Corse: Talamoni et Simeoni disent au Premier ministre vouloir un « véritable dialogue »
Après "l'échec" de l'acte I des relations entre la Corse et l'Etat depuis l'élection d'Emmanuel Macron, les dirigeants...

Corse: Talamoni et Simeoni disent au Premier ministre vouloir un « véritable dialogue »

Après "l'échec" de l'acte I des relations entre la Corse et l'Etat depuis l'élection d'Emmanuel Macron, les dirigeants...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Après "l'échec" de l'acte I des relations entre la Corse et l'Etat depuis l'élection d'Emmanuel Macron, les dirigeants nationalistes de l'île ont dit mercredi à Bastia à Edouard Philippe leur souhait d'une "modification profonde du cap pris par le gouvernement et l'Etat en Corse".

"D'un point de vue formel, (la rencontre) s'est bien passée, sur le fond, nous avons réaffirmé notre attente et notre volonté d'un véritable dialogue", a déclaré à la presse le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni, à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre et le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni qui a duré plus d'une heure.

"La démocratie a parlé en Corse à trois reprises (...) nous avons rappelé ce fait démocratique et la nécessité de le prendre en compte", a ajouté à ses côtés M. Talamoni, qui avait boudé un précédent rendez-vous à Matignon en juillet 2018. "Il y a véritablement un problème" dans le fait que les revendications des nationalistes ne soient pas entendues, a-t-il estimé.

Au coeur des tensions, la fin de non-recevoir opposée par le président de la République et le gouvernement aux principales revendications des nationalistes: co-officialité de la langue corse, création d'un statut de résident, rapprochement des prisonniers corses, et plus généralement une autonomie accrue.

Reconnaissant mercredi qu'il n'y avait pas eu "d'avancées" à proprement parler, M. Simeoni a poursuivi: "Le Premier ministre et les ministres qui l'accompagnaient ont écouté nos demandes, notre démonstration. (...) Nous n'attendions pas forcément de réponse immédiate aujourd'hui. Ce que nous attendons (...), c'est une modification profonde du cap pris par le gouvernement et l'Etat en Corse, nous espérons que cela sera le cas dans les jours et dans les semaines à venir".

M. Simeoni a aussi jugé qu'il était "trop tôt" pour estimer si le gouvernement avait changé de méthode: "Le Premier ministre nous a écoutés, il lui appartient maintenant de dire ce qu'il compte faire et à travers également sa parole, nous attendrons la position de chef de l'État, puisque je pense que tout le monde a bien compris qu'in fine, c'est lui qui donnera le +la+".

"L'acte I des relations entre la Corse et l'Etat a manifestement été manqué et peu importe aujourd'hui de savoir qui porte la responsabilité principale de cet échec. Ce qui compte, c'est de savoir si oui ou non il y a la volonté d'ouvrir un acte II qui permette d'aller vers un véritable dialogue et la recherche d'une solution politique (...) . Nous, nous avons cette volonté, (...) nous espérons qu'il y aura la même volonté du côté de Paris", a-t-il conclu.

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le