Encadrement des loyers: le gouvernement veut aller « au bout de l’expérimentation »
Le gouvernement a annoncé mercredi qu'il voulait "adapter" le dispositif d'expérimentation des loyers, annulé par la justice à...

Encadrement des loyers: le gouvernement veut aller « au bout de l’expérimentation »

Le gouvernement a annoncé mercredi qu'il voulait "adapter" le dispositif d'expérimentation des loyers, annulé par la justice à...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement a annoncé mercredi qu'il voulait "adapter" le dispositif d'expérimentation des loyers, annulé par la justice à Paris et à Lille, afin d'aller "au bout de l'expérimentation" et de l'évaluer.

Cette expérimentation n'est plus en vigueur en France après l'annulation mardi par la justice administrative de cette mesure à Paris, où elle était appliquée depuis le 1er août 2015.

Avec Lille, où la justice a pris une mesure similaire il y a un mois et demi, il s'agissait des deux seules villes à expérimenter le dispositif.

"Nous voulons arriver à une évaluation de la pertinence de ce dispositif", a dit Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, en réponse à une question du député Pacôme Rupin (LREM) à l'Assemblée nationale.

Aussi, "il va être nécessaire, dans le cadre du projet de loi, d'adapter ce dispositif", a-t-il ajouté en référence au projet de loi sur la stratégie logement qui doit être présenté prochainement, sans donner de détail.

Le gouvernement envisage parallèlement un sursis à exécution, après la décision de la justice administrative, permettant de suspendre provisoirement l'application de cette décision.

Plus tôt, le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires Julien Denormandie avait estimé qu'il fallait "aller au bout de l'expérimentation".

Le tribunal administratif de Paris a invalidé l'encadrement des loyers au motif qu'ils auraient dû concerner toute l'agglomération parisienne et non la seule capitale.

"Il faut savoir si oui ou non l'encadrement des loyers marche", a déclaré sur Radio Classique/Paris Première M. Denormandie.

Dans un communiqué publié mercredi, l'association de consommateurs CLCV a appelé de son côté l'Etat à "assumer et compléter son dispositif".

"Il est inadmissible que près de quatre ans après sa création, l'encadrement des loyers n'ait été appliqué que dans deux villes alors qu'il n'a jamais été remis en cause devant le Parlement. Et aujourd'hui il est supprimé en raison d'une simple erreur de droit", déplore l'association, qui évoque une situation "intolérable" et "inadmissible" pour "tous les locataires".

"Aujourd'hui, on n'est pas en mesure (de savoir si l'encadrement fonctionne) parce qu'on n'a pas assez de recul", a par ailleurs affirmé M. Denormandie.

Selon des études, "les loyers ont été depuis le début de l'année 2017 contenus sur Paris; en revanche, ils ont continué à augmenter sur Lille", a-t-il ajouté.

Mesure-phare du quinquennat Hollande, l'encadrement des loyers, instauré par la loi Alur du 24 mars 2014 élaborée par Cécile Duflot, alors ministre du Logement, devait réguler le marché locatif en zones tendues.

A peine la loi promulguée, la mesure avait cependant vu son champ d'application restreint par Manuel Valls, alors Premier ministre, aux "communes volontaires" et "à titre expérimental", alors que 28 agglomérations étaient visées. Une restriction que le Conseil d'Etat a jugée illégale en mars 2017.

Partager cet article

Dans la même thématique

Retraites : droite et gauche se déchirent sur l’interprétation du rapport du COR
5min

Politique

Droits voisins : le Sénat s’apprête à mieux contraindre et sanctionner les géants du numériques rétifs à rémunérer la presse

Après son adoption à l’unanimité à l’Assemblée, la proposition de loi sur l’effectivité des droits voisins est examinée dans l’hémicycle du Sénat ce mardi soir. En commission, les sénateurs ont encore renforcé les nouvelles prérogatives de l’Arcom pour contraindre les Gafam à respecter leurs obligations de rémunération des éditeurs de presse.

Le

Stop fast fashion action in Bordeaux
5min

Politique

« On s’achemine vers un accord » : la loi anti fast-fashion de retour au Parlement, avec Shein et Temu dans le viseur

Sénateurs et députés vont devoir se mettre d’accord, ce mercredi, en commission mixte paritaire, sur la proposition de loi anti fast-fashion, après l’avoir adoptée en des termes différents en première lecture. Les positions convergent vers des pénalités ciblant uniquement les produits des géants chinois Shein et Temu, délaissant les dérives plus larges de l’industrie textile.

Le