En 2015, un rapport du Sénat pointait les dérives des autorités indépendantes
Mardi soir, Chantal Jouanno a annoncé « se retirer du pilotage » du grand débat national, suite à une polémique concernant son salaire. La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) conserve toutefois son poste, mais « remet entre les mains du gouvernement [sa] rémunération. »

En 2015, un rapport du Sénat pointait les dérives des autorités indépendantes

Mardi soir, Chantal Jouanno a annoncé « se retirer du pilotage » du grand débat national, suite à une polémique concernant son salaire. La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) conserve toutefois son poste, mais « remet entre les mains du gouvernement [sa] rémunération. »
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

L’information est partie de La Lettre A : Chantal Jouanno, chargée par Édouard Philippe d’organiser le grand débat national, toucherait un salaire mensuel brut de 14 700 euros. L’intéressée confirme, mais précise que ce salaire est « fixé par les autorités pour les présidents de la CNDP » et « n’est pas lié au grand débat national. »

Mais qu’est-ce que la CNDP et quelles sont ses attributions ? La CNDP est une autorité administrative indépendante, chargée « du respect de la participation du public au processus d’élaboration des projets d’aménagement ou d’équipement d’intérêt national. » Chantal Jouanno la préside depuis le 22 mars 2018.

Les autorités administratives indépendantes sont créées en 1978 et régulées depuis une loi du 20 janvier 2017. Elles sont au nombre de 26, aussi diverses que l’Autorité des marchés financiers (AMF), le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ou la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

En novembre 2015, un rapport intitulé « Un État dans l’État, canaliser la prolifération des autorités administratives indépendantes pour mieux les contrôler », présenté par le sénateur RDSE Jacques Mézard, pointait des dérives (voir notre article). À l’époque, la France faisait face à une inflation de ces autorités, portées au nombre de 42 et coûtant 601,8 millions d’euros par an.

Le rapport dénonçait des choix d’AAI « pas toujours justifiés », certaines faisant suite à des scandales politiques, comme l’affaire Cahuzac. Ces autorités « s’imposent au pouvoir politique sans la contrepartie du contrôle démocratique. » Selon le rapporteur, elles mettent à mal la séparation des pouvoirs et bénéficient d’une irresponsabilité politique devant le Parlement.  

Le rapport dénonçait également « une endogamie », la plupart des Présidents étant issus des grands corps de l’État. Sur les indemnités, des disparités existent. Si Chantal Jouanno gagne 176 518 euros, le président de l’AMF touche 238 978 euros et celui de la HATVP 96 450 euros. Les rémunérations sont fixées par décret et ne sont pas soumises au contrôle du Parlement (voir notre article).

Partager cet article

Dans la même thématique

En 2015, un rapport du Sénat pointait les dérives des autorités indépendantes
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

En 2015, un rapport du Sénat pointait les dérives des autorités indépendantes
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le

En 2015, un rapport du Sénat pointait les dérives des autorités indépendantes
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat, divisé, vide le texte de sa substance en rejetant l’article phare sur « l’aide à mourir »

Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
4min

Politique

Budget : quand Sébastien Lecornu zappe les sénateurs dans sa lettre aux parlementaires…

Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.

Le