Covid-19 : « Nous ne voulons pas être les oubliés de la vaccination », alertent les maires ruraux
Alors que les vaccinodromes seront progressivement déployés sur le territoire à compter de ce mardi, les élus locaux craignent que leurs territoires ne deviennent les laissés-pour-compte de la vaccination et appellent à la mise en place de solutions alternatives.

Covid-19 : « Nous ne voulons pas être les oubliés de la vaccination », alertent les maires ruraux

Alors que les vaccinodromes seront progressivement déployés sur le territoire à compter de ce mardi, les élus locaux craignent que leurs territoires ne deviennent les laissés-pour-compte de la vaccination et appellent à la mise en place de solutions alternatives.
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« Il y a une lumière au bout du tunnel avec la vaccination. » Tel est le nouveau credo du gouvernement qui réaffirme, sans relâche, sa volonté de vacciner au plus vite la plus grande part de la population, afin de venir à bout de la crise sanitaire. Le 22 mars, le ministre de la Santé détaillait sa stratégie de mise en place des vaccinodromes, répartis sur l’ensemble du territoire, pour accélérer le rythme de la campagne de vaccination et atteindre l’objectif de 50 000 personnes vaccinées par semaine. Dès ce mardi, et de façon progressive, 100 à 200 centres de vaccination ouvriront leurs portes. Les élus des territoires, toutefois, pointent du doigt une inégalité dans l’accès à la vaccination.

« La mise en place de ces vaccinodromes marque un pas de plus vers le tropisme urbain dont fait preuve le gouvernement », regrette Cédric Szabo, directeur de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). « On privilégie les solutions de concentration, obligeant les gens qui habitent loin de ces centres à une mobilité forcée, alors qu’on pourrait mettre en place d’autres solutions. » Dans cette optique l’AMRF appelle le gouvernement à ne pas délaisser la population rurale, alors que 38 % de la population française vit dans une commune de moins de 3 500 habitants. « Il est inconcevable que les populations rurales soient contraintes de faire plus de 30 minutes de trajet pour se faire vacciner », revendiquent les maires des territoires, qui demandent la mise en place de solutions de proximité.

Utiliser le réseau des pharmacies locales

« Pour ne pas être les oubliés de la vaccination ou les seuls à ne bénéficier que du AstraZeneca, nous réclamons une alternative de proximité », soutient Gilles Noël, maire de Varzy et président des maires ruraux de la Nièvre. « Cette alternative peut être mise en place grâce au réseau des pharmacies, qui pourrait être dans nos villages un élément de diffusion, doté de la confiance des habitants et du lien avec les médecins. On se dit qu’il y a matière à ce que les vaccins ARN Messagers puissent aussi être diffusés en milieu rural plus qu’ils ne le sont aujourd’hui, et le réseau des pharmacies est un facilitateur territorial qui pourrait nous permettre, comme en milieu urbain, de bénéficier de ce développement de la vaccination. » Une revendication partagée par le syndicat des pharmaciens, et les associations de médecins, qui réclament également une solution alternative aux centres de vaccinations urbains.

Dans cette optique, les élus locaux insistent sur l’importance de la décentralisation, et la possibilité pour les maires, préfets et sous-préfets, de faire le lien entre l’Etat et les territoires dans l’organisation de ces solutions alternatives. « Le Puy-de-Dôme n’a pas été très bien traité pour la couverture vaccinale », soutient le sénateur PS Jacques-Bernard Magner. « Chaque semaine, le Préfet organise une visioconférence avec les parlementaires, les présidents de communautés de communes et des chambres consulaires. Dès l’annonce des 13 centres prévus, j’ai insisté sur la nécessité de mieux couvrir les territoires ruraux et notamment le mien, les Combrailles. Depuis, le Préfet a mis en place des centres de vaccination « éphémères » d’une journée avec une centaine de doses. On a bien compris que les doses manquaient et que la logistique était compliquée en particulier pour le Pfizer et le Moderna. Quant à l’AstraZeneca, les derniers débats sur les effets secondaires éventuels ont créé un climat de défiance et réduit les candidats à sa distribution. Il est regrettable de ne pas avoir sollicité plus de communes pour mettre à disposition des locaux pour organiser plus de centres de vaccination », affirme le sénateur.

« On demande la même attention pour la population rurale que pour la population urbaine »

Au-delà du réseau des pharmacies, les maires et élus locaux plaident pour d’autres solutions alternatives. « Il peut y avoir un tas de choses imaginées avec l’assentiment de l’Etat », assure Gilles Noël. « Le conseil départemental de la Nièvre, par exemple, a proposé l’organisation d’une tournée sur une quinzaine ou vingtaine de points, pour permettre la vaccination de quelque 200 personnes à risque dans les villages de 14 000 habitants. L’idée est de créer des mini-centres de vaccination qui compléteraient les vaccinodromes et permettraient à ces personnes qui ne se rendront pas dans les centres de se faire vacciner. » « L’important est de simplifier la vie des gens pour ne pas les obliger à faire des kilomètres inutiles alors qu’une solution locale est possible. On demande la même attention pour la population rurale que pour la population urbaine », conclut Cédric Szabo.

 

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