L’intersyndicale organisait, à la veille de la décision du Conseil constitutionnel qui doit rendre sa décision sur la réforme des retraites, une douzième journée de mobilisation.
Décision du Conseil constitutionnel : « L’intersyndicale ne va pas se fracturer, elle va continuer à appeler à se mobiliser »
L’intersyndicale organisait, à la veille de la décision du Conseil constitutionnel qui doit rendre sa décision sur la réforme des retraites, une douzième journée de mobilisation.
Depuis le début de la semaine, le Conseil constitutionnel fait l’objet d’une attention particulière, tant sur sa composition que sur la nature de la décision qu’il doit rendre. Demain, le Conseil constitutionnel devra se prononcer sur la constitutionnalité du référendum d’initiative partagée (RIP) déposé par les parlementaires, sur la sincérité des débats parlementaires et sur la conformité des articles du texte par rapport à la Constitution, après les recours déposés par la Nupes, le RN et le gouvernement. Alors que le Conseil constitutionnel est hautement protégé par la police, l’intersyndicale se refuse à contester la légitimité du Conseil constitutionnel.
« A la CGT, on respecte les institutions de la République », clarifie Sophie Binet
Unanimement, l’intersyndicale a appelé au respect du Conseil constitutionnel tout en rappelant que chaque syndicat avait déposé des argumentations auprès des juges de la rue Montpensier. « C’est vrai que la composition du Conseil constitutionnel peut interroger. Après, à la CGT, on respecte les institutions de la République, le Conseil constitutionnel a vocation à contrôler la constitutionnalité des textes de loi et je n’ose penser qu’il ne fasse pas ça », affirme Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avant le départ du cortège parisien en début d’après-midi.
Une position partagée par Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui en fait un enjeu de responsabilité et de sérieux de l’intersyndicale. « On ne peut pas, dans notre démocratie, craindre une crise démocratique et ne pas respecter les institutions qui sont notre cadre commun », déclare Laurent Berger. Si ce dernier concède que l’ « on peut s’interroger sur la composition du Conseil constitutionnel », il faut cependant « le faire à froid, car ce serait facile pour moi d’avoir une position un peu « dégagiste ». Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière a fait de la pédagogie en expliquant que « le Conseil constitutionnel ne rend pas une décision politique, il dit si la loi est conforme à la Constitution ». Cyril Chabanier, secrétaire général de la CFTC, affirme pour sa part qu’il ne « remettra absolument pas en question la décision du Conseil constitutionnel ».
« La décision du Conseil ne fera jamais dire à personne que nous sommes pour les 64 ans »
Alors si l’intersyndicale ne se risque pas à contester la légitimité du Conseil constitutionnel, doit-on en conclure que la mobilisation s’arrêtera si les Sages valident la réforme ? Pas vraiment, puisque « la décision du Conseil ne fera jamais dire à personne que nous sommes pour les 64 ans », note Laurent Berger. Si le mode d’action de l’intersyndicale doit faire l’objet d’une réflexion commune pour la suite, Laurent Berger maintient que « le combat syndical est loin d’être terminé ».
Certains syndicats n’excluent cependant pas que ce 13 avril soit la dernière journée de mobilisation. « Si le Conseil constitutionnel retoque ce sera la dernière manifestation et on sera très heureux », lance François Hommeril, président confédéral de la CFE-CGC. « L’intersyndicale ne va pas se fracturer, elle va continuer à appeler les salariés à se mobiliser. La détermination des jeunes et des salariés à obtenir le retrait de cette réforme est intacte », commente Sophie Binet. La contestation pourrait d’ailleurs se poursuivre sur une forme nouvelle puisque « dès lundi si le RIP est validé nous devrons mobiliser », analyse Cyril Chabanier. De plus, si le Conseil constitutionnel décidait de valider le RIP, la mobilisation pourrait se concentrer contre la promulgation du texte alors qu’une procédure de RIP est en cours.
Une intersyndicale pour le 1er mai sera « l’une des choses mise sur la table », affirme Cyril Chabanier
L’intersyndicale persiste, et une idée commence à émerger, celle d’un défilé commun pour le 1er mai. Avant le départ du cortège, Laurent Berger s’est dit favorable à un front syndical commun le 1er mai. Cyril Chabanier a également affirmé que le 1er mai en intersyndicale serait « l’une des choses qui sera mise sur la table la semaine prochaine ». Pour rappel, même en 2010, en pleine réforme des retraites, l’unité syndicale n’avait pas été possible. Dans tous les cas, la CGT et FO ont déjà affirmé qu’ils organiseraient demain, à 17 heures un rassemblement sur la place de l’Hôtel de Ville de Paris, après la décision du Conseil constitutionnel.
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