Critères d’accès à l’université : ce que contient le plan du gouvernement
Edouard Philippe a présenté un nouveau plan pour l’université. Les étudiants qui n’ont pas le niveau requis pour rentrer à la fac devront suivre un parcours spécial. Dans les filières sous tension, il sera mis fin au tirage au sort. Mais une forme de sélection permettra de choisir les étudiants en fonction de « la motivation, des aptitudes et du dossier ».

Critères d’accès à l’université : ce que contient le plan du gouvernement

Edouard Philippe a présenté un nouveau plan pour l’université. Les étudiants qui n’ont pas le niveau requis pour rentrer à la fac devront suivre un parcours spécial. Dans les filières sous tension, il sera mis fin au tirage au sort. Mais une forme de sélection permettra de choisir les étudiants en fonction de « la motivation, des aptitudes et du dossier ».
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C’est le résultat d’une consultation lancée en juillet dernier. Le premier ministre Edouard Philippe a présenté, ce lundi, aux côtés de la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, et du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, son « plan global » sur les conditions d’accès à l’université. Un plan élaboré sur fond de situation difficile : « Au cours des 50 dernières années, les inscriptions dans l’enseignement supérieur ont été multipliées par huit », a rappelé Edouard Philippe. « 30 % des étudiants obtiennent leur licence en 3 ans. Ils sont 40% à l’obtenir en 4 ans. Au bout de 4 ans, il y a 60 % d’échec à la fin de la licence », ajoute-t-il, alors que la pression démographique se fait ressentir : l’université française devra accueillir 40.000 étudiants de plus rien que l’année prochaine, et 200.000 sur 5 ans.

Edouard Philippe annonce 1 milliard d’euros, mais oublie les coupes budgétaires de 331 millions

Pour financer son plan pour les universités, Edouard Philippe annonce 450 millions d’euros venant du grand plan d'investissement. Ils seront consacrés à la transformation du premier cycle universitaire, c'est-à-dire la licence. Sur l’ensemble du quinquennat, 500 millions d’euros s'ajouteront.

Ce qui permet à Edouard Philippe de communiquer sur un « total de plus d’un milliard d’euros (qui) sera affecté à ce plan sur ensemble du quinquennat ». Le premier ministre a cependant omis de rappeler les coupes décidées cet été pour le budget de l’enseignement supérieur. Elles ne sont pas minces : 331 millions d’euros…

Une orientation renforcée au lycée

Premier point du plan gouvernemental : assurer une meilleure orientation des futurs étudiants dès le lycée. « Ce choix, il faut l’accompagner, permettre au lycéen de le mûrir et pour ça, lui donner les moyens » explique Edouard Philippe. « Dès cette année, nous aurons un accompagnement renforcé des élèves de terminale, (…) avec la mise en place de deux fois une semaine de l’orientation, organisées dans les lycées » précise Jean-Michel Blanquer. Une nouvelle version du site monorientationenligne.fr, avec « des conseils personnalisés », sera mise en place. Et les conseils de classe vont examiner les vœux des candidats afin de contribuer aux avis du chef d’établissement (…) transmis aux établissements d’enseignement supérieur ».

Université : le gouvernement veut une orientation renforcée au lycée
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Des parcours adaptés pour les étudiants qui n’ont pas les prérequis

L’autre axe de la réforme – et c’est le point majeur – concerne l’arrivée à l’université. Edouard Philippe ne met pas en place de sélection proprement dit. Le sujet est sensible. Pour les filières non sélectives de l’université, soit la licence, l’idée est de mieux accompagner les étudiants. « L’objectif n’est pas que l’université dise "non". Dans la plupart des cas, elle dira "oui". Et dans certains cas, elle dira "oui si" » explique le premier ministre (voir la première vidéo).

Des « attendus » seront fixés pour chaque discipline. Si, au regard de son parcours, on considère que l’étudiant n’a pas tous les prérequis nécessaires pour sa licence, il lui sera proposé de suivre « un parcours adapté » pour rattraper son retard. Il sera obligatoire.

« Ce sont toujours les bacheliers qui choisiront demain la filière de licence où ils veulent poursuivre leurs études. Dès qu’il y aura de la place, nul ne pourra leur refuser l’entrée, (…) mais il ne pourra la rejoindre s’il refuse les voies pédagogiques adaptées, jugées nécessaires à sa réussite » explique Frédérique Vidal. « C’est une profonde transformation » reconnaît la ministre. Il s’agit de « passer du supérieur pour tous, à la réussite dans le supérieur pour chacun ».

Les attendus auront un caractère national, c'est-à-dire que ce seront les mêmes attendus dans toutes les facs pour une même filière. Mais les établissements pourront préciser des spécificités liées à leur formation.

« Les universités seront dotées de directeurs des études pour proposer aux étudiants des parcours adaptés aux profils » explique encore la ministre. Les universités seront aussi « libres de proposer des formations de formes variées au sein de chaque champ universitaire ou de formation », avec notamment « l’alternance, pour une meilleure adaptation des étudiants à l’emploi ».

Une sélection qui ne dit pas son nom dans les filières sous tension

Précision importante de la ministre de l’Enseignement supérieur (voir la vidéo ci-dessous) :

« Pour les licences générales qui restent non sélectives, il ne sera pas possible de refuser un étudiant à partir du moment où il y a un nombre de places suffisant (…). Dans le cas où le nombre de places serait insuffisant, malgré l’augmentation de places, dans ce cas ce sera en fonction de la motivation, des aptitudes, du dossier du candidat, que seront faites les priorisations pour accéder » à la filière.

La ministre se garde bien d’employer le mot, mais dans les filières en tension « où il y a plus de demandes que de places », il y aura donc bien une sélection opérée pour choisir les étudiants. Une petite révolution, qui demandera un surcroît de travail dans les universités où les enseignants-chercheurs se retrouvent déjà souvent sous l’eau, entre leurs cours, leur activité de recherche et leurs obligations de gestion administrative.

Filière sous tension à l’université : des étudiants choisis « en fonction de la motivation, des aptitudes et du dossier » affirme Frédérique Vidal
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« La différence, c’est qu’on ne tirera plus au sort, on tiendra compte du parcours », justifie la ministre. « Entre la sélection brutale et le tirage au sort, il existe une palette de solutions beaucoup plus souples, humaines et intelligentes qui reposent sur l’engagement des enseignants et des enseignants-chercheurs » souligne Edouard Philippe.

En parallèle, le premier ministre assure que l’Etat va « augmenter les places dans les filières les plus tendues ». « 130.000 seront créées sur les cinq prochaines années » affirme Frédérique Vidal.

Plus de tirage au sort et un nouvel APB

Par « tirage au sort », le premier ministre parle du système « APB » et son algorithme qui a créé l’émoi cet été, pour les filières sous tension. Edouard Philippe parle d’un « scandale » qui « a suscité l’angoisse ». Fin donc du tirage au sort. Il promet « une nouvelle plateforme, plus simple, plus rapide et plus accueillante et un processus d’accès à l’enseignement supérieur vraiment organisé pour accompagner les lycées dans leur choix ». Le nombre de vœux possibles sera réduit à dix, contre 24 actuellement, et les vœux ne seront pas classés.

Fin de la sécurité sociale étudiante et rattachement au régime général

Le troisième grand axe du plan concerne la vie étudiante. L’annonce principale concerne la fin de la sécurité sociale étudiante. Les étudiants seront rattachés au régime général de la Sécurité sociale dès la rentrée 2018. « Notre système de sécurité sociale ne marche pas bien. Nous supprimerons la cotisation que (les étudiants) payent et nous transférerons au régime général la sécurité sociale des étudiants », a déclaré Frédérique Vidal. La mesure est une promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Elle était souhaitée par la Fage, premier syndicat étudiant, mais vivement contestée par le deuxième syndicat, l'Unef.

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