Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes, en devançant de O,9% la liste soutenue...
Européennes: le RN de Le Pen en tête, la liste Macron limite les dégâts
Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes, en devançant de O,9% la liste soutenue...
Par Jérôme RIVET, Marc PRÉEL
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes, en devançant de O,9% la liste soutenue par le président Emmanuel Macron, tandis que les écologistes ont pris une surprenante troisième place.
Marqué par une participation nettement plus élevée que prévu à 50,12%, le premier scrutin intermédiaire depuis le début du quinquennat a confirmé le duo de tête attendu et acté la recomposition de la scène politique enclenchée lors de la présidentielle de 2017.
Il a aussi été riche en surprises, avec le crash des Républicains de Laurent Wauquiez - à un plus bas historique - et la dégringolade de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
Selon les résultats publiés par le ministère de l'Intérieur, le mouvement d'extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella s'imposent avec 23,31 des suffrages, en deçà de son score des européennes de 2014 (24,9%).
Le RN est devenu "le premier parti mais surtout (...) le mouvement de la future alternance", s'est félicitée Mme Le Pen.
Nathalie Loiseau applaudit après l'annonce des résultats aux Européennes, le 26 mai 2019 à la Mutualité à Paris
AFP
La liste Renaissance pro-Macron menée par l'ex-ministre Nathalie Loiseau suit à 22,41%, un score inférieur au résultat d'Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24%). Une dizaine de points derrière, les écologistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) surprennent en obtenant 13,47%, alors qu'ils étaient donnés sous les 10% par les sondages.
"La catastrophe annoncée pour Macron n'a pas eu lieu, le RN réalise un score important mais pas spectaculaire comparé à celui de 2014", a résumé Zaki Laïdi, politologue au Cevipof.
- "Score honorable" -
L'entourage du chef de l'Etat a défendu un "score honorable" dans un contexte national difficile, avec la crise des "gilets jaunes", sur fond de poussée eurosceptique en Europe.
Mais "quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu'on a gagné", a reconnu le Premier ministre Edouard Philippe.
Emmanuel Macron s'était beaucoup engagé dans la campagne en affirmant sa détermination à battre le RN. Pari manqué.
Pour autant, l'Elysée a annoncé que le chef de l'Etat n'allait pas changer de cap et même "intensifier l'acte 2 de son quinquennat".
Mais pour le RN, "le pouvoir en place essuie un véritable échec", a fustigé M. Bardella, devant des partisans enthousiastes.
Yannick Jadot célèbre les résultats d'EELV aux Européennes, le 26 mai 2019 à Paris
AFP
Dans un bar de l'Est parisien, on a également sabré le champagne pour célébrer la tête de liste d'EELV, Yannick Jadot, qui a salué "une vague verte européenne", en faisant allusion à la percée des Verts allemands au-delà des 20%.
Alors que tous les candidats ont verdi leurs programmes, "les électeurs ont préféré ceux qui ont toujours défendu l'écologie", a commenté auprès de l'AFP Daniel Boy, professeur à Sciences-Po.
François-Xavier Bellamy après l'annonce des résultats au siège de LR à Paris, le 26 mai 2019
AFP
L'ambiance était en revanche plombée chez les Républicains qui réalisent le pire score de l'histoire de la droite (8,48%), très loin du résultat de l'UMP en 2014 (20,81%). "La droite traverse une crise profonde, tout est à reconstruire", s'est désolé la tête de liste François-Xavier Bellamy. Cette reconstruction "sera longue et exigeante", a reconnu le patron du parti, Laurent Wauquiez, fragilisé.
- LFI loin du compte -
Les mines étaient lugubres aussi à LFI (6,31%), qui termine très loin des 19,58% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. "Très décevant", a jugé ce dernier, le visage sombre.
Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry après l'annonce des résultats à Paris, le 26 mai 2019
AFP
Quant à l'alliance Parti Socialiste-Place Publique, elle recueille 6,19%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet au moins de garder des eurodéputés, ce qui était la priorité N.1.
PS et LR, qui ont gouverné alternativement la France pendant plus de 35 ans (1981-2017), dépassent à peine les 15% cumulés ce dimanche. "Les anciens clivages ne sont plus", a commenté Edouard Philippe.
Les autres listes ont obtenu moins des 5% nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont deux issues des "gilets jaunes" à 0,5% cumulé, concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique. Le parti animaliste a obtenu un score surprenant de 2,1%.
Sur les 79 sièges dévolus à la France au Parlement européen, le RN et LREM obtiendront chacun une vingtaine de sièges, alors que les grandes manoeuvres vont commencer à Strasbourg et Bruxelles pour bâtir des groupes et construire une majorité.
Malgré les victoires de Marine Le Pen en France, Matteo Salvini en Italie et Nigel Farage au Royaume-Uni, la poussée eurosceptique semble avoir été contenue.
Mais si le Parti populaire européen (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) restent les deux principales formations de l'hémicycle européen, ils perdent leur capacité à réunir à eux seuls une majorité. Ils devront composer avec les écologistes, qui passent de 52 à 67 sièges, et les Libéraux (Alde), dont le parti d'Emmanuel Macron, qui obtiennent 108 sièges contre 69 actuellement.
Mme Le Pen espère, avec la Ligue de Matteo Salvini arrivée sans surprise en tête en Italie, fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes. Leur groupe parlementaire, l'ENL, est crédité de 55 sièges contre 37.
Top départ ce vendredi pour une visite de quatre jours du pape Léon XIV en France. Accueilli par Emmanuel Macron, ce vendredi matin, le souverain pontife va déambuler au cœur de Paris aujourd’hui, Il célébrera une messe géante place de la Concorde, samedi, avant de se rendre à Lourdes et Metz, dimanche et lundi. Un séjour durant lequel il abordera de multiples thèmes, dont l’intelligence artificielle, la question migratoire ou la lutte contre les violences sexuelles.
La moitié des sièges du Sénat sont remis en jeu dimanche. Recul des LR, rapports de force au sein de la majorité sénatoriale, possible groupe RN, PS et écologistes qui veulent limiter la casse et recomposition après 2027… Les enjeux sont multiples pour le dernier scrutin avant la présidentielle.
« On ne laissera pas les prix s'envoler pour les Français », s’est engagé le président de la République ce soir, lors d’une interview réalisée par TF1 et France 2. Durant quarante minutes, le chef de l’Etat s’est exprimé sur les grands sujets d’inquiétude du moment, dominés par la géopolitique et les conséquences sociales très dures dans le pays.
Politico publie ce jeudi 24 septembre un sondage de Cluster 17 sur les intentions de vote du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen reste largement en tête du premier tour avec 30% des voix. Jean-Luc Mélenchon se situe désormais à 19%, tout comme Édouard Philippe, loin devant Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann.