La sortie de Gérard Collomb du gouvernement semblait actée mardi soir, le ministre de l'Intérieur ayant réaffirmé sa volonté de vouloir...
Déterminé à partir, Collomb tient tête à Macron
La sortie de Gérard Collomb du gouvernement semblait actée mardi soir, le ministre de l'Intérieur ayant réaffirmé sa volonté de vouloir...
Par Katell PRIGENT
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La sortie de Gérard Collomb du gouvernement semblait actée mardi soir, le ministre de l'Intérieur ayant réaffirmé sa volonté de vouloir démissionner en vue des municipales à Lyon, un nouveau coup dur pour Emmanuel Macron dans la tourmente depuis la rentrée.
Le chef de l’État a déclaré mardi "regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner", a indiqué son entourage.
Le président, qui "conserve toute son amitié" au ministre de l'Intérieur, "recevra rapidement les propositions du Premier ministre" en vue de son possible remplacement, a-t-on précisé de même source.
Après le refus de sa démission par le chef de l’État lundi, Gérard Collomb a récidivé mardi en assurant "maintenir" celle-ci, dans une interview au Figaro, pour se consacrer à sa candidature à la mairie de Lyon, imposant un bras de fer au président.
"Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais, donc je maintiens ma proposition de démission", a déclaré M. Collomb dans cette interview, moins de 24H après qu'Emmanuel Macron eut refusé une première fois sa démission.
Aux côtés du ministre durant cette interview réalisée à Beauvau, le maire de Lyon Georges Képénékian, a confirmé au Figaro qu'il allait rendre les clés de la mairie à Gérard Collomb. "Nous avions un contrat moral, un engagement entre nous pour mener campagne".
"Cirque", "grand-guignol", "mauvais vaudeville": l'opposition ironisait sur la situation. Depuis la rentrée, l'exécutif a déjà été confronté aux démissions soudaines de Nicolas Hulot et Laura Flessel.
- "C'est devenu guignol" -
Les tensions n'ont cessé de s'intensifier entre Emmanuel Macron et son soutien de la première heure depuis l'affaire Benalla en juillet. Gérard Collomb "a peu apprécié d'être mis en première ligne sur une affaire qu'il juge ne pas le concerner", avait expliqué son entourage. Il reproche également au chef de l'Etat de ne "pas être monté au créneau plus tôt", selon des propos rapportés par la presse.
Emmanuel Macron et Gérard Collomb à Rome le 26 juin 2018
AFP/Archives
La relation que Gérard Collomb, 71 ans, qualifiait de "filiale" avec Emmanuel Macron s'est dès lors émoussée. Début septembre le ministre a de nouveau surpris en pointant "le manque d'humilité de l'exécutif".
Mais c'est l'annonce à la mi-septembre de son départ du gouvernement programmé au printemps prochain pour être candidat à Lyon en 2020 qui a sonné le glas de sa relation avec le président. "Il a fracassé tout ce qui constituait l'imaginaire sur sa relation avec le président de la République", estimait pourtant un cadre de la Macronie.
"Le président de la République a été fâché. Mais il a serré les boulons et donc ça doit tenir", confiait récemment à l'AFP un familier du chef de l'État.
"Il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler, car par nature l'Élysée isole", lâche pourtant Gérard Collomb, selon des propos tenus lors d'un déjeuner publiés dans la presse.
Depuis l'annonce de sa candidature à Lyon, le départ du ministre de l'Intérieur est demandé tant par l'opposition qu'au sein même de son ministère.
"Aujourd'hui, compte tenu des rumeurs et des pressions qu'il peut y avoir, je ne veux pas que le fait que je sois candidat quelque part demain puisse troubler la marche du ministère de l'Intérieur", dit-il dans son interview mardi.
"On est en plein délire", "tout le monde est abasourdi", ont réagi mardi deux hauts fonctionnaires à Beauvau.
Lundi soir, alors qu'il devait s'envoler pour la Guinée, M. Collomb a annulé à la dernière minute son déplacement et proposé sa démission. Mardi, il n'a pas assisté aux questions au gouvernement à l'Assemblée ni au Sénat, officiellement en visite dans des services. Son entourage déclarant que le ministre "était à sa tâche". Son cabinet n'a pas été informé du contenu de l'interview au Figaro.
"Ce n’est pas l’école du cirque. C’est devenu guignol. Ce ministère demande une attention de tous les instants. S’il veut s’en aller qu’il s’en aille", a déclaré à l'AFP Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa Police.
Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.