Européennes: le PS sauve les meubles et évite une disparition à Strasbourg
Au PS, les défaites se suivent et se ressemblent, au point d'être accueillies quasiment avec... soulagement: la liste PS-Place publique devrait...

Européennes: le PS sauve les meubles et évite une disparition à Strasbourg

Au PS, les défaites se suivent et se ressemblent, au point d'être accueillies quasiment avec... soulagement: la liste PS-Place publique devrait...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Au PS, les défaites se suivent et se ressemblent, au point d'être accueillies quasiment avec... soulagement: la liste PS-Place publique devrait obtenir 6,3 à 6,4% des voix, légèrement au-dessus des prévisions des sondeurs, selon les dernières estimations dimanche.

Si faible soit-il pour un parti qui était majoritaire en 2012, ce score n'a pas surpris les observateurs, puisque les sondeurs créditaient la liste de Raphaël Glucksmann de 5 à 6% des intentions de vote, laissant planer le doute sur sa présence au parlement européen (la barre étant fixée à 5%).

"J'aimerais remercier les électrices et les électeurs qui ont voté pour notre liste, la plaçant au-dessus des dernières estimations, et montrant leur attachement à une envie d'Europe écologique et sociale", a réagi M. Glucksmann, depuis la salle de la Bellevilloise (Paris XXe).

Depuis 1979, jamais le PS n'avait enregistré un score aussi faible, près de dix points inférieur à celui de 2014 (14%). Il est aussi très en-deçà des autres partis sociaux-démocrates européens, dont beaucoup sont en crise.

Deux ans après le double désastre de la présidentielle (6,4%) et des législatives (7,4% au premier tour), le PS n'a pas réussi à redresser la barre, dans un contexte où la gauche est faible et divisée.

Investi comme candidat d'"Envie d'Europe" à la mi-mars, M. Glucksmann n'est jamais parvenu à décoller dans les sondages, s'attirant des critiques sur sa supposée maladresse dans les débats ou les meetings.

Dans les deux dernières semaines de la campagne, le PS a tout fait pour regagner les faveurs de son électorat: Anne Hidalgo, Christiane Taubira, Bernard Cazeneuve, Najat Vallaud-Belkacem et Martine Aubry sont montés au créneau pour sauver le "soldat Glucksmann". L'ancien président François Hollande a aussi apporté son soutien mercredi à l'essayiste de 39 ans, malgré des réticences initiales.

- Objectif : municipales -

Raphaël Glucksmann, tête de liste des socialistes et de Place Publique, vote aux européennes, le 26 mai 2019 à Paris
Raphaël Glucksmann, tête de liste des socialistes et de Place Publique, vote aux européennes, le 26 mai 2019 à Paris
AFP

C'est donc plutôt le soulagement qui prévalait dimanche à la Bellevilloise. "On respire !", disait une petite main du PS en accueillant les journalistes. "Je suis satisfait de savoir que nous sommes à 7%, quand tout le monde nous donnait morts. Mais je ne m'en contente pas, c'est une base de discussion", a commenté devant la presse un porte-parole du PS, Pierre Jouvet.

"Je me réjouis du sursaut", s'est également félicité le sénateur Rachid Temal, qui avait été très critique de la décision du PS de confier la tête de liste à une personnalité extérieure. "Mais on est à 6 à 6,5. Notre ambition c'est d'être majoritaire, ça ne règle rien sur les questions stratégiques".

Largement distancé par les écologistes de EELV - avec entre 12,9 et 13,2%, - et au coude-à-coude avec la France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon, M. Glucksmann a appelé au rassemblement des forces de gauche. "La gauche n'est pas morte (...) Demain, il faudra reprendre notre bâton de pèlerin (…) et chercher enfin à rassembler la gauche", a dit l'essayiste, qui avait fait de ce thème le mantra de sa campagne.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a également appelé à ce rassemblement: "ce chemin est le seul qui soit en mesure d'offrir une alternative à la droite et à l'extrême droite". "J'appellerai dès demain l'ensemble de mes homologues, y compris ceux avec qui la campagne a été parfois la plus tendue", a-t-il affirmé, en mentionnant Benoît Hamon, l'ancien candidat à la présidentielle PS, tenu en échec dimanche.

Le PS est-il prêt à reconnaître le leadership d'EELV ? "Aujourd'hui on n'est pas sur une question de leadership. EELV fait toujours de bons scores aux européennes (...) Il y a une poussée des Verts, et c'est tant mieux parce que nous, on porte une politique sociale et écologique. Mais il ne peut pas y avoir d'écologie juste sans une politique sociale forte. (...) Notre objectif c'est de gagner les prochaines élections", les municipales, a répondu M. Jouvet.

Partager cet article

Dans la même thématique

Européennes: le PS sauve les meubles et évite une disparition à Strasbourg
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Européennes: le PS sauve les meubles et évite une disparition à Strasbourg
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le