Discours d’Élisabeth II sur le coronavirus : « La rareté de sa parole lui donne beaucoup de crédit »
Dimanche 5 avril, la reine Élisabeth II a pris la parole pour une intervention télévisée. Pour les spécialistes de la communication politique, la reine d’Angleterre a une parole rare et légitime qui donne à son discours un impact qu’aucun chef d’État ou de Gouvernement n’a pu atteindre depuis le début de cette crise.

Discours d’Élisabeth II sur le coronavirus : « La rareté de sa parole lui donne beaucoup de crédit »

Dimanche 5 avril, la reine Élisabeth II a pris la parole pour une intervention télévisée. Pour les spécialistes de la communication politique, la reine d’Angleterre a une parole rare et légitime qui donne à son discours un impact qu’aucun chef d’État ou de Gouvernement n’a pu atteindre depuis le début de cette crise.
Public Sénat

Par Fanny Conquy

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Une intervention d’à peine 4 minutes 30, enregistrée depuis le château de Windsor où elle est confinée, et diffusée à la télévision. Alors que le Covid-19 a déjà tué 5 000 personnes dans le pays, que les Britanniques doivent respecter le confinement, et que le Premier ministre est lui-même infecté, la reine Élisabeth II s’est adressée à la Nation dimanche soir.
Pour le professeur de communication politique Arnaud Mercier, cette prise de parole est un évènement en soi. «
Au-delà du contenu du message lui-même, c’est surtout le fait que la reine prenne la parole qui est historique. La rareté de sa parole lui donne beaucoup de crédit. » « Alors que les représentants politiques sont discrédités, que la société est polarisée, et que le Brexit a achevé de fracturer la Nation, la parole d’Élisabeth II peut avoir un impact » selon Arnaud Mercier. « Elle est la seule figure d’autorité. »

 

Une allocution télévisée très rare.
 

« C’est seulement la 5e fois depuis le début de son règne il y a 68 ans, en dehors des messages de Noël » rappelle le journaliste britannique Philip Turle. La souveraine s’était exprimée de cette façon en 1991 pour la première Guerre du Golfe, en 1997 lors du décès de Lady Diana, à l’occasion de la disparition de sa mère en 2002, et lors de son jubilé en 2012.

 

« Le sens du tragique de l’histoire »

Élisabeth II a tout d’abord remercié les personnels soignants « qui se trouvent en première ligne, ainsi que les travailleurs sociaux et les personnes qui jouent un rôle essentiel, qui poursuivent, dénués de tout égoïsme, leurs tâches quotidiennes, hors de leur foyer, pour nous soutenir tous ».
La souveraine a également tenu à remercier la population qui respecte le confinement. Des règles difficiles, une situation extrême, qui implique de ne pas voir ses proches ... L’occasion pour Élisabeth II, de faire référence au discours prononcé aux cotés de sa sœur Margaret en 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale. Une période au cours de laquelle de nombreuses familles étaient séparées, des enfants éloignés pour leur sécurité ... Et face à l’épidémie de Covid-19, même si la séparation est très douloureuse, « nous savons, au fond de nous, que c’est la bonne chose à faire » a rappelé la reine.

Pour le spécialiste de la communication Arnaud Mercier, contrairement aux jeunes générations de gouvernants politiques, Élisabeth II, elle, a le « sens du tragique de l’histoire ». « Elle a vécu des moments historiques. Elle a vécu la guerre. Elle perçoit le tragique de la période que nous vivons, qui implique de ne pas faire de la ‘communication de crise’. Dans cette période exceptionnelle, il faut agir de façon exceptionnelle. »

Le journaliste franco-britannique Alex Taylor souligne : La reine ne cite pas la Seconde Guerre mondiale à des fins de politique politicienne comme on a pu l’entendre dans certains arguments du Brexit. Elle en parle pour ressouder la Nation. La reine évoque une époque qu’elle a vécue. Ce qui rend sa parole extrêmement légitime. »


Un discours d’union nationale

La reine Élisabeth II a appelé le pays et l’ensemble des membres du Commonwealth, à s’unir et à tenir. « Et ceux qui viendront après nous diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que les autres. Les qualités d’autodiscipline, de détermination bienveillante et de camaraderie caractérisent toujours ce pays. »
Le journaliste britannique Philip Turle souligne : « Dans son discours, la reine n’a prononcé ni le nom du virus, ni les consignes à respecter comme les gestes barrières, etc .... Elle laisse ce rôle au gouvernement. On le voit, les pouvoirs sont clairement séparés et respectés. La reine, elle, parle à la Nation, avec un dis cours pour responsabiliser les gens. » Par ailleurs, rappelle Philip Turle : « Élisabeth II s’est adressée aux 54 états du Commonwealth, ce n’est pas sans importance. Elle veut envoyer ce message de responsabilité à tous. »


« Nous nous reverrons bientôt »

 

Élisabeth II a terminé son allocution avec ces mots d’espoir : « même s’il nous reste encore beaucoup à endurer, des jours meilleurs reviendront : nous serons à nouveau avec nos amis, nous serons à nouveau avec nos familles, nous nous retrouverons. » « We’ll meet again » en anglais. Pour le franco-britannique Alex Taylor : « c’est une référence pour tous les britanniques ! ‘We’ll meet again‘ c’est une chanson de Vera Lynn, très connue au Royaume-Uni. Une chanson qui date de la Seconde Guerre mondiale. Avec ces mots, son discours prend alors une valeur émotionnelle, et collective. C’est une parole rassurante, dont la population avait besoin. »

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Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». 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