L'Irlande et de la République tchèque votaient vendredi au deuxième jour des élections européennes qui attisent les ambitions des populistes à...
Elections européennes: place à l’Irlande et la République tchèque
L'Irlande et de la République tchèque votaient vendredi au deuxième jour des élections européennes qui attisent les ambitions des populistes à...
Par Joseph STENSON, Edouard GUIHAIRE à Londres
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
L'Irlande et de la République tchèque votaient vendredi au deuxième jour des élections européennes qui attisent les ambitions des populistes à travers le continent, et se déroulent, côté irlandais, dans un climat d'inquiétude lié au Brexit.
Une poussée des mouvements nationalistes et populistes est attendue lors du scrutin qui devrait voir les deux groupes les plus importants au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE), groupe de la droite pro-européenne, et le Parti socialiste européen (PSE), perdre du terrain.
Aux Pays-Bas toutefois, les travaillistes (PvdA) de Frans Timmermans, qui brigue la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, ont devancé -- selon les estimations -- les libéraux (VVD) et les populistes (FvD), qui étaient censés dominer le scrutin.
Avec 18,1% des suffrages, le PvdA devrait remporter cinq des 26 sièges alloués aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre Mark Rutte, pro-européen, quatre sièges avec 15% des suffrages, et le Forum de la démocratie (FvD) du populiste eurosceptique Thierry Baudet trois sièges avec 11% des suffrages, d'après les estimations Ipsos pour la télévision publique NOS.
Vendredi, les yeux de toute l'Europe étaient aussi tournés vers le Royaume-Uni, où la Première ministre conservatrice Theresa May a annoncé sa démission, effective au 7 juin, usée par l'interminable saga du Brexit qu'elle n'a pas réussi à mettre en oeuvre à la date prévue du 29 mars.
Le Royaume-Uni, ainsi que les Pays-Bas, ont lancé jeudi le vote. Samedi, ce sera au tour de la Lettonie, de Malte et de la Slovaquie, les autres pays de l'UE se prononçant dimanche.
Plus de 400 millions d'électeurs sont appelés à voter dans 28 pays pour élire 751 députés européens. Les résultats officiels seront publiés dimanche soir, après la clôture du scrutin à travers le continent.
- La chute de May -
Lodewijk Asscher (c), leader des travaillistes (PvdA), célèbre la victoire de son parti aux élections européennes, le 23 mai 2019 à La Haye
ANP/AFP
En France, d'après les derniers sondages, le Rassemblement national de Marine Le Pen (extrême droite) devance La République en Marche (LREM) du président Emmanuel Macron en France, tandis qu'en Italie la Ligue de Matteo Salvini fait la course en tête avec un discours anti-UE.
Au Royaume-Uni, c'est le Parti du Brexit du sulfureux Nigel Farage, partisan d'une rupture sans concession avec Bruxelles, qui caracolait en tête des sondages, porté par la lassitude et la frustration des électeurs devant les atermoiements sur le Brexit.
Le pays devait quitter le giron de l'UE le 29 mars, mais, faute d'avoir obtenu le soutien des députés, Theresa May a dû reporter la date du divorce, désormais fixée au 31 octobre au plus tard, et organiser en catastrophe les élections européennes.
La Première ministre britannique Theresa May, le 21 mai 2019 à Londres
POOL/AFP
Tirant vendredi les leçons de son échec à faire adopter son accord de retrait conclu avec l'UE, Mme May a jeté l'éponge, la voix brisée par l'émotion. Son Parti conservateur devrait choisir un successeur d'ici la fin juillet.
Suivi dans tous les pays européens, ce feuilleton intéresse tout particulièrement les Irlandais, dont le Royaume-Uni est le plus proche partenaire commercial, et qui craignent le retour d'une frontière physique avec l'Irlande du Nord, province britannique, en cas de Brexit "dur".
Les bureaux de vote du pays ont ouvert à 07H00 (06H00 GMT). La plupart des principaux partis politiques irlandais se sont fortement mobilisés pour renforcer la place de leur pays dans le projet européen, une manière d'atténuer les conséquences du Brexit pour l'économie irlandaise.
Actuellement douze au Parlement, les eurodéputés irlandais gagnent lors de ces élections deux nouveaux sièges, récupérés parmi les places censées être laissées vacantes prochainement par les Britanniques. Les Irlandais ne pourront occuper ces deux sièges que lorsque le Royaume-Uni aura effectivement quitté l'UE.
Les Irlandais sont aussi appelés vendredi à se prononcer, par référendum, sur la modernisation du divorce dans leur pays, où un vent de changement et d'ouverture a balayé ces dernières années une tradition catholique enracinée.
- Rép. tchèque: les populistes favoris -
Le Premier ministre tchèque Andrej Babis, le 10 avril 2019 à Bruxelles
AFP/Archives
En République tchèque, seul pays où le scrutin est étalé sur deux jours, les bureaux de vote ouvrent vendredi à 14H00 (12H00 GMT) et samedi à 08H00 (06H00 GMT). Le mouvement populiste ANO du Premier ministre tchèque, le milliardaire Andrej Babis, part favori malgré une vague de protestations antigouvernementales dans ce pays membre de l'UE depuis 2004.
Des dizaines de milliers de Tchèques sont sortis récemment dans la rue pour exiger sa démission et celle de sa nouvelle ministre de la Justice, soupçonnée de vouloir freiner les poursuites contre lui.
Inculpé pour fraude présumée aux subventions européennes, M. Babis, 64 ans, fait également objet d'une enquête de l'UE sur un possible conflit d'intérêt entre ses activités politiques et ses affaires.
Toutefois, ANO remporterait les élections européennes avec plus de 25% des voix devant le parti de droite ODS et le Parti pirate (14% chacun), selon un sondage de l'institut Median auprès plus de 2.100 personnes.
Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.
Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.
Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.