Invité de la matinale de Public Sénat, Brice Hortefeux est revenu sur le Congrès des Républicains qui s’ouvre demain à 8h. L’ancien ministre de l’Intérieur soutient Valérie Pécresse, mais s’est surtout félicité de la bonne tenue de la campagne interne et regarde vers « l’unité » qui sera nécessaire à l’issue du Congrès.
Congrès LR : « Éric Zemmour se calque sur notre calendrier », juge Brice Hortefeux
Invité de la matinale de Public Sénat, Brice Hortefeux est revenu sur le Congrès des Républicains qui s’ouvre demain à 8h. L’ancien ministre de l’Intérieur soutient Valérie Pécresse, mais s’est surtout félicité de la bonne tenue de la campagne interne et regarde vers « l’unité » qui sera nécessaire à l’issue du Congrès.
À 24h de l’ouverture des votes en ligne pour le congrès des Républicains, Brice Hortefeux se réjouit – avant toute considération sur le futur résultat – de la centralité que prend l’événement dans la vie politique française : « La vie publique s’organise autour des Républicains. Un autre candidat se calque sur notre calendrier. » Cet « autre candidat », c’est Éric Zemmour, qui va déclarer sa candidature ce mardi et tenir un meeting samedi 4 décembre prochain, le jour de l’annonce des résultats du deuxième tour du Congrès des Républicains. Zemmour marque donc les LR à la culotte, mais Brice Hortefeux y voit un signe de « bonne santé » du parti : « J’y vois la confirmation que les Républicains sont de retour et deviennent le pivot de la vie politique de notre pays. »
« Christian Jacob a réussi à mettre autour de la table ceux qui l’avaient quittée ou qui avaient menacé de la renverser »
L’autre bon signe pour l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy – qui s’y connaît en guerres internes fratricides – c’est « l’unité » affichée entre les différents candidats : « Nous serons unis. C’est ce qui est intéressant, c’est décevant pour les journalistes, mais les débats étaient respectueux et de bonne tenue. » Brice Hortefeux soutient Valérie Pécresse « pour son courage et sa ténacité », dont il affirme avoir été témoin au sein du gouvernement de François Fillon quand la présidente de la région Île-de-France était ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Toutefois, unité oblige, Brice Hortefeux a un mot pour les concurrents de sa championne, qu’il « apprécie » dans leur « diversité » : « J’apprécie Éric Ciotti, Philippe Juvin, Michel Barnier et je respecte la démarche de Xavier Bertrand. » Nous voilà rassurés, l’unité des LR n’a pas totalement émoussé les sarkozystes, et le président des Hauts-de-France appréciera « le respect » que Brice Hortefeux porte à « sa démarche. »
Force est de constater que « Christian Jacob a réussi à mettre autour de la table ceux qui l’avaient quittée ou qui avaient menacé de la renverser » et que, jusqu’à maintenant – il reste un débat ce soir – les LR n’ont pas cédé aux sirènes des attaques personnelles et des phrases assassines. Mais précisément, n’est-ce pas aussi ce qui rend la campagne un peu trop feutrée et calme pour mobiliser plus largement ? Pas du point de vue de Brice Hortefeux, qui compte sur la dynamique post-congrès et le « grand meeting » envisagé par Christian Jacob le 11 décembre. Enfin, si la situation sanitaire permet l’organisation d’un tel événement, ce qui est encore aujourd’hui incertain selon Brice Hortefeux.
Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.