Déterminé à partir, Collomb tient tête à Macron
La sortie de Gérard Collomb du gouvernement semblait actée mardi soir, le ministre de l'Intérieur ayant réaffirmé sa volonté de vouloir...

Déterminé à partir, Collomb tient tête à Macron

La sortie de Gérard Collomb du gouvernement semblait actée mardi soir, le ministre de l'Intérieur ayant réaffirmé sa volonté de vouloir...
Public Sénat

Par Katell PRIGENT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La sortie de Gérard Collomb du gouvernement semblait actée mardi soir, le ministre de l'Intérieur ayant réaffirmé sa volonté de vouloir démissionner en vue des municipales à Lyon, un nouveau coup dur pour Emmanuel Macron dans la tourmente depuis la rentrée.

Le chef de l’État a déclaré mardi "regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner", a indiqué son entourage.

Le président, qui "conserve toute son amitié" au ministre de l'Intérieur, "recevra rapidement les propositions du Premier ministre" en vue de son possible remplacement, a-t-on précisé de même source.

Après le refus de sa démission par le chef de l’État lundi, Gérard Collomb a récidivé mardi en assurant "maintenir" celle-ci, dans une interview au Figaro, pour se consacrer à sa candidature à la mairie de Lyon, imposant un bras de fer au président.

"Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais, donc je maintiens ma proposition de démission", a déclaré M. Collomb dans cette interview, moins de 24H après qu'Emmanuel Macron eut refusé une première fois sa démission.

Aux côtés du ministre durant cette interview réalisée à Beauvau, le maire de Lyon Georges Képénékian, a confirmé au Figaro qu'il allait rendre les clés de la mairie à Gérard Collomb. "Nous avions un contrat moral, un engagement entre nous pour mener campagne".

"Cirque", "grand-guignol", "mauvais vaudeville": l'opposition ironisait sur la situation. Depuis la rentrée, l'exécutif a déjà été confronté aux démissions soudaines de Nicolas Hulot et Laura Flessel.

- "C'est devenu guignol" -

Les tensions n'ont cessé de s'intensifier entre Emmanuel Macron et son soutien de la première heure depuis l'affaire Benalla en juillet. Gérard Collomb "a peu apprécié d'être mis en première ligne sur une affaire qu'il juge ne pas le concerner", avait expliqué son entourage. Il reproche également au chef de l'Etat de ne "pas être monté au créneau plus tôt", selon des propos rapportés par la presse.

Emmanuel Macron et Gérard Collomb à Rome le 26 juin 2018
Emmanuel Macron et Gérard Collomb à Rome le 26 juin 2018
AFP/Archives

La relation que Gérard Collomb, 71 ans, qualifiait de "filiale" avec Emmanuel Macron s'est dès lors émoussée. Début septembre le ministre a de nouveau surpris en pointant "le manque d'humilité de l'exécutif".

Mais c'est l'annonce à la mi-septembre de son départ du gouvernement programmé au printemps prochain pour être candidat à Lyon en 2020 qui a sonné le glas de sa relation avec le président. "Il a fracassé tout ce qui constituait l'imaginaire sur sa relation avec le président de la République", estimait pourtant un cadre de la Macronie.

"Le président de la République a été fâché. Mais il a serré les boulons et donc ça doit tenir", confiait récemment à l'AFP un familier du chef de l'État.

"Il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler, car par nature l'Élysée isole", lâche pourtant Gérard Collomb, selon des propos tenus lors d'un déjeuner publiés dans la presse.

Depuis l'annonce de sa candidature à Lyon, le départ du ministre de l'Intérieur est demandé tant par l'opposition qu'au sein même de son ministère.

"Aujourd'hui, compte tenu des rumeurs et des pressions qu'il peut y avoir, je ne veux pas que le fait que je sois candidat quelque part demain puisse troubler la marche du ministère de l'Intérieur", dit-il dans son interview mardi.

"On est en plein délire", "tout le monde est abasourdi", ont réagi mardi deux hauts fonctionnaires à Beauvau.

Lundi soir, alors qu'il devait s'envoler pour la Guinée, M. Collomb a annulé à la dernière minute son déplacement et proposé sa démission. Mardi, il n'a pas assisté aux questions au gouvernement à l'Assemblée ni au Sénat, officiellement en visite dans des services. Son entourage déclarant que le ministre "était à sa tâche". Son cabinet n'a pas été informé du contenu de l'interview au Figaro.

"Ce n’est pas l’école du cirque. C’est devenu guignol. Ce ministère demande une attention de tous les instants. S’il veut s’en aller qu’il s’en aille", a déclaré à l'AFP Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa Police.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le