Enquête au Sénat: l’ex-ministre Henri de Raincourt mis en examen
Le sénateur Henri de Raincourt a été mis en examen jeudi dans l'enquête qui porte notamment sur les fonds qu'il a perçus des...

Enquête au Sénat: l’ex-ministre Henri de Raincourt mis en examen

Le sénateur Henri de Raincourt a été mis en examen jeudi dans l'enquête qui porte notamment sur les fonds qu'il a perçus des...
Public Sénat

Par Nathalie ALONSO

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Le sénateur Henri de Raincourt a été mis en examen jeudi dans l'enquête qui porte notamment sur les fonds qu'il a perçus des caisses du groupe de l'ex-UMP au Sénat, en plus de sa rémunération, y compris lorsqu'il était ministre sous Nicolas Sarkozy.

Depuis novembre 2013, des juges financiers enquêtent sur des soupçons de détournements de fonds publics au Sénat au profit d'élus de droite. Convoqué devant un magistrat du pôle financier de Paris, le sénateur Les Républicains a été mis en examen pour "recel de détournements de fonds publics", a annoncé à l'AFP son avocat Antoine Beauquier.

Le site d'information Mediapart avait révélé que le sénateur de l'Yonne avait touché, en plus de sa rémunération, quelque 4.000 euros par mois de 2008 à 2011 du groupe de l'ex-UMP au Sénat. Des versements qui ont perduré après son départ du Sénat lorsqu'il est entré au gouvernement de François Fillon, à partir de juillet 2009, d'abord comme ministre des Relations avec le Parlement, puis de la Coopération de novembre 2010 à mai 2012.

Henri de Raincourt conteste tout détournement. Pour son avocat, "il s'agit de fonds qui lui ont été versés en contrepartie de sommes qui lui étaient dues par le groupe auquel il appartenait au titre de remboursement de crédits d’assistant et d'indemnités de président de groupe".

En février 2015, l'élu avait admis avoir perçu ces fonds au titre de "remboursements" et affirmait que les sommes reçues lorsqu'il était ministre correspondaient à son activité antérieure en tant que sénateur.

De son côté, la Haute Autorité pour la transparence de la vie politique avait décidé de transmettre son cas à la justice en juillet dernier, au vu de "doutes sérieux" sur ses déclarations qui ne mentionnaient pas ces versements mensuels. Entendu également par le juge sur ces "faits d'omission de déclaration de patrimoine à la Haute Autorité et de blanchiment de ces sommes", le sénateur a finalement été placé sous le statut plus favorable de témoin assisté dans cet autre volet, selon Me Beauquier.

"Cette affaire met en cause une pratique ancienne, autorisée par le bureau du Sénat depuis 1988, qui consiste pour un sénateur à déléguer à son groupe une partie de ses crédits d'assistants qu'il n'utilise pas", a estimé l'avocat, soulignant l'autonomie financière des groupes parlementaires.

- Retraits à la banque -

Les investigations sur des soupçons de détournements de fonds au Sénat avaient démarré en juillet 2012 après un signalement de la cellule antiblanchiment de Bercy, Tracfin. Après une enquête préliminaire, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour abus de confiance et blanchiment, avant d'élargir l'instruction aux soupçons de détournements de fonds publics.

Ces dernières semaines, l'enquête a connu une accélération avec la mise en examen en novembre pour détournement de fonds du sénateur Jean-Claude Carle, ex-trésorier du groupe UMP, et de l'un de ses collaborateurs.

Les enquêteurs s'intéressent à des versements remis à des sénateurs, en plus de leur rémunération, depuis deux comptes du groupe UMP à la chambre haute, et par le biais de deux associations, l'Union républicaine du Sénat (URS) et le Cercle de réflexion et d'études sur les problèmes internationaux (Crespi). Toutes deux alimentées par des fonds du groupe sénatorial, et notamment pour l'URS, à hauteur de 400.000 euros entre 2009 et 2012, leur réelle utilité pose question aux yeux des enquêteurs.

L'ancien secrétaire général de l'URS François Thual avait été le premier mis en examen, en juillet 2015. Il avait témoigné dans Le Monde sur l'existence d'un système de financement en cascade, un récit qu'il a confirmé à l'AFP: "j'avais pour habitude de tirer entre 5.000 et 6.000 euros par mois sur l'un des deux comptes de l'URS, que j'allais chercher à la banque et que je remettais ensuite au collaborateur de M. Carle".

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