Castaner: réflexion à venir sur un « changement de doctrine de maintien de l’ordre »
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, en visite au centre d'entraînement de la gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne),...

Castaner: réflexion à venir sur un « changement de doctrine de maintien de l’ordre »

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, en visite au centre d'entraînement de la gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne),...
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Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, en visite au centre d'entraînement de la gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne), a annoncé vendredi une "réflexion élargie", "dans les mois qui viennent", sur un "changement de doctrine de maintien de l'ordre".

"L'ordre public change. Les violences se multiplient, l'émeute s'invite trop systématiquement dans la manifestation, nous devons réagir" par un "nouveau schéma national de maintien de l'ordre", a déclaré M. Castaner, dans un discours à des gendarmes et CRS.

Ce schéma "devra répondre aux nouvelles formes de violence, porter des changements profonds dans la communication autour des manifestations, faire évoluer nos tactiques et modes d'actions. Il s'appuiera aussi sur l'innovation et les progrès technologiques", a précisé le ministre, qui avait déjà évoqué, fin 2018, une telle révision.

"L'objectif est que dans les mois qui viennent nous puissions y voir clair, échanger, y compris avec les parlementaires, commission des lois, pour aboutir à ce changement de doctrine, ou à cette évolution de doctrine", a-t-il ajouté.

Pour "élargir la réflexion", "un collège d'experts se réunira, (qui) rassemblera des personnalités de tous horizons". Gendarmes et policiers, "professionnels du maintien de l'ordre", seront "naturellement associés à cette démarche".

"Il ne s'agit pas de considérer que tout ce qui est fait aujourd'hui serait mauvais, ce n'est pas le cas. Mais à partir de ce qui est fait, voir comment nous pouvons adapter, faire évoluer notre dispositif, modifier notre matériel, prévoir des plans d'investissement".

Il a cité l'exemple de "l'efficacité des engins lanceurs d'eau" --il a embarqué dans l'un d'eux vendredi--, qui "mérite peut-être que nous renforcions nos moyens sur ces sujets-là".

Concernant le lanceur de balles de défense (LBD), au coeur d'une vive polémique en lien avec le mouvement des "gilets jaunes", M. Castaner a jugé "essentiel qu'elles (ces armes de défense) puissent être conservées. Mais il y a une doctrine". "Et s'il nous faut des évolutions, comme nous l'avons décidé par exemple sur l'équipement en caméra-piéton quand il y a utilisation du LBD (...), nous sommes parfaitement ouverts à les étudier".

"Nous devons faire un retour d'expérience complet sur les événements de ces dernières semaines, de ces dernières années", a résumé le ministre, en référence aux heurts ponctuant les manifestations des "gilets jaunes", mais aussi aux manifestations autour de la Loi El-Khomri, ou à l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes.

M. Castaner a assisté au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie --qui a 50 ans cette année-- à un exercice de maintien de l'ordre, dans un vrai-faux centre-ville. Forces de l'ordre et figurants ont simulé une "manifestation calme avec casseurs infiltrés" et qui dégénère, avec jets de projectiles, lacrymogènes, canons à eau, grenades de désencerclement, blindés, charges, etc. Des scènes que plusieurs villes connaissent chaque samedi depuis quatre mois.

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