D’usine en nécropole, Macron poursuit un périple 14-18 sur la défensive
Entre une usine Renault et une nécropole militaire, Emmanuel Macron poursuit jeudi dans le Nord son périple de commémoration de la guerre de 14...

D’usine en nécropole, Macron poursuit un périple 14-18 sur la défensive

Entre une usine Renault et une nécropole militaire, Emmanuel Macron poursuit jeudi dans le Nord son périple de commémoration de la guerre de 14...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Entre une usine Renault et une nécropole militaire, Emmanuel Macron poursuit jeudi dans le Nord son périple de commémoration de la guerre de 14-18, tout en tentant de désamorcer la colère contre le prix des carburants et une polémique sur Pétain.

Pour le 5e jour de son "itinérance" devenue chaotique, le chef de l'Etat va encore faire le grand écart entre dossiers d'actualité et mémoire de la Grande Guerre.

Il est arrivé jeudi matin à l'usine Renault près de Maubeuge (Nord) pour notamment visiter la chaîne de production, avant une présentation par Carlos Ghosn des investissements du groupe. Le patron de Renault devrait confirmer celui, déjà annoncé en juin, d'un milliard d'euros dans les véhicules électriques.

A quarante kilomètres de là, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est montré confiant sur une issue positive pour l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), en redressement. "Nous allons y arriver!", a-t-il lancé devant les syndicats, dans l'attente de la décision judiciaire, prévue le 12 décembre, sur le projet de reprise du franco-belge Altifort.

Emmanuel Macron (droite) et le président du conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand (gauche) à Rozoy-sur-Serre, le 7 novembre 2018
Emmanuel Macron (droite) et le président du conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand (gauche) à Rozoy-sur-Serre, le 7 novembre 2018
AFP

Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR), qui avait accusé le gouvernement de vouloir "assassiner" l'aciérie, a répété jeudi sur Cnews la nécessité de la sauver, car elle est "viable".

Si Emmanuel Macron l'a récemment taxé d'"opportunisme" et de "démagogie", les deux hommes ont fait assaut d'amabilités alors que M. Bertrand accueillait le chef de l'Etat mercredi dans l'Ehpad de Rozoy-sur-Serre.

- Retraites et carburants -

Jeudi, Emmanuel Macron déjeunera à Maubeuge - où La France insoumise a prévu une manifestation - puis passera l'après-midi à Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais), site de la plus grande nécropole militaire française où reposent 22.000 combattants. Il visitera l'Anneau de la Mémoire, ellipse où sont gravés les noms de 580.000 soldats morts, sans distinction de nationalité.

100e anniversaire de l'armistice : le périple de Macron
Les moments forts du périple d'Emmanuel Macron dans l'Est et le Nord à l'occasion des cérémonies du 100e anniversaire de l'armistice de 1918
AFP

Ce voyage permet au chef de l'Etat, très bas dans les sondages, de multiplier des bains de foule, son exercice de communication favori. Mais l'ambiance est parfois tendue. Il est confronté chaque jour à des expressions de colère, contre le faible montant des retraites ou la cherté des carburants, à une semaine d'un appel à bloquer les routes le 17 novembre.

Mercredi, face à plusieurs habitants désemparés ou agressifs, il a pris soin de répondre calmement, tantôt en arguant que les augmentations des carburants n'étaient pas de son fait, tantôt en promettant des aides pour les plus pénalisés.

- Avec ou sans Pétain ? -

Emmanuel Macron profite aussi de cette semaine pour investir les médias alors que ses interviews étaient jusqu'ici plutôt rares.

Après Europe 1 mardi, il répondra aux questions de France 3 Hauts-de-France et France 3 Grand Est jeudi à 19H00, puis sera dimanche l'invité de CNN.

Son souci pédagogique ne l'a pas empêché de susciter une polémique mercredi sur la figure du maréchal Pétain, en jugeant "légitime" de l'inclure dans un hommage samedi aux Invalides aux chefs militaires de la Grande guerre.

Portrait du Maréchal Philippe Pétain datant de 1914, issu des collections du musée
Portrait du Maréchal Philippe Pétain datant de 1914, issu des collections du musée "Historial de Peronne" consacré à la Première guerre mondiale
Historial de Péronne/AFP/Archives

Philippe Pétain fut "un grand soldat" durant la Première Guerre, même s'il a ensuite conduit "des choix funestes" dans la Deuxième, a-t-il plaidé, revendiquant de "regarder l'histoire en face".

Ces propos ont déclenché l'indignation notamment de Jean-Luc Mélenchon et du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). "L'infamie" commise par Pétain lors de la Deuxième Guerre "efface tout le reste", a abondé Xavier Bertrand.

L'exécutif a tenté mercredi d'apaiser la polémique, l'Elysée soulignant que le chef d'état-major irait samedi "fleurir la tombe des cinq maréchaux qui sont aux Invalides où il n'y a pas Pétain".

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a enfoncé le clou jeudi: "Il n'y a pas de polémique, il est évidemment hors de question de rendre" un tel hommage , malgré le "rôle" de Pétain dans la Grande Guerre. Mais "on ne va pas faire comme les dictatures qui gomment les personnes sur les photos comme si elle n'avaient pas existé".

L'armée, elle, n'a jamais parlé d'exclure de son hommage celui qui fut l'un des héros de Verdun.

Partager cet article

Dans la même thématique

D’usine en nécropole, Macron poursuit un périple 14-18 sur la défensive
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

D’usine en nécropole, Macron poursuit un périple 14-18 sur la défensive
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le