Edouard Philippe annonce un suivi « extrêmement attentif » des détenus radicalisés libérés de prison en 2018 et 2019
A l’occasion des questions d’actualité au gouvernement mardi, Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine, a interpellé le Premier ministre sur la remise en liberté d’une quarantaine d’individus radicalisés en 2018 et 2019. Edouard Philippe estime que le gouvernement est parfaitement en mesure « d’assurer ce suivi ».

Edouard Philippe annonce un suivi « extrêmement attentif » des détenus radicalisés libérés de prison en 2018 et 2019

A l’occasion des questions d’actualité au gouvernement mardi, Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine, a interpellé le Premier ministre sur la remise en liberté d’une quarantaine d’individus radicalisés en 2018 et 2019. Edouard Philippe estime que le gouvernement est parfaitement en mesure « d’assurer ce suivi ».
Public Sénat

Par Maud Larivière

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Procureur de Paris, François Molins, a annoncé mardi, qu’en 2018, 20 détenus islamistes radicalisés en fin de peine allaient être libérés, et 20 autres en 2019. « Monsieur le Premier ministre, est-ce que vous ne pensez pas que l’arsenal pénal français doit être renforcé ? » Interroge Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine.

Pour répondre, le Premier ministre, Edouard Philippe revient sur les propos du Procureur Molins : « Il a dit qu’il existait en France, une menace durable, endogène, diffuse, que nul ici ne songe à prendre à la légère, et qui doit nous guider, nous alerter en permanence, à chaque moment où nous avons à prendre des décisions ».

« 23 attentats ont été évités depuis le début de l’année 2017. (…) Ces actes font honneur à nos sources de renseignement » affirme-t-il, avant de détailler : « Sur les 70 000 détenus Français, il y a 1600 détenus dont on estime qu’ils sont radicalisés dans les prisons françaises, 500 sont détenus parce qu’ils sont poursuivis, ou condamnés pour des faits liés à des actes terroristes ».

« Il faut évidemment, et c’est l’ambition du gouvernement, garantir la coordination très étroite, avec les services de renseignements pénitentiaire, avec l’ensemble des services compétents » déclare le Premier ministre. Ces services poursuivront un « suivi extrêmement attentif » précise-t-il.

Edouard Philippe informe qu’il existe des services compétents dédiés au suivi des personnes radicalisées, qui seront mobilisés à la sortie de prison de ces détenus : « C’est le bureau du renseignement pénitentiaire, c’est l’accompagnement pluridisciplinaire, qui a été mis en œuvre par l’administration pénitentiaire pour essayer de déceler ou de faire décroître la radicalisation d’un certain nombre de ces détenus ».

Le chef du gouvernement insiste également sur « la meilleure information des maires », soulignée par le Procureur Molins, et abordée par Emmanuel Macron. La possibilité pour les maires d’avoir accès aux renseignements concernant les fichés S, ne fait pas l’unanimité dans les rangs parlementaires. Un « exercice difficile » d’après Edouard Philipe « qui doit être protocolisé entre l’Etat et les maires ».

Il rappelle « l’engagement total du gouvernement, pour donner aux forces de l’ordre et aux services de renseignements, les moyens dont ils ont besoin pour effectuer, dans de bonnes conditions, les missions de suivi ».

« Je suis convaincu qu’en matière de sécurité, ça n’est ni la communication, ni même nécessairement l’arsenal législatif qui sont les plus utiles, mais l’efficacité opérationnelle (…). Ce qui passe par plus de moyens affectés au terrain, par plus de policiers, par plus de gendarmes. Un exercice de la nation dans lequel nous sommes engagés, avec 10 000 recrutements dans le quinquennat, dont 1900 serviront à étoffer les effectifs de la DGSI » informe-t-il.

« Nous sommes parfaitement en mesure de fournir cet effort, d’assurer ce suivi » conclut Edouard Philippe.

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le