Des centaines de Parisiens rassemblés à Paris pour « sauver les berges » de Seine
Au cri de ralliement "Sauvons les berges", des centaines de personnes -- 800 selon la police, 2.000 selon les organisateurs -- se...

Des centaines de Parisiens rassemblés à Paris pour « sauver les berges » de Seine

Au cri de ralliement "Sauvons les berges", des centaines de personnes -- 800 selon la police, 2.000 selon les organisateurs -- se...
Public Sénat

Par Fabienne FAUR

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Au cri de ralliement "Sauvons les berges", des centaines de personnes -- 800 selon la police, 2.000 selon les organisateurs -- se sont rassemblées samedi pour défendre la piétonnisation de la berge rive droite au coeur de Paris, un "site emblématique" pour la maire Anne Hidalgo de la lutte contre la pollution de l'air.

"Les berges sont à nous", a lancé Olivier Blond, à la tête du collectif d'une dizaine d'associations qui ont appelé au rassemblement sur les quais piétons, le long de la Seine, en s'adressant aux piétons, cyclistes et familles réunies sous un beau soleil printanier dans une ambiance de fête.

La maire PS de Paris, venue "soutenir cette action citoyenne" au milieu des élus de sa majorité municipale (PS, PCF, Ecologistes) parés de leurs écharpes, a salué devant la foule "un site emblématique", rappelant que Paris avait "donné son nom à l'accord sur le climat".

"Nous sommes là pour que nos enfants respirent un air de qualité", a-t-elle lancé, "nous sommes dans le sens de l'Histoire, c'est nous qui portons l'avenir", a-t-elle ajouté en assurant que cette mobilisation était "suivie par tous les maires du monde qui mènent les mêmes combats que nous".

"C'est un combat pacifique", a-t-elle encore dit mais "ce n'est pas l'urgence, ce ne sont pas les polémiques qui vont nous faire reculer sur le temps long que les politiques doivent intégrer".

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement sous le gouvernement Juppé et auteur d'une loi sur l'Air, a estimé qu'il fallait "beaucoup de courage pour s'attaquer à la pollution de l'air et nous devons beaucoup à Anne Hidalgo qui a affronté des tempêtes".

"Il y a des oppositions et on peut le comprendre, mais nous sommes aujourd'hui face à deux priorités, la question de la santé et du changement climatique qui se négocie encore moins", a ajouté Mme Lepage en notant que "le droit de l'environnement n'est pas parfaitement adapté".

- "Abandonner sa voiture" -

Des élus du Val-De-Marne et de Seine-Saint-Denis comme son président Stéphane Troussel (PS) étaient présents, ainsi que le candidat à la direction du PS Luc Carvounas (Val-de-Marne).

Au milieu des vélos et des banderoles, un immense ballon proclame "Changeons d'air".

Yann Gourvennec, chef d'entreprise venu à vélo, était là parce qu'il "utilise tous les jours les quais pour aller au travail".

"La plupart des voitures qui passaient sur les berges, c’était des gens qui n’habitent pas Paris", affirme pour sa part Stéphane Ludwig, un enseignant d'une trentaine d'années, jugeant "inadmissible que (les non-Parisiens) se mobilisent pour nous polluer".

Sa petite fille à la main, Elvire estime que "c'est une très bonne idée de garder les berges aux piétons". "Je suis souvent près du boulevard Saint-Germain, c'est vrai que c'est plus bouché que d'habitude mais c'est une étape nécessaire pour que tout le monde prenne l'habitude d'abandonner sa voiture".

Eve, productrice, passe là par hasard mais, opposée à la piétonnisation, dénonce une "décision autoritaire" de la mairie, et peste contre les transports en commun "vétustes" qu'elle utilise quotidiennement.

Une quinzaine de personnes ont manifesté à l'écart, derrière une banderole proclamant "Luttez contre la pollution. Sauvez nos RER d'abord", en dénonçant la "décision autoritaire" de fermer les berges et le "mépris de Paris pour sa banlieue", selon l'association La Vignette du Respect.

Cette piétonnisation, au coeur d'une polémique entre Paris et banlieue, élus de droite et de gauche, a été annulée le mois dernier par le tribunal administratif. Mme Hidalgo a repris un arrêté cette semaine de fermeture à la circulation, sur 3,3 km de la voie Georges-Pompidou, du quai bas de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe).

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
6min

Politique

Justice criminelle : que contient le projet de loi controversé en examen au Sénat ?

Le Sénat entame l’examen du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte prévoit notamment la mise en place d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits. Une réforme qui divise les magistrats et est surtout contestée par de nombreux barreaux qui manifestent, ce lundi, devant la haute assemblée. Que prévoit le texte ?

Le

Des centaines de Parisiens rassemblés à Paris pour « sauver les berges » de Seine
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le