Ecologie, éducation, justice: le grand débat dans une prison de femmes à Versailles
"C'est la première fois que je me sens écoutée": une trentaine de détenues ont participé mardi à un grand débat à la maison d...

Ecologie, éducation, justice: le grand débat dans une prison de femmes à Versailles

"C'est la première fois que je me sens écoutée": une trentaine de détenues ont participé mardi à un grand débat à la maison d...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

"C'est la première fois que je me sens écoutée": une trentaine de détenues ont participé mardi à un grand débat à la maison d'arrêt de Versailles, évoquant avec Nicole Belloubet et Marlène Schiappa des sujets d'actualité allant de l'écologie au budget de la justice.

Dans une ambiance détendue, sous le regard d'une seule surveillante souriante, les détenues se sont écoutées, ont opposé leurs arguments, interrogé la ministre de la Justice et la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes.

Nicole Belloubet a participé jusqu'au bout à ce débat, qui s'est achevé mardi vers midi, alors qu'un détenu radicalisé s'était retranché avec sa compagne dans la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) après avoir poignardé deux surveillants. Seuls des mots chuchotés à l'oreille et échangés par écrit avec son cabinet et des responsables de l'administration pénitentiaire ont laissé soupçonner que quelque chose d'inhabituel avait lieu.

"Sur 1.000 euros de dépense publique, 4 euros vont à la justice. C'est trop peu, alors que les prisons sont surpeuplées", a démarré une jeune détenue, en basket et jean moulant. "Les juges ont l'air d'avoir de bons salaires, peut-être qu'on pourrait les baisser un peu pour donner plus d'argent à l'administration pénitentiaire", suggère l'une. "Non, il faut plus de juges pour juger plus vite", rétorque sa voisine.

"En France, il n'y a pas de justice. Quand on a de l'argent, on s'en sort très bien. (Jérôme) Cahuzac, (Alexandre) Benalla devraient être comme nous en prison", lance une détenue. La garde des Sceaux répond: "Alexandre Benalla n'est pas jugé". Et aussitôt, la réponse fuse: "Nous non plus on n'est pas jugées, mais on est en détention".

La ministre et les détenues sont d'accord pour dire qu'il y a trop de prisonniers en détention provisoire, en attente de jugement.

Dans la maison d'arrêt de Versailles, située à quelques centaines de mètres du château, qui servait déjà de prison pendant la Révolution, la grande majorité des 73 détenues sont des prévenues.

Les sujets s'enchaînent. "Il faudrait augmenter le budget de l'éducation nationale. C'est là qu'on se construit", lance une détenue. "Il faudrait mettre des amendes à ceux qui ne trient pas leurs déchets", "Il faut comptabiliser le vote blanc"; "Rendons le vote obligatoire", proposent certaines, qui feront tout pour voter aux élections européennes depuis la prison.

"C'est la première fois que je me sens écoutée", se félicite une détenue à la fin du débat. Une autre complète: "J'espère que nos idées vont remonter et vont bouger les choses!".

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu
8min

Politique

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu 

Après avoir rendu compte aux partis politiques des ingérences numériques étrangères durant les élections municipales, le Premier ministre a tiré le bilan des investigations et des moyens d’y répondre au cours d’une conférence de presse. Il commence à consulter les forces politiques en vue d’un projet de loi qui pourrait être débattu à l’automne.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
8min

Politique

Avec le retrait du plaider-coupable en matière criminel, « Gérald Darmanin fait de la politique sur le dos des victimes », regrette la rapporteure du texte au Sénat

Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.

Le

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le