EELV lance à Strasbourg sa marche vers les européennes
Europe Écologie-Les Verts a lancé jeudi à Strasbourg sa marche vers "l'échéance majeure" des européennes de 2019, avec des...

EELV lance à Strasbourg sa marche vers les européennes

Europe Écologie-Les Verts a lancé jeudi à Strasbourg sa marche vers "l'échéance majeure" des européennes de 2019, avec des...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Europe Écologie-Les Verts a lancé jeudi à Strasbourg sa marche vers "l'échéance majeure" des européennes de 2019, avec des difficultés en interne pour concilier affirmation des principes écologistes et ouverture à d'autres forces de gauche.

"L'écologie doit être quelque chose de joyeux (...), nous ne sommes pas uniquement les dénonciateurs inlassables de catastrophes en cours", a lancé le secrétaire national David Cormand au premier jour des universités d'été, le bruit des applaudissements résonnant contre les bâches chaudes d'un chapiteau, non loin des institutions européennes.

Après le pari manqué de rejoindre Benoît Hamon à la dernière présidentielle, et l'absence de députés élus à l'Assemblée, la tête de liste Yannick Jadot entend profiter d'un "espace" pour atteindre un score de 15%, similaire à l'épopée de 2009 - alors que les rares sondages publiés ces derniers mois créditaient EELV de 6 à 8% des voix.

"Le rendez-vous des européennes constitue une échéance majeure", poursuit le secrétaire national, renvoyant dos à dos "droite et gauche productivistes" et appelant les sympathisants à honorer par "une année de bruit, de mobilisation et de joie", plutôt qu'une minute de silence, les "197 militantes et militants" écologistes morts dans le monde pour leurs convictions en 2017.

A l'applaudimètre, le discours séduit. Dans les allées, les débats des militants sur le programme, - sortir immédiatement ou progressivement du glyphosate, dans 10 ou 20 ans du nucléaire ? -, se mêlent aux débats sur la stratégie de campagne.

"J'étais favorable à ce qu'on rejoigne la campagne de Hamon" en 2017, confie Léon Estroumsa, "écologiste depuis toujours". Souriant à travers sa moustache, il écarte cette fois une alliance avec Générations, déçu par les 6% de la présidentielle.

"Je suis favorable à un candidat commun", explique Jacques Thomas, militant parisien depuis 25 ans, mais sans comprendre pourquoi Hamon, "s'il partage nos idées", a créé son mouvement.

Ce débat fait écho à des dissensions au sein de la direction sur le degré d'ouverture à afficher vis-à-vis d'autres forces politiques.

- "Gardiens du temple" -

"Je suis contre les accords d'appareils", prévient Yannick Jadot, qui plaide pour "élargir, (et) rassembler les écologistes autour d’une ligne claire". L'eurodéputé prononcera vendredi un discours axé sur "l'écologie courageuse", face à "l'écologie de l'affichage", et rappelant que le mode de scrutin des européennes est favorable au mouvement.

"A quoi ça sert qu'on se batte pour avoir la proportionnelle ? Une fois élus on peut travailler ensemble" avec d'autres, plaide-t-il, précisant, comme presque tout le monde au parti, que "ce n'est pas la question spécifique de Générations".

Mais la sénatrice Esther Benbassa est inquiète du risque d'"hypothèque(r) l'avenir", tant sur les combats politiques que pour les municipales et régionales, en se montrant trop fermé, et elle appelle à "réenchanter des idées de gauche".

"Si on fait des bons résultats aux européennes, on sera d'autant plus forts pour les municipales et les régionales", assure Yannick Jadot, ne contestant pas que ces scrutins puissent nécessiter des alliances.

David Cormand, lui, ne veut pas "reconstruire une chapelle de la gauche", et promet de la "fermeté" sur le projet. Mais "ne nous contentons pas d'être les gardiens du temple vert de l'écologie politique, sermonnant tel ou tel néophyte trop tard converti à notre cause".

Jusqu'à samedi, les écologistes français et bon nombre de représentants des Verts européens débattront des "flux migratoires", de "la post-croissance", ou encore "des liens des écologistes avec les minorités".

Partager cet article

Dans la même thématique

EELV lance à Strasbourg sa marche vers les européennes
4min

Politique

« Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle » : malgré sa condamnation, Marine Le Pen se lance et se pourvoit en cassation

En dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics, la leader du RN annonce sa candidature à la présidentielle. Elle a décidé de se pourvoir en cassation, ce qui rend suspensif la décision de la Cour d’appel, lui permettant de faire campagne sans bracelet électronique. Assurant former un « couple politique » avec Jordan Bardella, ils mèneront campagne « en binôme ».

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
7min

Politique

Condamnation de Marine Le Pen : une éventuelle candidature à la présidentielle attaquée sous l'angle de l'éthique, à gauche comme à droite

Le délibéré de la Cour d'appel dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN laisse le personnel politique dans l'expectative. Condamnée mais éligible, Marine Le Pen peut, en théorie, être candidate à l'élection présidentielle. À droite comme à gauche, on met en avant la dimension éthique et morale d'une potentielle candidature de Marine Le Pen à la présidentielle.

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
4min

Politique

Marine Le Pen peut-elle vraiment faire campagne sous bracelet électronique si elle décide d'être candidate ?

Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.

Le

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques
6min

Politique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques

Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.

Le