Calais, accords du Touquet : Macron sur le front de l’immigration
Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent de la politique migratoire d’Emmanuel Macron, mise à mal par de nombreuses associations humanitaires ainsi que des intellectuels, parmi lesquels des proches du Président de la République et sur sa volonté de compléter les accords du Touquet.  

Calais, accords du Touquet : Macron sur le front de l’immigration

Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent de la politique migratoire d’Emmanuel Macron, mise à mal par de nombreuses associations humanitaires ainsi que des intellectuels, parmi lesquels des proches du Président de la République et sur sa volonté de compléter les accords du Touquet.  
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Emmanuel Macron va tenter jeudi d’impliquer plus avant les Britanniques dans le dossier immigration, après sa visite à Calais où il a défendu fortement sa politique migratoire.

Lors du sommet franco-britannique, jeudi 18 janvier, il veut compléter les accords du Touquet, accords signés par Paris et Londres en février 2003, concernant la surveillance de la frontière entre la France et le Royaume-Uni. La France considère que ces accords entraînent un afflux de migrants à Calais, ces derniers souhaitant se rendre au Royaume-Uni.

François Gemenne, chercheur en science politique et spécialiste des migrations, est catégorique : « Il est clair que ces accords du Touquet, tels qu’ils sont aujourd’hui, sont complètement déséquilibrés (…) Si Emmanuel Macron ne parvient pas à obtenir une renégociation, toutes les paroles d’aujourd’hui seront des paroles en l’air. (…) Les Anglais doivent, à mon sens, accueillir au moins les mineurs isolés qui sont à Calais, ceux qui vont rejoindre leur famille en Angleterre ; ça fait partie des obligations humanitaires minimales que l’Angleterre doit accepter. La France ne peut plus continuer à faire pour le compte de l’Angleterre, ce qu’elle refuse de faire. »

Dimanche dernier,  Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, a indiqué dans une interview, vouloir « un protocole additionnel » aux accords du Touquet, avec en particulier la « prise en charge d’un certain nombre de coûts » par les Britanniques.

Dans son discours de Calais, le Président de la République a également appelé les associations humanitaires à la « responsabilité », en déplorant « les mensonges » diffusés par « de trop nombreux » acteurs et est revenu sur le fait que certaines associations pouvaient pousser les migrants à enfreindre la légalité. Sur le plateau d’ « On va plus loin », Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde, répond au Président de la République : « J’espère que Monsieur Macron ne met pas toutes les ONG, toutes les associations dans le même sac (…) On est quand même des associations responsables en ce qui concernent les réponses à des besoins vitaux pour des personnes qui arrivent sur le territoire français et ça depuis de nombreuses années (…) Parfois, en face de situations et de traitements indignes des personnes, il nous arrive de pousser un peu loin les textes législatifs (…) Cela nous est effectivement arrivé d’être dans des cas de désobéissance civile »

La présidente de Médecins du Monde explique pourquoi son association a refusé de participer à la dernière réunion avec le Président de la République, contrairement à ses habitudes : « On n’a pas été tellement concerté, ni même écouté et on le regrette profondément. Et on l’a dit à Monsieur Edouard Philippe, on a été très déçu de cette attitude, pour quand même un gouvernement qui se revendique issu de la société civile. »

Interrogée sur les possibles cas de violences policières, dénoncées par certaines ONG, Laetitia Avia, députée (LREM) de Paris, porte-parole de La République en Marche, réagit : « Aucun responsable politique ne peut aujourd’hui cautionner des comportements tels que ceux qui ont été dénoncés par voie de presse ou sur les réseaux sociaux à l’encontre des migrants (…) Mais ma réponse est toujours la même : « Où sont ces éléments de preuve ? Où sont les photos ? Où sont les vidéos ? Et si jamais elles sont là, j’en appelle à la responsabilité de ceux qui les détiennent pour qu’ils engagent une procédure judiciaire. »

Quant au regard, souvent défavorable, que porte la majorité de l’opinion française sur l’immigration, le spécialiste de l’immigration l’explique : « Les images qui leur sont renvoyées sont sans cesse les images d’une situation de crise, qui génère chez les Français de l’anxiété et c’est bien normal. Il est important de montrer et de rappeler que l’essentiel de l’immigration, ce sont des gens comme vous et moi, qui ont une vie normale, qui vont emmener leurs enfants à l’école, qui répondent à des offres d’emploi, qui font la cuisine chez eux. »

 

Vous pouvez voir le débat dans son intégralité :

Calais, accords du Touquet : Macron sur le front de l’immigration (débat en intégralité)
25:26

 

 

 

 

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