Européennes: les poids lourds de gauche à la rescousse de Glucksmann
Anne Hidalgo a ouvert le bal dimanche, avant Christiane Taubira, Bernard Cazeneuve, Martine Aubry: à deux semaines des...

Européennes: les poids lourds de gauche à la rescousse de Glucksmann

Anne Hidalgo a ouvert le bal dimanche, avant Christiane Taubira, Bernard Cazeneuve, Martine Aubry: à deux semaines des...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Anne Hidalgo a ouvert le bal dimanche, avant Christiane Taubira, Bernard Cazeneuve, Martine Aubry: à deux semaines des européennes, les ténors de la gauche volent au secours de Raphaël Glucksmann, en fort mauvaise posture dans les sondages.

Sous un soleil printanier, la maire socialiste de Paris et le chef de file de la liste PS-Place publique se sont promenés dimanche après-midi sur les berges de Seine.

"Nous sommes avec toi, tu as tout mon soutien jusqu'au 26 mai, et après le 26 il y a encore des belles histoires à construire et à porter ensemble", a déclaré Mme Hidalgo devant de nombreux élus parisiens et quelques badauds. L'ancien ministre des Outre-mer Victorin Lurel était aussi de la partie.

Au cours de la semaine, M. Glucksmann tiendra meeting au côté de l'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira à Rouen, et de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve à Lyon. Mardi 21, il fera estrade avec la maire de Lille Martine Aubry, a confirmé l'entourage de cette dernière.

L'ancienne ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem pourrait aussi faire une apparition dans la campagne.

"Je suis quelqu'un de fidèle et de loyal", a expliqué M. Cazeneuve au Figaro. "Quand c'est difficile, on ne lâche pas les siens, on est là", a-t-il justifié, alors que certains au PS traînent des pieds pour défendre la candidature d'une personnalité extérieure au parti.

Vendredi, lors d'une rencontre avec des jeunes au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), l'ancien Premier ministre a donné le ton, jugeant "extraordinairement dangereux (...) d'enfermer le débat dans le pays entre les progressistes et les populistes, c'est-à-dire entre la droite et l'extrême-droite", comme le fait selon lui la majorité.

- "Qui va incarner le vote de gauche ?" -

Des soutiens qui tombent à pic, alors que M. Glucksmann, investi tête de liste du PS le 16 mars, peine depuis à décoller dans les sondages et est même passé dans plusieurs enquêtes sous le seuil des 5% qui permet d'envoyer des eurodéputés à Strasbourg.

"Nous sommes extrêmement contents d'avoir le soutien de personnalités qui incarnent quelque chose à gauche. Bernard Cazeneuve c’est la voix social-démocrate la plus puissante de ce pays. Christiane Taubira c'est la voix de la gauche humaniste (...) Qu'ils nous rejoignent c'est très bien", a-t-il réagi dimanche.

Le soutien de ces "éléphants" ne risque-t-il pas de brouiller l'image du renouvellement que cherche à instiller Raphaël Glucksmann ? "Notre programme est en rupture, notre liste est une liste de renouvellement", avec la moitié des candidats qui ne sont pas issus du PS, rappelle-t-il.

"Raphaël Glucksmann a le soutien des 4 ou 5 figures de la gauche appréciées des Français", se félicite aussi l'ancien député Jean-Marc Germain, candidat sur en neuvième position sur la liste.

Cela suffira-t-il à convaincre les électeurs ? Pour M. Glucksmann, la question des deux prochaines semaines est celle de savoir qui, d'EELV ou de sa liste, "va cristalliser" le vote des électeurs pro-européens, écolos et de gauche; "qui va incarner le vote à gauche", alors que ni La France insoumise, ni EELV ne s'en réclament.

"Nous, on va marteler que nous sommes la première pierre de la reconstruction de la gauche", affirme-t-il. Yannick Jadot, en disant se placer au-delà du clivage droite-gauche "nous a fait un superbe cadeau", se réjouit-il.

La liste de Benoît Hamon partage a contrario une ligne très proche de celle de M. Glucksmann. Mais selon l'entourage de l'essayiste, l'ancien candidat à la présidentielle, crédité d'environ 3% des intentions de vote dans les sondages, est sorti du jeu.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le