Covid 19: un atout pour Trump en cette fin de campagne ?
Qu’il tweete ou qu’il ne tweete pas, Donald Trump fait parler de lui. « Sur les 13 derniers mois, on ne dénombre pas moins d’1 milliard de résultats liés à Donald Trump sur les réseaux sociaux. Aux États-Unis, tous les faits et gestes du président sont massivement commentés », analyse Benjamin Grange de Dentsu Consulting. Ainsi, lorsque le 2 octobre dernier, le président américain annonce avoir contracté le coronavirus, la toile s’emballe et le serial twitter nous fait suivre son hospitalisation et sa rapide guérison en direct. Une communication que décryptent Hélène Risser et ses invités cette semaine dans Hashtag.

Covid 19: un atout pour Trump en cette fin de campagne ?

Qu’il tweete ou qu’il ne tweete pas, Donald Trump fait parler de lui. « Sur les 13 derniers mois, on ne dénombre pas moins d’1 milliard de résultats liés à Donald Trump sur les réseaux sociaux. Aux États-Unis, tous les faits et gestes du président sont massivement commentés », analyse Benjamin Grange de Dentsu Consulting. Ainsi, lorsque le 2 octobre dernier, le président américain annonce avoir contracté le coronavirus, la toile s’emballe et le serial twitter nous fait suivre son hospitalisation et sa rapide guérison en direct. Une communication que décryptent Hélène Risser et ses invités cette semaine dans Hashtag.
Public Sénat

Par Quentin Poirier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Si pour Benjamin Grange « Donald Trump n’est pas un malade du Covid comme les autres », c’est peut-être parce qu’on observe deux types de réactions sur les réseaux sociaux quand on parle de sa maladie : « La première c’est de dire bien fait pour lui avec un esprit presque de vengeance. Pour la deuxième, on est sur une forme de caricature. Les internautes se disent : C’est maintenant qu’il s’aperçoit de la dangerosité du virus » dans un pays où près de 8 millions de personnes ont été contaminées depuis le début de la pandémie.

« On a l’impression que certains Américains ne prennent pas vraiment la maladie de Donald Trump au sérieux. Cela suscite notamment de l’amusement, du rire » décrypte Catherine Belzung, spécialiste en neurosciences à l’université François Rabelais de Tours. « J’ai l’impression qu’ils ne sont pas vraiment préoccupés par ce qui lui arrive… » Mais alors, comment le Président tente-t-il de mobiliser cet électorat à quelques jours du scrutin et alors qu’il est affaibli ?


Donald Trump et la Covid 19 : le récit d’un combat

Le lendemain de son hospitalisation, Donald Trump poste une photo de lui en train de travailler à son bureau puis une vidéo où il déclare avoir appris énormément sur la Covid 19 « grâce à sa maladie ». Pour François Durpaire cela fait partie de sa stratégie de communication : « Il essaye de transformer un mal en un bien en racontant l’histoire de son rétablissement ». Pour l’historien, Donald Trump veut faire de cet épisode un véritable « outil d’audience », montrer qu’il est présent et plus légitime que quiconque pour parler de la pandémie puisque contrairement à son adversaire Joe Biden « il a expérimenté la maladie ».

Une com’ offensive qu’il reproduit, quand deux jours plus tard en mettant en scène sa sortie de l’hôpital et son retour à la Maison-Blanche en reprenant les codes des films d’action hollywoodiens. Pour François Durpaire, Donald Trump veut faire passer un message, celle d’une Amérique forte : « Le coronavirus est contagieux, mais pour le Président, la santé l’ait aussi et si lui est rétabli, l’Amérique va également se rétablir ».

 

De la communication en période d’élection

Pour Soufian Alsabbagh, la communication du président est « un storytelling remarquable à l’heure des réseaux sociaux. Donald Trump qui est un homme de la téléréalité, a exacerbé tout ce côté show à l’américaine en surfant sur cet imaginaire qui fait recette, notamment au sein de la droite américaine : celle du héros qui est dans une forme éclatante ».
L’électorat de Donald Trump est très friand de ce genre de mise en scène. Les soutiens du président ont été très actifs sur les réseaux lors de son hospitalisation en appelant notamment à prier pour lui.

Retrouvez l'intégralité de l'émission dimanche à 0h30 sur Public Sénat et en replay sur
https://www.publicsenat.fr/emission/hashtag-l-emission/trump-la-com-et-la-covid-184516

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting de Gregory Doucet pour les municipales a Lyon
6min

Politique

Lyon : derrière le duel Aulas - Doucet, vers une métropole sans majorité ?

La bataille pour la Métropole de Lyon attire moins les projecteurs que le duel entre Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, pourtant les enjeux peuvent être plus importants encore, et le scrutin plus serré. À cause d’un mode de scrutin opaque, les résultats sont plus difficiles à déchiffrer, mais une issue sans majorité stable au conseil métropolitain est tout à fait envisageable.

Le

CORRECTION France Municipal Elections
7min

Politique

Réforme du scrutin Paris-Lyon-Marseille : Rachida Dati battue à son propre jeu ?

La réforme du mode de scrutin instaurée par la loi Paris Lyon Marseille (PLM), longtemps défendue par Rachida Dati, devait rebattre les cartes des élections municipales dans la capitale. Pourtant, les premiers résultats du scrutin de 2026 indiquent que cette évolution institutionnelle ne modifie pas, dans l’immédiat, les équilibres politiques parisiens, même si des écarts peuvent apparaître entre les votes dans les arrondissements et celui pour la mairie centrale. Si la maire du 7ᵉ arrondissement remporte aisément son fief, les rapports de force à l’échelle de l’Hôtel de Ville demeurent, pour l’heure, défavorables à la droite.

Le

Saint-Denis : Meeting LFI-PCF avec Bally Bagayoko et Jean-Luc Melenchon
5min

Politique

Municipales 2026 : derrière les succès de LFI à Roubaix et Saint-Denis, les sortants PS et PCF font la course en tête dans les banlieues populaires

La France insoumise a réussi à convertir ses résultats nationaux en ancrage local dans des proportions inattendues au premier tour, sécurisant déjà la victoire à Saint-Denis et Roubaix. Deux prises spectaculaires qui consacrent sa stratégie de conquête des quartiers populaires. Mais qui masquent des résultats plus contrastés par ailleurs en banlieue face aux sortants PS et PCF, souvent installés confortablement en tête avant le second tour.

Le