Réforme des retraites « à la hussarde » : Laurent Berger met en garde contre la fatigue démocratique
Le secrétaire général de la CFDT se positionne clairement contre un report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Se référant aux prévisions du Conseil d’orientation des retraites, il rappelle que le système « n’est pas fragile financièrement ». Il redoute enfin que le dispositif de départ anticipé pour carrière longue ne fasse les frais d’une réforme.

Réforme des retraites « à la hussarde » : Laurent Berger met en garde contre la fatigue démocratique

Le secrétaire général de la CFDT se positionne clairement contre un report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Se référant aux prévisions du Conseil d’orientation des retraites, il rappelle que le système « n’est pas fragile financièrement ». Il redoute enfin que le dispositif de départ anticipé pour carrière longue ne fasse les frais d’une réforme.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Inutile de reculer l’âge légal de départ à la retraite, aujourd’hui fixé à 62 ans, pour des motifs budgétaires. C’est le message principal qu’adresse ce 4 avril Laurent Berger. Le secrétaire général de la CFDT, invité d’Audition publique (Public Sénat / LCP-Assemblée nationale / Le Figaro Live), en veut pour preuve les rapports sur le sujet. « Toutes les études montrent, y compris celle du Conseil d’orientation des retraites (COR), que sur le moyen et le long terme le système par répartition n’est pas fragile financièrement », explique-t-il, en prenant soin de rappeler que la situation de l’emploi « s’est améliorée ».

Le leader syndical réaffirme son opposition à cette proposition phare défendue par Emmanuel Macron et Valérie Pécresse. « La CFDT est contre un report de l’âge légal à 65 ans. On est contre aujourd’hui et on sera contre dans deux mois », insiste-t-il. Et d’ajouter : « On est bien loin d’une amélioration qualitative du système des retraites ». Selon lui, un système plus juste ne « nécessite pas de reporter l’âge légal ».

Face à l’éventualité de cette réforme, Laurent Berger ne cache pas ses craintes sur l’avenir de la retraite anticipée, ce dispositif qui permet aux salariés qui ont commencé à travailler très tôt de se retirer à 60 ans. Il s’agit d’une des conquêtes de la CFDT, obtenue en 2003. « Je n’ai pas l’assurance là-dessus », répond-il.

Le secrétaire général de la CFDT observe parallèlement que la réforme est annoncée pour financer « un autre élément de la protection sociale ». « Là, ce dont il s’agit, c’est de financer peut-être d’autres risques, au sens de la perte d’autonomie. Il y a d’autres manières de le faire », coupe le leader syndical, peu emballé à l’idée d’un nouvel effort des salariés. Laurent Berger préconise plutôt de faire « contribuer l’ensemble des revenus ». « Si vous allez sur la transmission du patrimoine, il n’y a pas grand monde à la hauteur », juge-t-il, en parlant des candidats à l’élection présidentielle.

A moins d’une semaine de l’élection présidentielle, Laurent Berger affiche également ses inquiétudes sur l’éventualité d’une réforme mise sur les rails rapidement au cours de la première année d’un prochain quinquennat, comme le laisse entendre Emmanuel Macron. « Dans le contexte de fatigue démocratique, de difficultés sociales pour une partie des travailleurs — encore une fois, pas tous, je ne suis pas dans le misérabilisme — je ne suis pas sûr que d’annoncer une mesure comme celle-là, et de dire on va le faire à la hussarde, ce soit une bonne nouvelle. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Réforme des retraites « à la hussarde » : Laurent Berger met en garde contre la fatigue démocratique
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le