Déserts médicaux : le gouvernement dévoile sa stratégie
Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé et le Premier ministre Edouard Philippe, présentent ce vendredi le plan de lutte du gouvernement contre les déserts médicaux. L’accent est mis sur les maisons de santé et la télémédecine.

Déserts médicaux : le gouvernement dévoile sa stratégie

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé et le Premier ministre Edouard Philippe, présentent ce vendredi le plan de lutte du gouvernement contre les déserts médicaux. L’accent est mis sur les maisons de santé et la télémédecine.
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Vendredi 13 octobre, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn présentera le plan du gouvernement pour lutter contre les déserts médicaux.

En 2016, selon l'association UFC-Que Choisir, 14,6 millions de Français vivaient à moins de 30 minutes d'un généraliste, donc dans un désert médical. En 2015, 8,6 % de la population vivait dans une commune souffrant d'une pénurie de médecins généralistes (source : ministère de la Santé).

Doubler le nombre des maisons de santé

Déserts médicaux : le programme d'Emmanuel Macron
00:45

Le plan du gouvernement vise d’abord à tenir la promesse d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle : doubler le nombre de maisons de santé pluridisciplinaires. Les maisons de santé associent, dans un même lieu, des professionnels de santé libéraux : on en compte 1200 actuellement sur le territoire, après que leur nombre a déjà doublé durant le quinquennat Hollande.

« Il faudrait également développer les centres de santé, l’équivalent des maisons de santé mais avec des médecins salariés », analyse Laurence Cohen, sénatrice communiste et membre de la Commission des affaires sociales. Les centres de santé pratiquent le tiers payant.

Développer la télémédecine

Un plan de développement de la télémédecine est également prévu pour alléger la charge des médecins. « Il s’agit à la fois de la téléconsultation mais aussi de la téléexpertise pour recueillir un avis d’experts plus rapidement », précise le sénateur Michel Amiel, sénateur (La République en Marche) des Bouches-du-Rhône, et médecin de profession.

Exercer à la fois en ville et à l’hôpital

Agnès Buzyn devrait proposer de faciliter l’exercice médical mixte en ville et à l’hôpital. « Il faudrait d’abord arrêter les regroupements hospitaliers car on sait que les médecins s’installent de préférence autour des centres hospitaliers », note la sénatrice Laurence Cohen, orthophoniste de profession. Sous François Hollande, Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, a orchestré le passage de 1100 établissements de santé à 150 à groupements hospitaliers de territoire.

Réouvrir le numerus clausus

Emmanuel Macron a toujours montré son intention de réformer les numerus clausus. Ils devraient être réouverts au cours de son quinquennat. « Il faut supprimer le numerus clausus », clame Laurence Cohen, ce qui est « purement impossible » pour le sénateur Michel Amiel « car les universités hospitalières n’ont pas du tout les moyens de doubler le nombre d’étudiants. Personnellement je suis favorable à une sélection à l’entrée des facultés de médecine. »

Pas de coercition

Aucune mesure coercitive n’est prévue contre les déserts médicaux mais un bonus renforcé est prévu pour les spécialistes qui viendraient exercer dans un territoire isolé, ne serait-ce qu’une journée. « Nous vivons un creux démographique chez les médecins, utiliser la coercition ne permettrait pas de combler ce creux », explique Michel Amiel. En 2013, un rapport sénatorial préconisait de ne pas conventionner les médecins voulant s’installer en zones saturées. Selon le sénateur des Bouches-du-Rhône, « les mesures coercitives contre les déserts médicaux sont très mal vues par les professionnels de santé. C’est un sujet tabou. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le