjà contraignant pour l'entreprise au sein de l'organisation, mais si en plus il faut payer l'arrêt maladie, c'est la double peine".

Il s'est en outre dit "favorable à une simplification des dispositifs" sur la santé au travail ainsi qu'à "une différenciation au niveau de la visite médicale" en fonction des métiers. "Celui qui est couvreur ou charpentier (...) il peut avoir besoin d'avoir des contrôles un peu plus poussés, à notre avis c'est pas tout à fait la même chose pour une secrétaire ou une comptable dans une entreprise", a-t-il dit.

Si le Premier ministre a affirmé dimanche écarter l'idée d'un "transfert brutal" du financement des arrêts de courte durée de la sécurité sociale vers les entreprises, il souhaite que les partenaires sociaux trouvent des solutions pour que l'absentéisme cesse d'augmenter.

Ce projet de mettre à la charge des entreprises quatre jours d'indemnités journalières pour les arrêts d'une semaine avait été révélé début août par Les Echos.

Opposée à cette mesure, la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait suggéré, selon une lettre révélée par L'Express, de la présenter "comme une solution ultime au cas où les partenaires sociaux ne trouveraient pas une autre source d'économies par la négociation".

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert, également reçue par Edouard Philippe jeudi, a réaffirmé que la réforme de l'assurance chômage n'était "pas adaptée" pour son secteur, essentiellement formé d'indépendants. "Le dispositif marchera pour les salariés du monde agricole, mais pas pour les chefs d'entreprise", a-t-elle dit à l'AFP. La réforme des arrêts de travail ne lui semble pas non plus adéquate.

Elle a par ailleurs redit la "ferme" opposition de la FNSEA à la suppression du dispositif TO/DE (travailleurs occasionnels demandeurs d'emploi), qui permet de faire bénéficier les employeurs du secteur agricole d'exonérations de cotisations patronales. "Nous avons 930.000 contrats concernés (...). Si on supprime le TO/DE, beaucoup d'activités s'arrêteront, les asperges, les cerises et même la viticulture (seront) touchées", a-t-elle déclaré.

La FNSEA a remis au Premier ministre un tableau comparant l'évolution des surfaces de fraises ou d'asperges en France et en Allemagne depuis 20 ans, montrant une réduction de 29 à 56% des surfaces alors qu'elles ont progressé de 72 à 112% en Allemagne. "La différence vient des cotisations sociales", a-t-elle dit.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bonus-malus, transfert des indemnités journalières: pour le Medef, c’est toujours non
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Bonus-malus, transfert des indemnités journalières: pour le Medef, c’est toujours non
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le