Comment cette jeune maire a sauvé son village
À 39 ans, Sophie Gargowitsch est maire d’un petit village du Lot-et-Garonne. Cette ancienne professeure d’anglais a mis entre parenthèses sa vie d'avant pour s’investir totalement dans la dynamisation de son village et son département et faire vivre son territoire.

Comment cette jeune maire a sauvé son village

À 39 ans, Sophie Gargowitsch est maire d’un petit village du Lot-et-Garonne. Cette ancienne professeure d’anglais a mis entre parenthèses sa vie d'avant pour s’investir totalement dans la dynamisation de son village et son département et faire vivre son territoire.
Public Sénat

Par Amélia Morghadi

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Sophie Gargowitsch, lunettes violettes chaussées sur le nez, et parka verte sur le dos, a de l’énergie à revendre. Cette élue, divers gauche, du Lot-et-Garonne est la maire dynamique, de Blanquefort-sur-Briolance, une commune de moins de 500 habitants. Ancienne professeure d’anglais, elle a aussi un mandat au conseil départemental.

Blanquefort-sur-Briolance
Les gites du Mayne

Un investissement total

Ce matin-là, c’est elle qui va, dans sa petite voiture noire, chercher de quoi approvisionner la cantine municipale. Elle consacre l'essentiel de son temps et les 967 euros de son indemnité à sa commune. «  C'est une indemnité et pas un salaire » explique-t-elle, « je m’en sers pour acheter des décors, pour acheter du matériel pour l'école, pour la cantine… Je ne me fais rembourser aucun frais » .

« Les 967 euros d'indemnité ? Je m’en sers pour acheter des décors, pour acheter du matériel pour l'école, pour la cantine… Je ne me fais rembourser aucun frais » .

Pour Sophie Gargowitsch, qui est selon elle, « quelqu’un qui dit tout ce qu'il pense au moment où il le pense", être maire n’est pas un métier, mais une mission.  À 38 ans, elle est presque une exception : en France, seulement un maire sur 10 est une femme, et moins de 4% sont trentenaires.

Amour pour son prochain, et de son village, modernité et enthousiasme, Sophie Gargowitsch prend les choses à cœur loin de tout calcul politique : « Je suis moi » dit-elle en riant.

Une école publique Montessori

Élue en 2014, elle est très vite confrontée au phénomène de désertification des zones rurales. L’école de Blanquefort-sur-Briolance est obligée de fermer. Mais Sophie lutte pour son projet et s’adresse au Ministère de l’éducation nationale. En 2016, l’école renaît de ses cendres sous une forme toute particulière. Elle devient la première école publique de France qui pratique la méthode Montessori, une pédagogie axée sur l'autonomie de l'enfant. Cette méthode d’éducation, qui implique généralement du matériel onéreux, coûte souvent cher aux parents dans les écoles privées, mais ici la scolarité est gratuite.

Alors pour récolter les fonds nécessaires, rien n’est laissé de côté : stands au marché tenu par les parents d'élèves pour vendre des créations artisanales des élèves, campagnes de crowdfunding sur internet, initiatives individuelles… Blanquefort retrouve son dynamisme, des nouvelles familles s'installent.

Une volonté de renouveau qu’elle applique aussi au niveau départemental.

Une maire qui lutte contre la fracture numérique
03:02

Lutter à l’échelle départementale

Au conseil départemental, elle est rattachée au groupe divers gauche, mais elle se revendique sans parti. Son nouveau combat : lutter contre le désenclavement numérique des zones rurales.

« La moitié de la collectivité n'avait pas accès à un réseau, ni internet ni téléphone ». Elle part elle-même assister à l’aube les ouvriers qui placent les antennes paraboliques pour s’assurer que tout se passe comme prévu.

Pierre Camani, président et sénateur PS du département Lot-et-Garonne, la connaît bien :  «  grâce à elle, le numérique prend une sacrée accélération » souligne-t-il. «  C'est quelqu'un qui est très dynamique dans la relation avec son président, et tant qu'elle n'a pas obtenu ce qu'elle souhaite, elle l'embête jusqu'à ce qu'elle obtienne satisfaction » s'amuse le président du département.

 

Sophie Gargowitch, maire "pur produit de l'école républicaine"
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La diversité comme richesse

Avant d’être élue, elle était professeure, et elle se présente comme un « pur produit de l'école républicaine ». D’origine portugaise, elle demande la nationalité française à l’âge de 16 ans. La jeune maire se livre : « Mes origines je les aime ». Et cette différence, elle la cultive jusque dans sa petite commune d’à peine 472 habitants. Dans le village on compte une entrepreneuse néerlandaise, un aubergiste britannique… pour cette maire, la diversité est une force. Un « melting-pot » qu’elle revendique avec fierté et qui rend son village attractif et dynamique.

«  Pas question de me représenter, pour ne pas me perdre »

Quant à l’avenir, pour elle, pas question de se représenter, « pour ne pas me perdre ». À la fin de son mandat, Sophie Gargowitsch retournera « auprès des siens ».

 

Retrouvez « Sophie Gargowitsch : Maire en Campagne »  dans C'est vous la France, le mardi 6 mars à 13H00, sur Public Sénat.

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