Européennes: la gauche et la droite veulent remonter sur le ring
Victimes du match entre LREM et le RN, les autres partis tentent, à l'unisson en cette fin de campagne, de démonter l'argument du "vote utile"...

Européennes: la gauche et la droite veulent remonter sur le ring

Victimes du match entre LREM et le RN, les autres partis tentent, à l'unisson en cette fin de campagne, de démonter l'argument du "vote utile"...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Victimes du match entre LREM et le RN, les autres partis tentent, à l'unisson en cette fin de campagne, de démonter l'argument du "vote utile" anti-Macron ou anti-RN, et de convaincre que l'enjeu réside dans le rapport de forces futur au Parlement européen.

Brice Teinturier le souligne auprès de l'AFP, "le duopole et l'affrontement RN/LREM non seulement domine (...) mais il a progressé durant la campagne" des européennes, passant d'un total de 43/44% des voix à 47/48%.

"On voit bien qu'il y a l'idée d'un vote utile, d'une polarisation qui s'est construite et accentuée durant cette campagne", poursuit le directeur général délégué d'Ipsos-France.

Marine Le Pen use à fond de l'argument: voter Rassemblement national (RN), c'est "la certitude de faire tomber le gouvernement" et de "stopper la politique de Macron", affirme-t-elle. Emmanuel Macron promet de son côté de mettre "toute son énergie" à faire en sorte que le RN "ne soit pas en tête".

De l'extrême droite à l'extrême gauche, tous dénoncent une "super-manipulation" (Florian Philippot), un "duel qui est en fait un duo" (Ian Brossat), un combat de "catch" (Nathalie Arthaud).

"On aura tout fait pour que cette élection ne corresponde pas du tout à la réalité des enjeux européens", a déploré vendredi matin sur RTL François-Xavier Bellamy.

"La réalité du match qui a été vendu aux Français pendant cette campagne ne correspond pas à la réalité du clivage européen", avec au Parlement deux groupes qui dominent, "un grand groupe de la gauche et un grand groupe de la droite", a-t-il souligné.

Chef de file de la liste PS-Place publique, Raphaël Glucksmann a de son côté fait le tour des plateaux de télévision cette semaine avec en main un graphique montrant la future répartition des sièges au Parlement européen, selon les derniers sondages.

- Une stratégie "dangereuse" ? -

"L'enjeu, c'est qui de la gauche ou de la droite va gagner les élections à l'échelle eu-ro-pé-enne, car il s'agit des élections eu-ro-pé-ennes", a-t-il martelé vendredi sur RTL.

Le drapeau européen devant le Parlement européen à Strasbourg, le 26 mars 2019
Le drapeau européen devant le Parlement européen à Strasbourg, le 26 mars 2019
AFP/Archives

Selon la dernière projection de l'agrégateur Europe Elects, les conservateurs (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) devraient sortir gagnants des élections dimanche, même s'ils sont en perte de vitesse (173 et 155 sièges).

François Hollande avait brandi le même argument mercredi sur BFMTV et RMC. La question de la première place "n'est pas l'enjeu", avait-il estimé. "L'enjeu c'est de savoir quel est le groupe le plus important au Parlement européen, tout pays confondu".

Et l'ancien président de la République de rappeler que pendant son quinquennat, en 2014, "le Front national a fait le meilleur score" aux européennes, avec 24,8% des voix. "Est-ce qu'on en a fait un débat de politique intérieure ? (...) Je crois que c'est regrettable", a-t-il dit.

Du côté d'EELV, on s'évertue aussi à convaincre les électeurs écologistes de ne pas "rejouer le second tour de la présidentielle", mais de voter pour que le groupe Verts soit "le plus puissant au Parlement européen".

"Plus on sera nombreux, plus l'écologie sera le centre de gravité du Parlement européen", souligne M. Jadot, qui accuse le président de la République d'avoir "déserté" le combat européen avec sa stratégie du "moi ou le chaos".

Une stratégie "extraordinairement dangereuse", selon l'ancien ministre du Budget Michel Sapin. "A force les gens vont dire: +c'est pas toi+", met-il en garde auprès de l'AFP.

La France insoumise, qui avait elle-même contribué à "nationaliser" la campagne avec son slogan du "référendum anti-Macron", a été contrainte de changer son fusil d'épaule. "Pour déjouer le duo Macron-Le Pen", "le vote efficace" c'est celui de la France insoumise, plaide désormais le député Adrien Quatennens.

LFI a-t-elle contribué à alimenter le vote frontiste avec sa ligne "anti-Macron" ? A l'évidence, selon un ténor du PS pour qui "la seule force qui a intérêt à un vote anti-Macron" est le RN, premier parti de l'opposition.

Partager cet article

Dans la même thématique

Européennes: la gauche et la droite veulent remonter sur le ring
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Européennes: la gauche et la droite veulent remonter sur le ring
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le