Edouard Philippe au Mali pour une visite de « soutien »
Le Premier ministre français effectue de vendredi soir à dimanche au Mali une visite de "soutien" au pays sahélien, qui peine,...

Edouard Philippe au Mali pour une visite de « soutien »

Le Premier ministre français effectue de vendredi soir à dimanche au Mali une visite de "soutien" au pays sahélien, qui peine,...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Premier ministre français effectue de vendredi soir à dimanche au Mali une visite de "soutien" au pays sahélien, qui peine, malgré une pression militaire accrue de la France, à enrayer l'extension des violences jihadistes, notamment vers le Burkina et le Niger voisins.

Soutien militaire pérenne via la force Barkhane (4.500 soldats français, dont 2.700 au Mali), soutien au processus politique mené par le gouvernement malien et enfin soutien au développement sont les trois messages que portera Edouard Philippe, selon Matignon.

"C'est un message d'appui et de compréhension qu'on va porter" lors des entretiens prévus samedi avec le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga et avec le président Ibrahim Boubacar Keïta "IBK", selon le cabinet du Premier ministre. Le volet militaire n'est "qu'un des aspects", souligne-t-on, en insistant sur les volets diplomatiques et économiques.

Après le succès de l'intervention militaire de 2013 à l'initiative de la France, les violences jihadistes se sont progressivement propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis plus récemment au Niger ainsi qu'au Burkina Faso, où la situation est jugée la plus inquiétante. Ces attaques se mêlent souvent à des conflits intercommunautaires, qui ont fait plus de 500 morts parmi les civils dans le centre du Mali en 2018, selon les comptages de l'ONU.

"C'est un enjeu majeur que les améliorations qu'on peut noter ici où là ne se traduisent pas par des dégradations dans d'autres domaines", relève un haut gradé français.

Une situation sécuritaire toujours difficile qui fragilise les efforts de développement portés par la France et la communauté internationale à l'un des pays les plus pauvres de la planète.

Edouard Philippe, qui se rendra samedi matin dans une station de traitement d'eau financée par l'Agence française de développement (AFD) près de Bamako, doit concrétiser lors de sa visite de nouveaux engagements de l'ordre de "plusieurs dizaines de millions" d'euros. Un projet de développement dans le coton, un des principaux secteurs malien, doit également être présenté.

Dimanche, le Premier ministre doit poursuivre sa visite auprès de troupes françaises sur une base du pays. Il doit notamment rendre hommage aux 24 soldats français morts depuis le début de l'intervention de 2013.

- Grand débat à Bamako -

"La France va rester pleinement solidaire des autorités maliennes dans leur effort de lutte contre le terrorisme, c'est le sens de l'effort militaire qu'on fait et il n'y a aucun doute sur sa vigueur et sur sa permanence", selon Matignon.

Ces assurances sur la présence française interviennent alors que l'avenir de la Minusma, la force des Nations Unies déployée depuis juillet 2013, doit à nouveau revenir sur la table de l'ONU en juin, avec des incertitudes.

Onze Casques bleus tchadiens ont péri dans l'attaque jihadiste du 20 janvier à Aguelhok (nord-est), la plus meurtrière à ce jour contre la Minusma, revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda.

Sur un plan franco-français, ce déplacement marque un certain retour à la normale pour Edouard Philippe. Hormis un bref déplacement en Allemagne en janvier, il s'agit de son premier déplacement à l'étranger depuis le début de la crise des "gilets jaunes" mi-novembre. Des propositions en vue du grand débat national en cours en France doivent d'ailleurs lui être faites lors d'une rencontre avec la communauté française de Bamako (7.000 personnes) samedi.

Un temps annoncé, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sera finalement absent en raison d'un sommet entre l'Union européenne et la Ligue arabe.

Edouard Philippe sera accompagné de la ministre des Armées Florence Parly et du secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nunez, ainsi que d'une délégation de chefs d'entreprises. Seront également présents deux footballeurs français d'origine malienne, l'entraîneur adjoint du PSG Zoumana Camara et l'international Lassana Diarra.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
11min

Politique

Entre appels à la « clarification » face au RN et mode de désignation du candidat, la tension revient chez les LR, malgré « un bilan positif » des municipales

Les sénateurs LR ont débriefé des municipales jugées réussies dans les villes moyennes, malgré les défaites de Paris et Lyon. Reste le cas de Nice, où Bruno Retailleau n’a pas appelé à battre Eric Ciotti, allié au RN. La sénatrice LR Dominique Estrosi Sassone, présente sur la liste de Christian Estrosi, dénonce « l’absence de clarification de (sa) famille politique ». Le bureau politique de ce mardi soir devrait permettre quelques franches explications…

Le

France Presidential Election
10min

Politique

LR, PS, RN, LFI,… objectif 2027 : que révèlent les chiffres des municipales ?

À un an de la présidentielle, les résultats des élections municipales offrent un premier aperçu des forces et faiblesses des principaux partis, sans pour autant prédire ce que va donner la bataille pour 2027. Entre ancrages locaux solides et fragilités stratégiques, la droite (LR), la gauche (PS, LFI), le centre et l’extrême droite (RN) dessinent un paysage fragmenté et incertain, où chaque camp commence déjà à se positionner pour 2027.

Le

Edouard Philippe au Mali pour une visite de « soutien »
5min

Politique

Accord LFI-PS : les sénateurs socialistes appellent à un changement de ligne de la part d’Olivier Faure

Après les résultats en demi-teinte des socialistes aux élections municipales, la position d’Olivier Faure est fragilisée. Le bureau national du PS, mardi soir va tourner au règlement de compte. Lors de la réunion de groupe des sénateurs PS, ce matin, plusieurs élus ont invité le premier secrétaire à tirer les conséquences de l’échec global des alliances avec LFI.

Le