Dans la tête du pouvoir
Dans leur nouveau film documentaire « Le pouvoir nuit-il gravement au cerveau ? » Hélène Risser et Hélène Fresnel  confrontent psychologues, politiques, ethnologues et même biologistes afin de percer le mystère de l’influence  du pouvoir sur le comportement de nos dirigeants.

Dans la tête du pouvoir

Dans leur nouveau film documentaire « Le pouvoir nuit-il gravement au cerveau ? » Hélène Risser et Hélène Fresnel  confrontent psychologues, politiques, ethnologues et même biologistes afin de percer le mystère de l’influence  du pouvoir sur le comportement de nos dirigeants.
Public Sénat

Par Amélia Morghadi

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Et si la cinquième république et son système présidentiel fort, transformaient le cerveau des hommes politiques ? Ces dernières années, les présidences ultra-médiatisées ont été riches en dérapages successifs, à l’image du «  Casse toi pauvre con » de Nicolas Sarkozy, ou « des fainéants » d’Emmanuel Macron. Entre décisions solitaires et hyperactivité présidentielle, se pose la question de la gestion de soi lorsque l’on est à la tête de l’État. Les présidents de la République acquièrent-ils en même temps que le pouvoir, des comportements différents du commun des mortels ?  

Dans un documentaire riche en témoignages à la fois scientifiques et politiques,  les réalisatrices tentent de comprendre l’effet du pouvoir sur le cerveau. Sur un ton décalé, elles nous offrent une véritable plongée dans le cerveau de nos dirigeants.

Des présidents pareils à des singes mâles alpha

Le film nous emmène, à travers une comparaison amusante et édifiante, au milieu des singes japonais, au chef unique, qui nous rappelleraient presque le système de la 5e république...

« Quand un singe devient mâle dominant il peut avoir son poids qui augmente, et sa couleur qui va changer, il adopte certains comportements de dominance, par exemple lever sa queue, se montrer très fort. Les autres individus se soumettent par rapport à lui en s’abaissant comme une prosternation (...)

Les singes, le pouvoir et les présidents
03:31
 
On y découvre, grâce à l’intervention de Cédric Sueur, ethnologue rattaché à l’Université de Strasbourg le comportement particulier des singes en position de pouvoir : « Quand un singe devient mâle dominant il peut avoir son poids qui augmente, et sa couleur qui va changer, il adopte certains comportements de dominance, par exemple lever sa queue, se montrer très fort. Les autres individus se soumettent par rapport à lui en s’abaissant comme une prosternation (...) le matin il tend sa main et les autres individus vont poser leurs lèvres, comme on peut le voir avec le pape ».

De même, « les autres mâles veulent tous s’allier à ce mâle alpha ».  Une image familière pour Aquilino Morelle, conseiller politique de François Hollande, qui nous dévoile les coulisses des pratiques dans l’entourage du pouvoir des présidents : « une fois au pouvoir, il y a plus de courtisans que de gens qui disent sincèrement ce qu’ils pensent »  nous explique-t-il.

Des jeux d’influence

On comprend aussi vite l’importance de la psychologie dans le processus du pouvoir. Pour tenter d'en savoir plus, les réalisatrices sont allées chercher du côté de la psychologie sociale, à l’Université de Grenoble avec Laurent Bègues, chercheur au CNRS. Par exemple, lorsqu’un individu a confiance en lui il a tendance à ne plus tenir compte de l'avis d'autrui, la preuve par l'expérience.

 
Expérience sur les perceptions du pouvoir
02:37
Un film à voir pour comprendre les mécanismes psychologiques en œuvre dans la tête de ceux qui nous gouvernent.
 
 
 
Retrouvez ce documentaire le samedi 07 avril à 23:20, le dimanche 08 avril à 09:50, le dimanche 22 avril à 18:00 et le samedi 28 avril  à 14:00 sur Public Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bruno Retailleau Presents AI Proposal for Presidential Campaign
9min

Politique

Présidentielle 2027 : « Bruno Retailleau propose une révolution copernicienne » dans laquelle « la Constitution ne serait plus le bouclier » qui protège les institutions, relèvent les juristes

Dans les colonnes du Figaro, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau fait de la révision de la Constitution une condition sine qua non pour « rendre la parole » au peuple français, en élargissant le champ du référendum « à toute question législative ». des juristes relèvent une volonté de la part du candidat d’encadrer les thèmes des référendums qu’il compte développer, mais également « un projet qui vise à dégrader l’impératif de protection des droits fondamentaux et des principes républicains ».

Le

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le