Dégradations des permanences de députés LREM: vigilance et condamnation unanime
La classe politique a dénoncé lundi une nouvelle série de dégradations de permanences de députés LREM, parfois emmurées ou...

Dégradations des permanences de députés LREM: vigilance et condamnation unanime

La classe politique a dénoncé lundi une nouvelle série de dégradations de permanences de députés LREM, parfois emmurées ou...
Public Sénat

Par Eric LAGNEAU avec les bureaux régionaux de l'AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La classe politique a dénoncé lundi une nouvelle série de dégradations de permanences de députés LREM, parfois emmurées ou taguées après la ratification du Ceta, voire saccagées comme à Perpignan en marge d'une manifestation de "gilets jaunes".

Face à ces violences, le ministère de l'Intérieur a demandé une vigilance particulière ce week-end pour les domiciles et permanences des parlementaires. La direction centrale de la sécurité publique a envoyé lundi des "consignes de vigilance" demandant des patrouilles mobiles autour des permanences quelles que soient les couleurs politiques, a indiqué une source policière à l'AFP.

Cibles d'insultes ou de violences au plus fort de la crise des "gilets jaunes" cet hiver, les parlementaires sont de nouveau visés : en particulier les députés LREM ayant voté le 23 juillet en faveur de la ratification du traité de libre-échange entre l'Europe et le Canada (Ceta), controversée au sein même de la majorité.

Plusieurs députés sont nommément visés sur Twitter pour avoir voté pour le Ceta "contre l'avis majoritaire des Français, au détriment de l'environnement, des générations futures", selon un texte partagé sous le hashtag #AfficheTonLREM. D'après un sondage OpinionWay publié lundi, 49% des Français sont opposés au Ceta, contre 26% qui y sont favorables.

Une dizaine de permanences ont été prises pour cible, dont celles de Rémy Rebeyrotte (Saône-et-Loire) dès le lendemain du scrutin avec du fumier, de Jean-Baptiste Moreau à Guéret (Creuse) ou encore Barbara Bessot-Ballot à Vesoul (Haute-Saône).

Dernière en date : la permanence de la député LREM Carole Bureau-Bonnard à Noyon (Oise). Une enquête pour dégradations a été ouverte, a indiqué la gendarmerie.

"Je ne pourrai jamais me résoudre à cette violence à l’encontre de la démocratie. Ma porte a toujours été ouverte. (...) Ma volonté de résister à toute forme de menace, entière !", a tweeté la parlementaire, qui a voté pour le Ceta.

- "Climat malsain" -

L'attaque la plus spectaculaire a été menée sans lien apparent avec le traité, contre la permanence du député LREM Romain Grau alors qu'il était présent, samedi à Perpignan, à l'occasion d'une marche des "gilets jaunes". Des images montrent des manifestants cassant la vitrine du local, l'un d'eux tentant d'y mettre le feu en présence de l'élu.

Le parti présidentiel, en première ligne depuis vendredi, a de nouveau dénoncé lundi un "climat malsain et nauséabond" par la voix de la porte-parole de LREM Aurore Bergé.

"On a presque une dizaine de parlementaires qui ont vu leur permanence être murée, taguée vandalisée, saccagée et on a vu une cohorte de sites internet, de blogs, de réseaux sociaux qui ont désigné un certain nombre de parlementaires en disant clairement qu'il fallait aller les pourchasser", a déploré la députée des Yvelines sur BFMTV.

"Si on veut contraindre les députés par la force (...) alors ce n'est plus du tout une conception démocratique", a-t-elle affirmé, admettant qu'il lui "arrive d'avoir peur".

"Aucune intimidation envers un élu de la Nation ne restera impunie, même sur les réseaux sociaux. Ces actes sont intolérables. De même nous signalerons toutes les incitations à la haine et à la violence au procureur de la République", a condamné sur Twitter le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Les Jeunes agriculteurs de Saint Just - Maignelay (Oise) ont publié sur leur page facebook une photo de la permanence dégradée de Carole Bureau-Bonnard, accompagnée d'un message disant: "Vous avez décidé de sacrifier l'agriculture française et l'écologie au nom du profit! (...) Que voulez-vous voir dans le futur ? (...) Mettre la ferme France sur la paille et supprimer tous les emplois qu’elle génère ?"

"Je ne confonds pas la colère sociale (...) avec les violences de quelques-uns" qui doivent être "réprimées", a réagi sur RTL Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, en écho au message dimanche du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand.

Les autres partis ont également soutenu les parlementaires comme EELV, dont le secrétaire national David Cormand a condamné ces actes sur Franceinfo, de même que le sénateur PS Rachid Temal.

"Il est clair que toute attaque portée contre un homme politique, quel que soit son parti, quelles que soient ses idées, est une atteinte à la circulation démocratique", a abondé l'eurodéputé du Rassemblement national Gilbert Collard sur LCI.

Le député Eric Ciotti (LR) a qualifié d'acte "criminel" qui "ne peut rester impuni" l'attaque contre la permanence de Romain Grau.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dégradations des permanences de députés LREM: vigilance et condamnation unanime
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Dégradations des permanences de députés LREM: vigilance et condamnation unanime
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Dégradations des permanences de députés LREM: vigilance et condamnation unanime
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le