Climat: Macron promet des « décisions fortes » et ouvre la porte à un référendum
Emmanuel Macron a assuré vendredi aux 150 Français de la Convention citoyenne sur le climat (CCC) que des "décisions fortes"...

Climat: Macron promet des « décisions fortes » et ouvre la porte à un référendum

Emmanuel Macron a assuré vendredi aux 150 Français de la Convention citoyenne sur le climat (CCC) que des "décisions fortes"...
Public Sénat

Par Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS, Jérôme RIVET

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Emmanuel Macron a assuré vendredi aux 150 Français de la Convention citoyenne sur le climat (CCC) que des "décisions fortes" seront prises sur la base de leurs propositions pour lutter contre le réchauffement, dont certaines pourront être soumises à référendum.

"Si on veut ensemble réussir cette aventure démocratique inédite, j'ai besoin que vous sachiez prendre des options fortes", a déclaré le chef de l'Etat lors de longs échanges avec les membres de la Convention. "Sur cette base", "je prends l'engagement que des décisions fortes seront prises", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a indiqué qu'il souhaitait, "sur quelques mesures, en appeler à un référendum, car c'est ce qui permettra de partager avec tout le monde la préoccupation sur le sujet".

La décision sera prise à l'issue des travaux de la Convention, qui devrait remettre ses conclusions début avril.

"Je m'engage à revenir devant vous rendre compte des décisions" qui seront prises par le gouvernement sur la base des propositions, a assuré Emmanuel Macron durant cet échange de deux heures et demi au Comité économique, social et environnemental (Cese) à Paris.

Comme plusieurs membres de la Convention, Yolande a déclaré espérer que leurs propositions "pourront permettre une réduction considérable des émissions de gaz à effet de serre et qu'elles sauront répondre aux attentes des citoyens et à la hauteur des portes-monnaie de tous les contribuables".

Cette femme de Douarnenez (Finistère) a ensuite sans détour interpellé Emmanuel Macron sur son bilan en matière de "justice sociale", rappelant ainsi les échanges du "grand débat national", à l'issue duquel il avait lancé la Convention citoyenne.

- "Consensus" -

Pour le chef de l'Etat, cet exercice inédit de démocratie délibérative peut être "une réponse essentielle à la défiance" de l'opinion envers le monde politique. "Par votre travail, on peut lever une contrainte qui est celle du consensus", a-t-il affirmé face à ces citoyens venus de toute la France après avoir été tirés au sort. "J'ai fait cette Convention pour que vous forciez la main au système", a-t-il poursuivi, se disant "tout à fait prêt" à ce que des délégations de la convention soient "associés au rendez-vous européens et internationaux".

Réagissant en direct sur Twitter, Greenpeace a regretté qu'Emmanuel Macron, tout en soulignant les "responsabilités" des 150 citoyens, "n'a décidément pas pris les siennes: de renoncements en fausses promesses, la politique climatique du Président n'est pas à la hauteur".

Quelques heures avant le débat, les ONG membres du Réseau Action Climat (RAC) avaient dénoncé le "grand écart" entre les "petits pas" du gouvernement pour le climat et les discours d'Emmanuel Macron.

L'eurodéputé Pascal Canfin (Renew) s'est, lui, félicité de la possibilité d'"un référendum à questions multiples", qui "serait une première mondiale" sur le dossier climatique.

- "On a fait une erreur" -

Dans l'assistance, Hubert 56 ans, a été "convaincu" par la "sincérité" et "l'ambition pour la transition climatique" du chef de l'Etat. Olivier, venu de Valence dans la Drôme, est plus dubitatif: "c'est une sorte de culpabilisation des citoyens et pendant ce temps les vrais pollueurs se frottent les mains.

Avant de répondre aux questions, Emmanuel Macron est revenu sur le "risque" qu'il avait pris en lançant au printemps 2019 la Convention citoyenne en réponse au "grand débat national" né de la crise des "gilets jaunes" et du rejet de la hausse de la taxe carbone.

Pour lui, il s'agissait de répondre aux Français qui ont "un problème de fin du mois et de fin du monde" et qui estiment "subir les décisions prises trop de haut en bas, peut-être trop simplistes, et qui ne prennent pas en compte les réalités de (leur) situation".

"On a fait une erreur sur la taxe carbone", a-t-il reconnu, "et j'ai ma part de responsabilité" même si "elle a été votée" avant son élection en 2017.

Depuis octobre, les membres de la CCC se sont réunis à trois reprises pour examiner, en auditionnant des experts, sur cinq thèmes: se déplacer, se loger, se nourrir, produire et travailler et consommer. Certains planchent aussi sur des questions transversales comme le financement ou l'opportunité d'une révision de la Constitution.

La session de ce week-end doit être consacrée à examiner les premières propositions avec l'objectif de les finaliser pour le début du mois d'avril.

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