Congrès AMF : les maires veulent des négociations avec l’exécutif
Les maires réunis depuis mardi en congrès à Paris veulent passer à une phase de négociation avec l'exécutif sur les principaux...

Congrès AMF : les maires veulent des négociations avec l’exécutif

Les maires réunis depuis mardi en congrès à Paris veulent passer à une phase de négociation avec l'exécutif sur les principaux...
Public Sénat

Par Dominique CHABROL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les maires réunis depuis mardi en congrès à Paris veulent passer à une phase de négociation avec l'exécutif sur les principaux dossiers fiscaux ou institutionnels, pour sortir de la période d'incompréhension qui a marqué le début du quinquennat.

"Ce qui importe, c'est que nous discutions et que nous puissions négocier", affirme François Baroin (LR), président de l'Association des maires de France (AMF).

Emmanuel Macron, qui veut rétablir le dialogue avec les territoires, ne se rendra pas cette année devant le congrès qui se tient jusqu'à jeudi Porte de Versailles. Le chef de l'État recevra en revanche mercredi soir plusieurs centaines de maires, ainsi que le bureau de l'AMF à l'Élysée.

"Certains d'entre nous sont invités au château. Cette démarche surprenante fait beaucoup plus Ancien Régime que Nouveau Monde", a relevé le vice-président de l'association, le socialiste André Laignel.

Déterminés à se faire entendre, les maires doivent élaborer une "plateforme de négociation" qui fera l'objet d'une résolution finale de leur congrès. Des revendications que l'AMF entend soumettre dès mercredi au chef de l'État.

Parmi les sujets sur lesquels les élus attendent des réponses : les modalités de compensation du montant de la taxe d'habitation pour les communes, la question des dotations, les emplois aidés, la relance du logement, les contrats financiers avec l'État ou encore la révision constitutionnelle.

Autant de dossiers sur lesquels l'AMF souhaite que l'exécutif s'engage avant la fin du premier semestre 2019 pour assurer de la visibilité aux élus et aux candidats aux élections municipales de mars 2020.

La ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, s'est dite "très contente que François Baroin envisage une phase de négociation", sur la réforme de la fiscalité locale en particulier.

Dans une interview au Parisien, la ministre avait soupçonné "certains dirigeants" de l'AMF d'être "dans une posture plus politique" que d'autres associations d'élus et de ne pas accepter la main tendue du gouvernement.

- "Idiots" -

Grand rendez-vous des maires et des communes, le congrès de l'AMF réunit habituellement 10.000 à 15.000 personnes sur trois jours.

Après une quasi-rupture fin septembre lors du Congrès des régions, les motifs d'incompréhension ne manquent pas entre les élus locaux et l'exécutif, qui n'entend pas laisser le champ libre à l'AMF.

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a arpenté mardi les stands du salon des maires. Il en a profité pour taxer d'"idiots", au micro de Public Sénat, ceux qui "ont fait #balancetonmaire", la campagne lancée mi-octobre par des militants d'En Marche pour dénoncer des hausses de la taxe d'habitation dans certaines communes.

Mme Gourault devrait elle être présente mercredi et jeudi sur le stand de son ministère et le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, était annoncé durant les trois jours de la manifestation.

Prochain grand rendez-vous des collectivités territoriales : la réforme de la fiscalité locale, qui doit être discutée dans les prochains mois.

Des discussions que les trois grandes associations d'élus - AMF, Assemblée des départements, Régions de France - entendent préparer ensemble avec, selon le président de l'ADF Dominique Bussereau (ex-LR), "des positions systématiquement communes" pour ne pas permettre au gouvernement de jouer les collectivités les unes contre les autres.

Dans cette perspective, les trois associations, qui réclament une nouvelle phase de décentralisation, ont entamé la semaine dernière une série d'une douzaine de réunions publiques sur le territoire.

Les maires ont par ailleurs lancé en ouverture de leur congrès une campagne nationale #MaCommuneJyTiens à destination du grand public - programmée de longue date - avec un mot d'ordre, "On le fait !"

Plusieurs ministres - Jean-Michel Blanquer (Éducation), Julien Denormandie (Ville)... - doivent débattre de leur thématique mercredi et jeudi avec les élus. Et le Premier ministre Édouard Philippe prononcera jeudi le discours de clôture.

Partager cet article

Dans la même thématique

Congrès AMF : les maires veulent des négociations avec l’exécutif
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Congrès AMF : les maires veulent des négociations avec l’exécutif
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le